On braise le maïs à tout coin de rue de YAOUNDÉ

L’activité rapporte et attire de nombreux vacanciers en raison de son faible investissement. Cependant, l’occupation anarchique de la voie publique est source de conflit avec les agents de la Communauté urbaine.
Cité-verte, lundi 20 juillet. La braise du maïs est à la mode dans ce quartier populeux de Yaoundé, surtout au lieu-dit Yoyo bar. Il devient de plus en plus difficile pour les piétons de circuler librement sur les trottoirs ? déjà pris d’assaut par les motos taximen. Assises derrière leurs fours rudimentaires, les ‘’braiseuses’’ soufflent régulièrement sur les braises pour faire cuire les épis. Cette activité se pratique la plupart du temps en début d’après-midi, explique Sylvie, l’une des vendeuses du coin : « Nous ne pouvons pas vendre en matinée pour la simple raison que ce n’est pas une heure appropriée pour cette activité.

Le choix du début d’après-midi est dû au fait qu’il y a de l’affluence en route. Des personnes qui reviennent du bureau ont le vendre vide». Quant au prix, il varie entre 100F et 150F l’épi. Il est très difficile de ne pas pouvoir s’arrêter car ils sont si dorés. « Je ne peux voir le maïs braisé et ne pas m’arrêter. J’aime le maïs à la braise, surtout qu’ici ils sont toujours frais, sucrés et les prix sont abordables», se réjoui Claude.  Par contre, certains passants déplorent la mauvaise hygiène des vendeuses.

« Il est difficile de me voir acheter du maïs ici. Quand je vois les conditions dans lesquelles ces femmes braisent, cela me décourage », fustige Hélène. Cependant le choix de cette activité d’après Odile, une autre vendeuse, vient du fait qu’elle n’exige pas un grand capital et se vend bien, surtout en cette période de vacances. De quoi l’occuper avant la rentrée scolaire. Par ailleurs, il ne faut pas croire que l’activité est sans difficultés.

Les vendeuses font face au quotidien aux tracasseries des agents de la Communauté urbaine de Yaoundé, qui estiment qu’elles occupent illégalement le trottoir réservé aux piétons. Parfois, dame pluie fait des siennes. Résultat des courses, les clients se font rares, plombant ainsi les ventes. Au demeurant comme toute activité, la braise du maïs a des périodes de vaches grasses et des périodes de vaches maigres. Mais en fin de compte, ces battantes parviennent à tirer leur épingle du jeu.