On évalue le crédit-bail

Après trois ans d’expérimentation, les acteurs du processus pensent qu’il faut passer à une implémentation effective de ce mode de financement de l’économie.

Le crédit-bail est un mode particulier de financement des investissements, en ce sens qu’il consiste pour une société financière, appelée crédit-bailleur, à mettre à disposition d’une entreprise un équipement et non de l’argent. Dès lors que l’engin est fourni, le bénéficiaire l’utilise tout en remboursant périodiquement les frais d’achat. Ayant fait ses preuves sur d’autres continents, le crédit-bail a été introduit au Cameroun depuis trois ans et est jusque-là en phase-pilote ou expérimentale. Trois ans plus tard donc, le « Comité de suivi de la mise en œuvre du dispositif-pilote d’appui à la modernisation de l’outil de production par le crédit-bail », placé auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), a tenu une réunion d’évaluation lundi, 17 août dernier à Yaoundé. Il en ressort qu’il est temps de passer de la phase-pilote à la phase intégrale de ce dispositif.

Selon le Minepat, Emmanuel Nganou Djoumessi, qui a présidé la réunion de lundi dernier, « le crédit-bail a été mis en place pour réduire les coûts d’accès aux équipements de production afin de renforcer la compétitivité de nos entreprises. Et l’Etat a déjà apporté une contribution effective de cinq milliards de F au financement du dispositif ». Lequel a fortement contribué à la notoriété et au développement du crédit-bail au Cameroun. La preuve, la part de marché reconnue à ce mode de financement se situe aujourd’hui à plus de 125 milliards de F. Des financements ont déjà bénéficié à une centaine de PME des secteurs de l’agriculture/élevage, du transport, du bois, des Bâtiments et travaux publics (BTP), du tourisme, des mines, de l’industrie et du commerce. Ce, pour l’acquisition de machines agricoles, d’outils de production, de matériel roulant et tout autre équipement de production. En contrepartie, toutes les PME financées remboursent effectivement leurs crédits. Toute chose qui a amené le Minepat à inviter le comité de suivi, présidé par Christophe Eken, président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA), « à passer du dispositif pilote à la mise en œuvre intégrale du crédit-bail au Cameroun ».

Sauf qu’il y a encore beaucoup de contraintes à lever. Notamment, le déblocage du crédit de TVA supporté par les PME. Pierre Kam, président de l’Association camerounaise de leasing propose d’ailleurs que « le leasing bénéficie des exonérations des droits de douane et autres taxes. Auquel cas, il devient plus cher et serait boudé ». En attendant d’y apporter des solutions idoines, le Minepat estime qu’il faudra renforcer l’engagement de l’Etat par des contributions additionnelles. Il recommande au comité de suivi de se réunir plus souvent et de rendre plus régulièrement compte des acquis du dispositif. Mais aussi, de relancer la communication au tour du crédit-bail, pour plus de sensibilisation sur ce mode de financement alternatif des PME.