Opération Epervier: Jean Pierre Biyiti Bi Essam sera-t-il inquiété ?

L’opération de lutte contre la corruption lancée en 2006 a pris une nouvelle allure cette semaine. Alors que plusieurs hauts fonctionnaires de la république ont regagné les geôles de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé, d’autres sont sur la sellette, attendant leur sort.

Alors que plusieurs sont cités dans des communiqués radio des services de sécurité comme personnalités interdites de sortie du pays, d’autres sont mis au-devant de la scène par les journaux locaux. C’est le cas de Jean Pierre Biyiti Bi Essam, ancien ministre des Postes et Télécommunications et ancien ministre de la Communication.

Le Messager en kiosque le vendredi 23 Mars 2018 le présente comme un futur «éperviable». Car, il serait responsable de plusieurs fautes de gestion, du temps où il gérait le portefeuille du ministère de la Communication.

A en croire le journal, «son récent fait d’armes est cette tentative infructueuse de détournement d’une partie de l’argent mis à sa disposition pour la couverture médiatique de la visite du Pape Benoit XVI au Camerounen 2009. Il a défrayé la chronique lors de la visite papale au Cameroun. L’homme était cité dans la gestion de quelques 770 millions FCFA alloués au ministère de la Communication pour assurer justement la communication autour de cette visite».

Comment Biyiti Bi Essam a-t-il géré ces fonds ? La question a surgi au lendemain du départ du souverain pontife. Au point où, se souvient Le Messager, le ministre de la Justice de l’époque Amadou Ali, a requis auprès du chef de l’Etat, l’ouverture d’une information judiciaire sur la gestion de ces fonds. «Toute chose qui a sans aucun doute rencontré l’assentiment du chef de l’Etat puisque le 23 avril 2009, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Yaoundé centre administratif a auditionné le mis en cause pendant près de 3 heures».

Une audition dont rien n’a filtré, apprend-on, même si, note le journal, la polémique est parti du montant total alloué au ministère à l’occasion de la visite du pape (850 millions FCFA pour certains cadres du ministère, 770 millions de FCFA pour d’autres), c’est véritablement la somme de 130 millions devant servir à diverses charges (dossier de presse, dîner, centre de presse…) qui avait fait débat.

En effet, cette somme avait été versée dans le compte personnel de Biyiti Bi Essam à la Société générale des banques du Cameroun (Sgbc). Ayant constaté que son petit jeu a été mis à nu, il s’est versé dans des déclarations péremptoires laissant croire qu’il a fait valoir le souci de sécurisation des fonds qui n’ont pu être mis dans un coffrefort.