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Obseques de Charles Ateba Eyene: Clash sur Internet entre Patrice Nganang et Mathieu-Eric Owona Nguini

Obseques de Charles Ateba Eyene: Clash sur Internet entre Patrice Nganang et Mathieu-Eric Owona Nguini

Les echanges entre ces deux « intellectuels » camerounais animent les reseaux sociaux depuis quelques jours…

1.- Patrice Nganang (1er Avril 2014)
MATTHIAS OWONA NGUINI ET LE POPULISME DE DROITE

Serais-je a l’etranger que je n’aurai pas cru que l’infamie qui a eu lieu au Cameroun aie vraiment eu lieu – la neantisation de Lapiro de Mbanga, et l’heroisation de Charles Ateba Eyene. Le silence sur le heros national le plus celebre de ces derniers vingt ans, et l’invention d’un heros national a partir de l’ecume de la droite. Et que celle-ci fut orchestree par une decision extraordinaire – celle d’un qu’on me dit specialiste de sciences politiques – Matthias Owona Nguini. Avec l’arrestation de Bapes Bapes, nous passons a autre chose. Le Cameroun aura donc passe sous silence le deces de Lapiro de Mbanga, ses funerailles, et tout ce qu’il aura ete – Lapiro! Lapiro! Lapiro! Trente ans de musique auront ainsi ete mis dans le silence d’une indignation, quand la meute astroturfee prenait la rue, avec devant elle Matthias Owona Nguini. Je dois dire que je n’ai jamais cru qu’il soit une force de changement. Son peche originel, m’a toujours mis sur les gardes. Mais ce qui m’a toujours fait douter est qu’il ait toujours manque le courage d’un jugement. Je precise ma pense: un intellectuel, c’est une analyse, basee elle sur un jugement, qui se fonde dans un paradigme precis. Trois piliers dont le premier forme des universitaires. Bref, il m’est toujours apparu comme un universitaire, jetant le jargon de sa discipline a la television pour eblouir, ce qui a lieu evidemment. La lignee de Mbembe, quoi.

Le jugement se situe, lui dans le feu de l’action, car alors il faut choisir. Et la l’analyste chez l’home a toujours servi de poche d’esquive – ce qu’au pays on appelle ‘l’objectivite’. Ainsi jamais ne s’est-il soucie de ses etudiants incarceres, meme quand c’etait tout a fait evident que ceux-ci etaient innocents, et e contrepartie etaient jetes dans des prisons aussi infames que Mfou – Herve Nzoubeth, Denis Emillien Atangana, Demanga sont des exemples les plus infames de sa fuite quand l’histoire de son propre amphi appelait le jugement. Ce qui cependant s’est joue a Yaounde ces derniers jours revele le jugement autant que le paradigme duquel il part – car l’heroissation de Charles Ateba Eyene demeure pour moi extraodinaire, et encore plus indigestible, parce qu’elle est assise sur le silence de la republique sur la mort et l’enterrement d’un homme, Lapiro de Mbanga, qui aura passe 55 de ses 56 ans au Cameroun, et qui sera mort en exil, oui, mort en exil, apres avoir passe 4 de ces 56 ans-la en prison pour rien! Voila bien cet homme que durant sa vie la rue aura porte, aura questionne, aura suivi, aura defendu au final, et qui sera mort loin d’elle – comme tant de heros de ce pays!

Mais ce qui est le plus troublant pour moi, plus troublant meme que le silence sur l’heroisme de Lapiro de Mbanga, c’est le choix de Charles Ateba Eyene, l’apotre du ressentiment comme ‘heros national’. Quoi? Quel choix ecervele! Lever les foules en jetant en pature ‘les eperviables’ fait deja le ‘heros national’ au Cameroun? Comment celebrer telle ecume, quand je viens de passer un apres-midi avec un de ces homme qui a passe cinq ans en prison a Kondengui, et a ete innocente totalement dans ce Cameroun par le tribunal special devant lequel il a demontre son innocence justement, comme Lapiro avait demontre devant la Cour supreme la sienne et fut innocente? Comment celebrer ceux qui voient ‘les pedes’ partout dans leur misere, qui criminalisent le succes, qui se retournent contre l’excellence au nom des ‘sectes’? C’est ca l’heroisme au Cameroun? Vraiment? Ca fait pitie! Le ressentiment, oui, c’est cela, et ce n’a jamais rien produit de bon, rien, rien, et rien. Voyez donc, chez nous ce sont ‘les eperviables’, ‘les pedes’, et ailleurs ce sont ‘les juifs’, ‘les noirs’ qui sont la cause des malheurs de la race. Elever le pire des poujadismes au rang d’heroisme dans ce pays, quand celui-ci est au creu de la tyrannie, ah quelle deroute intellectuelle! Il a parle de ‘verite’. La verite dans ce Cameroun de la tyrannie c’est ca vraiment, le ressentiment? Ah, me dit-on, que Charles Ateba Eyene c’etait son ami, sinon venait de l’Ocean comme lui – c’est a se demander si c’est ainsi que notre professeur corrige ses copies. Donne les meilleures notes a ses copains, ou alors aux gens de sa tribu. Juste parce qu’il le peut. Ah, le pays organisateur! Ah, le pays organisateur! Les memes gens, les memes methodes!

Source: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=618736911535902&set=a.108932479183017.14390.100001987974064&type=1&theater

2.- Reponse de Mathias-Eric Owona Nguini (1er Avril 2014):

 

Mathias Owona Nguini
Photo: © CIN

 

Patrice Nganang est toujours dans un véritable délire idéologico-intellectuel.Il continue contre moi une démarche qu’il a déjà mené et qui est gouvernée par un mélange explosif de ressentiment de classe d’un « lumpen -prolétaire » devenu miraculé par la grâce de l’éducation un petit bourgeois intellectuel et d’un inconscient maladivement ethnopolitique toujours prêt à dévorer un fils par le sang du « pays organisateur ».Ce qui me gêne avec ce « très grand intellectuel », c ‘est l’inconsistance de sa culture intellectuelle,idéologique et politique et surtout une prétention injustifiée.En véritable analphabète de l’analyse sociale sérieuse et en miraculé intellectuel néocolonial furieusement accroché aux vues de ses maîtres d’Occident,notre « donneur de leçons » parle à propos d’Ateba de « poujadisme ». Je suis désolé pour lui ,la notion de poujadisme n’ a aucun sens historique,sociologique ou anthropologique au Cameroun.Incapable comme tout « oncle Tom » d’inventer ses propres catégories d’analyse,le « mauvais élève de ses maitres gloàbalo-coloniaux » ne sait qu’ânonner sur des sujets où l’on voit qu’il na aucune compétence.Notre vedette camerouno-globale de Big Apple auto-érigé en grand prêtre du changement et trop content d’être parvenu au statut de bobo planétaire peut dédaigneusement mépriser les supporters d’Ateba.Dans son incommensurable bêtise,il croit que Lapiro et Ateba ne peuvent pas être considérés en même temps et par les mêmes personnes comme des héros sociaux pour la conscience populaire et historique exprimée chez de nombreux Camerounais des années 200-2010.On voit bien que notre esthète déjanté et désaxé qui fait de certains barons du RDPC en prison-suivez mon regard ,ses véritables héros- vit dans les nuages.S’il venait au Cameroun,il mourrait probablement de crise cardiaque quand il verrait associé dans les cd piratés liés à la dérive anarcho-libérale que nous réserve l’imposition tropicalisée des délires socio-économiques de ces comparses bourgeois post-modernes,ces figures qu’il pense inconciliables :Lapiro et Ateba.Notre pubertaire de l’intelligence » qui a la haine jalouse ou la jalousie haineuse croit avec beaucoup de légèreté qu4Ateba et Lapiro sont aux antipodes l’un de l’autre.Comment explique-t-il alors que le très sérieux Paul Eric Kinguè associe les deux(Lapiro et Ateba) dans un hommage posthume?Ateba ne jouait pas au héros à 4000 km comme le fait notre polémiste don quichottesque!!!.Quelque soit son positionnement idéologique,c ‘est au C ameroun et parmi lessCamerounais qu’Ateba prenait position.S’il n y avait aucun progressisme chez Ateba,comment notre brave Nganang explique-t-il la puissante antipathie des barons du Renouveau pour Ateba?A qui l’excité narcissique de New York à la prétention légendaire peut-il faire croire que ce qu’Ateba dénonçait n’était qu’une vue de l’esprit?. On voit la collusion idéologique de Nganang avec les baronnies du Renouveau installées dans ce que le Patriarche Woungly Massaga a appelé l’homocratie.Par ailleurs la pensée fumeuse de Nganang est toujours habité par le démon de l’ethnocentrisme et de l’ethnolâtrie.C’est lui et pas moi qui donne du crédit à la notion sociologiquement vaseuse et inconsistante de « pays organisateur » à laquelle-malheureusement pour ce petit « gâteur de nom »- j’ai toujours exprimé ma réserve de sociopolitiste en ne partageant pas sur ce point les vues d’Ateba.Il est insupportable pour notre petit prétentieux de Gotham City qu’un critique politico-intellectuel du régime soit dénommé Owona Nguini et soit qui plus est, fils d’un baron de ce régime.Alors notre crypto-fasciste qui nous renvoie à l’odeur du père qu’il présente comme » notre pêché originel, tente de nier ce que tous voient.Cette affection irrationnelle pour le sang de la race et de l’ethnie et ses marques indélébiles relève bien chez Nganang d ‘une obsession marquée par un populisme fascisant.Il pousse même le ridicule jusqu’à nous taxer de populiste de droite!!!Du véritable délirium tremens!!C’est lui qui a choisi de se noyer dans une nauséeuse phraséologie ethnofasciste sur les « mêmes gens et les mêmes méthodes » pour stigmatiser la communauté fang-beti que comme certains barons ethnolâtres du Renouveau ,il veut rendre otage d’un groupe gouvernant que cette communauté na jamais mandaté et qui comporte des sociétaires issus d’autres nationalités du Cameroun!!!! A méditer…

3.- Patrice Nganang (04 Avril 2014)
QUELQUES CONSEILS (‘AMICO-PRAGMATIQUES’) A OWONA NGUINI

 

Patrice Nganang
Photo: © CIN Screen Capture

 

J’ai lu avec amusement la note que Mathias Owona Nguini a insérée en dessous de ma critique de son populisme de droite. Ma critique doit lui être entrée sous la peau au point de court-circuiter son squelette. C’est bien, car tel est la fonction de la vérité. Cependant en toute convivialité, j’aimerai bien lui donner quelques conseils, car sans doute ne sait-il pas que ses textes sont lus en dehors de Yaoundé où il les crache dans la rue. Manière de lui suggérer de ne pas devenir aussi facilement la risée des universitaires, car tout échange n’est pas ce pugilat avec les Billy Show et autres Ateba Eyene qu’il a eu. Je vais donc aller point par point et lui montrer les fautes graves de logique que j’ai relevées dans sa note, ma volonté étant de l’élever, sinon d’élever le débat.

1. Eviter les accusations mimétiques : parce que je l’ai accusé d’avoir suivi une ligne de raisonnement tribale, il m’accuse moi, de tribalisme. Reflexe typiquement camerounais qui veut que qui accuse quiconque d’un mal souffre du mal identique, du genre : ‘tu es une bordelle.’ Réponse : ‘bordelle toi-même !’ Ainsi chez nous, qui défend une victime d’exclusion, est frappé de la même identité exclusive que cette victime. A cette allure, moi qui défends Enoh Meyomesse, ai defendu Bertand Teyou, Joe la Conscience, changerais de nom tout le temps !

2. Eviter à tout prix l’injure à la personne comme réponse, bref, la confusion entre critique et dénigrement : Mon texte sur le populisme de droite qui s’est saisi de notre pays depuis Epervier, et ce dans sa version la plus vile, le poujadisme haineux, adressait spécifiquement le manque de courage politique d’Owona Nguini ‘dans l’action’, même quand celle-ci a lieu sur le campus où me dit-on il enseigne. Ainsi, disais-je, il n’a même pas levé le petit doigt quand ses propres étudiants, Hervé Nzouabeth, Emilien Atangana, Barthelemy Tchoauleu, sont jetés dans la prison de Mfou. Sa réponse ? Amande honorable ? Non, elle néantise ce fait établi et s’attaque à ma personne pour me décrédibiliser. Vieille tactique RDPCiste – tuer le caractère de son adversaire au lieu de lui répondre.

3. La confusion entre les petits et les grands, entre le vrai et le faux : ceux qui ont vécu les années de braise se rappellent sans doute le décret qui avait fait de Um Nyobe, Ouandie, Moumie et… Ahidjo, des héros nationaux. La critique était alors que dans une phrase, les victimes et les bourreaux étaient unis, et que l’écriture camerounaise devait être plus prudente, plus intelligente, oui, avec ceux qui se sont mis aux côtés du peuple. L’établissement de fausses équivalences dont le but évident, dans l’association d’un membre de l’auto-défense et d’un dissident, nivelle les deux et fait disparaître les distinctions entre le faux et le vrai sans quoi on ne sait plus qui est qui, qui a fait quoi et pourquoi, ni pourquoi par exemple Semengue de son propre aveu, a coupé la tête des Camerounais dans l’Ouest, de 1960 à 1970 ou Ateba Eyene vendre ses camarades de classe dans l’auto-défense.

4. L’hystérie à la place de l’analyse : Ma critique accusait Owona Nguini de plonger dans le ressentiment qui au Cameroun voit des ‘pédés’ partout où il y a du succès, trouve des ‘rosicruciens’ chez tous ceux qui excellent, jette en pâture à la meute l’éclat en le criminalisant (‘sectes magico-anales’, ‘anustocratie’, ‘homocratie’), et donc capitalise sur la haine de la populace qui a soif de sang après trois décennies de cette tyrannie qui l’a nourri car son père en est un architecte, lui, et a trouvé son porteur de voix dans Ateba Eyene qui en avait fait son fond de commerce. Cette écume aux mains sanglantes-là donc, qu’Owona Nguini appelait ‘homme de vérité’. Conséquence ? Owona Nguini m’accuse de populisme et d’user des ressentiments. Nous voilà dans l’hystérie qui identifie ma critique et la sienne, pour ainsi créer le chaos, le désordre mental chez le lecteur donc, et nullifier ma parole.

5. Le verbiage à la place de la pensée : Je dois dire que, universitaire, je n’aime pas le jargon, et qui plus est, j’ai écrit et défendu mon doctorat dans une langue qu’Owona Nguini ne pourrait pas utiliser, et j’enseigne tous les jours dans une autre dans laquelle il est analphabète. Ecrivain, j’ai compris depuis longtemps cependant que le jargon cache plus le creux de la pensée qu’il ne révèle l’intelligence, et est parapluie de l’imposture. Allez le lui dire !

6. Le Cameroun comme exception politique ! Nous voilà avec la maxime du RDPC, ‘le Cameroun c’est le Cameroun’. Je cite une fois de plus Owona Nguini : ‘la notion de poujadisme n’a aucun sens historique, sociologique ou anthropologique au Cameroun.’ Aucun sens, nessa. La conséquence logique ici : le Cameroun est un pays extraterrestre. Du Biyaisme pur et dur donc. Pas surprenant vu qu’il s’en est nourri bébé.

7. ‘Nganang est un pédé !’ ou la quête des boucs émissaires – eh bien, quiconque s’est fabriqué une personnalité, a du succès, est taxé aujourd’hui au Cameroun de ‘pédé’, ‘d’anustocrate’, etc. Lisons Owona Nguini : ‘On voit la collusion idéologique de Nganang avec les baronnies du Renouveau installées dans ce que le Patriarche Woungly Massaga a appelé l’homocratie.’ La conséquence logique : le succès est criminalisé, parce que devenu incompréhensible dans ce pays. Mais parce qu’il n’est pas courageux, Owona Nguini se cache derrière ‘le Patriarche Woungly Massaga’ pour sombrer dans la boue homophobe. Quel lâche !

8. Accuser l’autre du crime que l’on vient de commettre soi-même – le tribalisme. Allons-y donc : Owona Nguini élève son ami et frère de l’Océan, tout en silenciant cet autre-là, Lapiro de Mbanga, lui ‘l’analyste socio-politiste’. Dans la suite de cette infamie qui a une très longue histoire au Cameroun je lis une suite de Jean-Marie Mollo Olinga dans Le Jour qui continue ce qu’a dit Owona Nguini. Or voilà, quiconque présente cette suite de favoritisme tribal comme fait de tribalisme, est soudain taxé de tribalisme par Owona Nguini! Il y a plus, et je le cite: je serai donc selon lui ‘cripto-fasciste’ ‘ethnofasciste’, etc, pour avoir débusqué et condamné son propre tribalisme ! La conséquence logique : confusion entre description et prescription. Mais ici c’est un mal bien Camerounais, et là Owona Nguini est le commun de mes compatriotes. Hélas !

9. Le reflexe négatif : autrement dit, parce qu’Ateba Eyene jetait en pâture des membres du RDPC dont il était membre du comité central, pas tous, cad, pas le président de ce parti, Paul Biya ; parce qu’il coupait la branche sur laquelle il était assis, alors il est un héros positif. Citons Matthias Owona Nguini : ‘S’il n’y avait aucun progressisme chez Ateba, comment notre brave Nganang explique-t-il la puissante antipathie des barons du Renouveau pour Ateba?’ La conséquence logique : la confusion intellectuelle qui fait prendre l’envers pour l’endroit. Pauvre Matthias !

10. La ‘diaspora’ comme nouvel ennemi, car tel est bien la ligne de démarcation que le régime a tracé pour encore plus enfoncer ce pays, et que la commune mesure accepte comme principe. Je cite Owona Nguini : ‘Ateba ne jouait pas au héros à 4000 km comme le fait notre polémiste don quichottesque!’ La conséquence logique : vertige devant la fin des dualismes. Cad. Owona Nguini ne peut que ce présenter ceci : puisque je ne suis pas à bavarder avec lui à la télé ou à la radio à Yaoundé ou à Douala, alors je suis à New York. Quelle rigidité intellectuelle ! Il ne peut pas s’imaginer que je vive dans ces deux endroits à la fois (bilocalité ! binationalité !, mais ça vient, ça vient !), ni encore à plusieurs endroits l’un après l’autre, dont Yaoundé, Berlin, Paris, Douala, New York, Johannesburg, etc., et partout me serve du même MacBook Air qui me sert pour écrire.

11. Le fils à papa qui veut tuer les autres aux dépends de son père. Ah, si seulement ma génération n’avait des souvenirs sanglants de Joseph Owona. La main couverte de sang n’inspire jamais la confiance, même si elle est lavée par le fils. Je lis ceci : ‘Il est insupportable pour notre petit prétentieux de Gotham City qu’un critique politico-intellectuel du régime soit dénommé Owona Nguini et soit qui plus est, fils d’un baron de ce régime.’ La conséquence logique : l’exercice trop visible chez le RDPC de la triangulation des forces progressistes doit être avalé par toute intelligence critique. Que non, que non ! Il en faut plus chez moi, et supporter l’écume populiste de ce pays n’y aide pas, encore moins quand elle est astroturfée par le RDPC et ses organismes satellitaires comme le Rassemblement pour la Jeunesse du l’homophobe en chef Sismondi Barlev Bidjoka.

12. Un jour Owona Nguini comprendra que chaque microphone dans lequel il parle est plongé dans le sang de ces Camerounais de son âge qui, parce que Parlementaires, furent tués durant les années 1990, et que cela seul devrait empêcher à son pater de dormir si celui-ci avait une conscience. Hélas, qu’avons-nous ? Il parle plutôt latin : car c’est ainsi qu’ils parlent dans le pays organisateur, de Jacques Fame Ndongo à Owona Nguini : en latin. J’ai lu : ‘Du véritable délirium tremens’. Bebela ! Et puis, il parle lui aussi de lui-même à la troisième personne du pluriel, parce que peut-être se croit-il être devenu ce peuple que leur parti a éloigné de la chose politique sinon chassé du pays. Lisons : ‘Il pousse même le ridicule jusqu’à nous taxer de populiste de droite!!!’ La conséquence logique : C’est si facile de se croire excellent dans une cour de laquelle toute intelligence critique a été chassée ! La première critique fait frémir, bégayer, et perdre tout son… latin, car d’où peut-elle venir sinon du néant ?

13. Lire, lire beaucoup, surtout quand on est un professeur d’universités. Dans sa note, j’ai cru comprendre qu’Owona Nguini identifie ma position ‘idéologico-intellectuelle’, comme il écrit, avec la défense systématique du ‘lumpenprolétariat’, ce que je comprends être les déshérités de la société camerounaise, à la différence de défendre des gosses de ministre comme lui. Pour caricaturale que cette vue est, elle révèle cependant ceci : des douze livres que j’ai publiés, dont plusieurs ont fait l’objet de thèses de maîtrise, de DIPES et de doctorat dans les universités et Grandes écoles au Cameroun et ailleurs, Owona Nguini n’en a vraisemblablement lu aucun. On me le dit aussi universitaire. Ne pas lire des livres, il me semble, est le pire des crimes de notre profession. Mais au Cameroun, sans doute, le niveau universitaire des enseignants des facultés se reflète dans le luxe de l’inculture qui lui fait se contenter de quelques phrases de moi qu’il a glanées ici et là pour porter un jugement sur ce que je pense.

14. Avoir de la curiosité politique. Owona Nguini résume donc mes ‘position idéologiques’ comme étant ancrées dans le ‘lumpenprolétariat’, dont je ne ressortirais que rancœur et jalousie. Etonnant pour quiconque me voit depuis 2003 défendre les leaders estudiantins de l’ADDEC (ses propres étudiants donc), sinon pêle-mêle Marafa Hamidou Yaya, le collègue de son papa, Enoh Meyomesse, Bertrand Teyou, Vanessa Tchatchou, bâtir des coalitions de partis (SDF, UDC, CPP, MANIDEM, etc.) pour former des citoyens dans la défense de leurs droits ! Qui ai crée le prix Bibi Ngota avec le Tribunal Article 53, et beaucoup plus encore, étonnant que pour un ‘socio-politiste’, tel travail se résume dans des catégories marxisantes. A-t-il vraiment un doctorat, ce gars ?

15. La prochaine fois où il prend la peine de permuter les lettres de l’alphabet pour écrire ‘Nganang’, je lu conseille honnêtement de se renseigner auprès de ses étudiants, ses collègues, et même, oui, sa famille, pour savoir qui je suis vraiment, afin d’éviter ce que je viens de lire et qui est honteux simplement.

Remarque générale pour finir : j’ai fait le trajet Yaoundé-Douala tout à l’heure avec le professeur Mono Ndjana qu’il connaît sans doute. A un moment le vieux s’est retourné vers moi et m’a demandé ceci : ‘quand vous êtes ici, n’avez-vous pas peur pour votre sécurité ?’ La question ne m’a pas surpris, car elle m’est posée tous les jours quand je suis au Cameroun – mais venant de lui ? La sincérité de son visage m’a cependant fait l’embrasser. ‘Pourquoi ?’, lui ai-je demandé. ‘A cause des genres de textes que vous écrivez, car ils sont très durs’ ‘Non’, lui ai-je-dit, ‘ce pays est certes inhabitable, mais c’est le mien.’ ‘Ces gens se retournent surtout contre ceux qui comme vous ont bâti leur indépendance d’esprit sans le soutien d’un parrain’, me dit le vieux. Eh oui ! Je sais que cette peur de chaque libre penseur fait les médias privés se retourner en masse vers le seul Owona Nguini, qui a la couverture de son papa champion d’Essingan pour parler, comme Ateba Eyene avait celle de Semengué le coupeur de têtes des Camerounais. Se promener impunément dans une scène publique vidée d’intelligence critique par l’œuvre sanglante de son père et par celle des hordes sanglantes de l’auto-défense des Charles Ateba Eyene donne certes des airs de supériorité à Owona Nguini. Cela ne lui confère cependant pas la sagacité critique, comme je viens de le montrer en quatorze points qu’il devrait prendre très au sérieux la prochaine fois où il lui vient en idée de mentionner mon nom. La néant critique camerounais est une marque déposée de la tyrannie dont il est issu. Pauvre pays pris en otage par les mêmes gens ! Vraiment, le Cameroun est dans le cabinet !

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