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Obsèques de Rosette Mboutchouang : Chefs traditionnels et maires refoulés

Obsèques de Rosette Mboutchouang : Chefs traditionnels et maires refoulés

Ils n’ont pas été admis au lieu où se tenait la messe de requiem dite en hommage à Rosette Mboutchouang Ndongo Mengolo dit Mefosilegap, maire de la commune de Bangou et belle-mère du chef de l’Etat.

Le Fo’o Francis Homsi Fézé, chef supérieur des Badengkop, était dans tous ses états. Après avoir effectué le déplacement de Mvomeka’a vendredi 17 octobre 2014, question d’assister aux obsèques de Rosette Mboutchouang Ndongo Mengolo  dit Mafosilegap, maire de la commune de Bangou et belle-mère du chef de l’Etat, Paul Biya, par ailleurs reine dans sa chefferie, il est rentré de là, sans jouer de rôle lors du déroulement effectif de  ladite cérémonie. Plus grave, il a été refoulé par les éléments de la sécurité présidentielle au moment où il voulait accéder à l’intérieur de la résidence présidentielle à Mvomeka’a. Le fait qu’il ait brandi sa qualité de Fo’o des Bandengkop, village d’origine d’Ernest Mboutchouang (époux de la défunte), n’a fait qu’augmenter la colère des éléments de la sécurité présidentielle. «Vous n’êtes rien ici», lui aurait-on assené.

Des écharpes tricolores ignorées

David Simeu, Fo’o des Bapa et secrétaire général de l’association des maires de la région de l’Ouest, n’a pas échappé à ce traitement. A la tête d’une forte délégation des chefs traditionnels du département du Haut-Nkam, le Fo’o Sinkam Happi Iv de Bana n’a pas été autorisé à accéder au palais présidentiel de Mvomeka’a. Me Guy Effon, maire de la commune de Santchou,  Emedec Charles, maire de la commune de Bakou, et Barthélemy Njimngou, maire de la commune de Bandja, se sont, eux-aussi, heurtés à des résistances au moment où ils voulaient rejoindre le palais présidentiel pour suivre la messe dite en hommage à leur homologue.

Mandatée par Pierre Kwemo, président national de l’Union des mouvements socialistes (Ums) et maire de la commune de Bafang,  Anne Njonkam, 1er adjoint au maire de cette commune, a été déclarée persona non grata à l’entrée du palais présidentiel de Mvomeka’a. L’écharpe tricolore vert-rouge-jaune ou divers macarons abhorrés par ces élus locaux de la région de l’Ouest n’ont pas fait fléchir les éléments du protocole ou de la sécurité présidentielle. « Cette attitude des éléments de la sécurité traditionnelle à l’endroit des chefs traditionnelles et des maires de l’Ouest sonne comme un acte de mépris savamment orchestré pour nous frustrer une fois de plus», dénonce, sous anonymat, l’un des dignitaires refoulés.

Cette autorité est autant choquée qu’elle fait savoir que ces actes résultent d’un scenario mis en place pour « banaliser et chosifier les maires et chefs traditionnels de la région de l’Ouest ». «Dans un premier temps, on nous a parqués auprès d’un débit de boisson  dénommé sous-sol Bar. On y était avec des pasteurs de l’église Presbytérienne du Cameroun.

Des ministres à l’instar de René Sadi sont arrivés bien après et ont eu accès dans la salle», se plaint notre source. Faut-il néanmoins souligner que des maires de la région de l’Ouest, à l’instar de Nkenfack, maire de Fongo-Tongo, ont suivi la messe à l’intérieur du palais présidentiel. Pour les autres infortunés, ils doivent  comprendre qu’aucun retardataire n’a  accès au site des manifestations. « Les chefs traditionnels de la région de l’Ouest doivent comprendre que leur pouvoir doit connaître des limites face aux exigences du protocole présidentiel », conseille une source proche du protocole d’Etat.

 

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