On dit de lui qu’il fait la pluie et le beau temps dans son pays

On dit de lui qu’il fait la pluie et le beau temps dans son pays

Paul Biya se prélasse au bord du lac Léman, dégustant des toasts au caviar avec toute sa suite… rendez-vous sur le site de notre confrère site d’informations en ligne, et vous serez gavé de ce type de désinformations malheureusement inutile au journalisme camerounais. Nous sommes avertis sous toutes les coutures depuis des années que nous avons un Président dont la principale activité est de quitter son poste pour des séjours d’agrément en Europe. Chaque fois il faut grossir le trait avec des remarques rocambolesques pour nous rappeler que Paul Biya ne peut pas diriger un pays qu’il dirige pourtant depuis trente ans. C’est un comble. Quand les électeurs veulent sanctionner un homme politique, ils se rendent aux urnes pour voter contre sa politique et contre le parti politique qui soutient sa politique. On vit dans une schizophrénie journalistique au Cameroun à chaque grande échéance électorale. Les commentateurs de la vie politique voient la main du Président de la République dans chaque décision. il arbitre les investitures, commande les décisions d’Elecam, donne des ordres à la Cour Suprême. On lui trouve même le talent de semeur de zizanie dans les rangs des partis d’opposition qu’il
instrumentaliser ait par ses réseaux. Tout ceci puisqu’il ne travaille pas se faisant du temps au bord du lac Léman ou en cure thermale à Baden Baden. On lui trouve ainsi un formidable don d’ubiquité. il fallait d’ urgence un organe indépendant en charge de l’organisation des élections, on en avait perdu le sommeil aux chaudes heures de la réclamation de cette institution. Depuis qu’elle a été mise en place on ne lui trouve aucune qualité. actuellement Elecam est le principal responsable des tourments politiques de l’opposition. Les listes électorales sont truquées et pénalisent la transparence des votes. ici aussi les réclamations sont montées par cris stridents vers le ciel. On est passé au bio métrique, et là encore on s’acharne à dénoncer la lenteur d’enrôlement des électeurs au bio métrique, ainsi que l’incompétence et la duplicité du gouvernement incapable de produire un corps électoral reflétant la population camerounaise en âge de voter. il n’y aura pas de Sénat au Cameroun en 2013 prophétisaient certains en début de cette année, on a franchi cet Everest. il n’y aura pas d’élections générales, elles sont fixées au 30 septembre. Tout est aux mains des bétis, Jean Nkuete dirige le RDPC, Marcel Niat est Président du Sénat, Cavaye Djibril est Président de l’assemblée nationale, Philémon yaNg
est Premier Ministre. Toute cette architecture politique ne doit rien à Paul Biya bien entendu, puisqu’on lui concéderait qu’il travaille de temps en temps quand même. C’est de la génération spontanée, sans un principal ordonnateur. Et puis on va nous distraire dans les colonnes des journaux et sites internet sur les absences au Palais du Président de la République parti en villégiature. Le vote est libre au Cameroun et chacun peut faire valoir son choix. il est injuste de nier le choix d’une majorité de camerounais qui ont donné légitimité à un Président en exercice. Quel camerounais peut en 2013 croire en toutes ces jérémiades qui font du Président de la République le responsable de la pluie et du beau temps dans un pays de 20 millions d’habitants. Qui a été empêché de cultiver son champ de maïs, de créer son élevage de poulets, d’ouvrir son commerce, de trouver la récompense de son propre mérite parce que le Président de la République était en voyage? Vous noterez que si on nous dépeint la vie sous la gouverne du Président Biya comme un enfer sur terre, on ne nous cite jamais des pays autour de nous devenus des modèles de prospérité au point de nous pousser à y aller chercher droit d’asile. Où sont les pays africains dont la clairvoyance des dirigeants auraient permis leur éléva-
tion au rang de pays développés? Nous voici de nouveau à quelques semaines d’un enjeu électoral qui va fixer pour les cinq années à venir, l’équilibre des forces politiques au Cameroun. Tous les acteurs du débat démocratique doivent en mesurer l’enjeu pour le futur. Rien ne sert d’entretenir l’opinion d’inepties qui font oublier aux électeurs que le destin politique du Cameroun se joue depuis trois décennies par la voie des urnes. Pour la culture démocratique du peuple camerounais, il est urgent d’arrêter les fantaisies journalistiques qui font croire que c’est l’amérique d’Obama ou la France de Hollande qui décident de l’avenir du Cameroun, capable sans la volonté souveraine du peuple camerounais de désigner un messie qui sauvera le pays de son obligation à assumer son propre destin par les outils institutionnels dont il se dote. On votera de plus en plus souvent au Cameroun dans des cycles plus réguliers qui produiront sans aucun doute des alternances au pouvoir. Mais l’alternance demande un niveau élevé de maturation des appareils politiques qui vont à la conquête du pouvoir. Leur évolution dépend du charisme des leaders politiques qui en ont la charge. Les échecs électoraux des partis de l’opposition, sont aussi des expériences de la vie démocratique qui façonneront in-
déniablement une nouvelle la classe politique pour demain. On peut comprendre que le Président Biya soit le réceptacle de toutes les projections d’une partie de son peuple qui attend tout de lui. N’est-ce pas normal? Quand une franche de la population n’a pas encore atteint son autonomie existentielle et sa maturité sociale et politique. Cet handicap est perfectible par l’augmentation de la richesse nationale qui doit être mieux partagée. Beaucoup attendent les retombées des progrès économiques au travers de la multiplication des opportunités d’emplois et de l’amélioration des conditions quotidiennes de vie. C’est pour cela qu’une consultation électorale majeure se doit d’être le moment idéal pour les candidats aux fonctions électives, de débattre sur les attentes réelles de l’électorat.. Un processus démocratique a été créé au Cameroun. il est en train de s’enraciner même si son mode d’installation est encore vivement critiqué. C’est un précieux legs qui est le fruit de nombreux combats et sacrifices, mais aussi l’oeuvre d’un homme qui n’est pas un grand absent sur ordonnancement de cette stratégie démocratique. Le président Paul Biya