OPÉRATION ÉPERVIER : HESSANA MAHAMAT BIENTÔT AU TCS

OPÉRATION ÉPERVIER : HESSANA MAHAMAT BIENTÔT AU TCS

Après le passage du Dg de l’Agence de régulation des télécommunications (Art) au Tribunal criminel spécial (Tcs), un faisceau d’indices pousse à penser que le Pca y est attendu de pieds fermes.

Des confidences dans les milieux judiciaires qui filtrent du Tribunal criminel Spécial à Yaoundé, rapportent que l’audition du président du conseil d’administration de l’Agence de Régulation des Télécommunications devant les fins limiers de cette juridiction spéciale ne serait plus qu’une question de temps. En effet, précisent des sources de Le Courrier, depuis que le directeur général de cette structure étatique a comparu, il y a quelques jours, devant le corps spécialisé des officiers de police judiciaire du Tcs pour l’enquête préliminaire, le dossier Hessana Mahamat ferait l’objet de toutes les attentions, au sujet de faits ayant trait à la mal gouvernance de la fortune publique.

Il est notamment suspecté d’avoir participé à plusieurs opérations douteuses susceptibles de donner lieu à des poursuites judiciaires pour détournement des deniers publics. Il faut dire qu’après le passage de la mission d’inspection du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) qui y a posé ses bagages entre août 2013 et avril 2014 au sein de l’Art, il a été prouvé que le Pca de cette entreprise a en fait lui aussi un grenier à sous. Le rapport des hommes d’Henri Eyebé Ayissi, ministre délégué à la présidence de la République en charge du Contrôle supérieur de l’Etat, n’est d’ailleurs pas allé de main morte pour lui imputer la distraction de 192 012 721 Fcfa (cent quatre vingt douze millions douze mille sept cent vingt et un francs).

Et le rapport du Consupe ne s’arrête pas là. Il ajoute, dans la même veine, que le président du Conseil d’administration de l’organe national de régulation des télécommunications fait partie de ceux qui ont indûment perçu 1 026 493 885 Fcfa au titre de divers avantages. Pire, fustige le même document, il n’a jamais hésité à pomper impunément le fric, sous le registre de dotations téléphoniques mensuelles sans fondement juridique évalué à 148 850 000 Fcfa ou encore de dotation en liqueurs, vins et spiritueux pour 213 462 479 Fcfa de la part de Jean Louis Beh Mengue, le Dg de l’Art.

Malversations financières.

De plus, sans fondement juridique, en sa qualité d’artificier en chef, le Directeur des affaires générales (Dag) en retraite depuis des lustres de la présidence de la République en complicité avec certains administrateurs et autres dirigeant sociaux de l’Art ont bénéficié d’une prime spéciale de 1 173 729 955 Fcfa. Traduction : le Pca aurait une part de responsabilité dans les 69 irrégularités qui ont émaillé la gestion de l’Art. « La mission du Consupe a certes évalué, partiellement, le préjudice financier subi par les caisses publiques du fait de ces fautes de gestion à 20 407 056 773 Fcfa (près de 38,6 millions de dollars).

Mais l’on ne saurait faire porter le chapeau au seul Dg de l’Art. Lorsque le Consupe déplore une insuffisance de contrôle du déploiement des réseaux de téléphonie mobile GSM au cours de la période critique 2000-2005, ou encore l’absence de vérification des chiffres d’affaires annuels déclarés par les opérateurs de téléphonie mobile, il faudrait bien questionner le Pca vers qui convergent toutes les supputations », recommande un cadre de l’Art qui a requis l’anonymat. Ainsi caricaturé, le Dag de la présidence a de quoi se soumettre aux préoccupations des enquêteurs du Tcs. Logiquement donc, celui qui est pourtant admis à faire valoir ses droits à la retraite devrait se parer de toute son énergie pour se tirer d’affaires.

Si l’éventualité de son audition, présentée au sein du sérail comme une certitude, venait à se confirmer, cela entraînerait de facto le bouclage du dossier Art, ainsi que cela se murmure avec insistance. Et parallèlement, il pourrait ouvrir un autre dossier au niveau de la présidence où, diton, il aurait mis en place un réseau de marchés fictifs, avec en bonne position la deuxième épouse du Pca de l’Art, Hadja Halya Moussa (elle serait la fille d’un refugié libyen naturalisé camerounais), député Rdpc pour le compte du département du Mbéré qu’il avait pris en secondes noces en catimini. Le parlementaire serait d’ailleurs celle qui aurait présenté l’actuel Dag de la présidence à Laurent Marie Esso alors ministre d’Etat, Sgpr, pour le nommer en remplacement de Léonel Todou sacrifié au nom des intérêts occultes.

Dans les couloirs du palais présidentiel d’Etoudi, les pratiques de fractionnements dans l’attribution des marchés publics au secrétariat général de la présidence de la République ne se racontent plus, au point de faire l’objet de tous les commentaires même les plus volcaniques. Autant dire que le Dag de la présidence est un potentiel client dans le viseur du Tcs. dans le cadre de l’Opération d’assainissement de la gestion des biens publics baptisée « Epervier ».

 

camernews-Hessana-Mahamat

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