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Obsèques d’André Fotso : Paul Biya, l’omniprésent !

Obsèques d’André Fotso : Paul Biya, l’omniprésent !

« Alpha et Oméga », voila comment l’on pouvait entrevoir  le Chef de l’Etat lors des cérémonies du défunt capitaine du patronat camerounais. La paroisse de l’Eglise Catholique fièrement installée à un jet de pierre de la Chefferie Bandjoun, dans la Région de l’Ouest, a servi de cadre à la cérémonie très courue.

Représenté personnellement par Louis Paul Motaze, ministre de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, le nom du PRC a été suffisamment scandé, il a été sur toutes les lèvres. D’ailleurs, il s’est dit de ce côté que le défunt avait des similitudes comportementales avec celui qui tient la manette du Cameroun. La cérémonie pour le moins très grandiose, a témoigné de la dimension de ce que le patron des patrons des entreprises camerounaises a su  remplir sa mission avec abnégation, originalité et leadership légendaire.

De hautes personnalités du pays et même de l’international ont fait le déplacement de Bandjoun. Parmi celles-ci, la grande élite de l’Ouest avec Niat Njifenji Marcel comme tête de fil. La deuxième dame quant à elle, a conduit près de 50 femmes du CERAC pour la circonstance. Les chefs traditionnels ont battu le rappel des troupes. Les autorités administratives, judiciaires, religieuses et politiques à tous rangs et prérogatives, ont répondu présentes. Que dire des proches, des fils et filles Bandjoun sortis comme un seul homme manifester à leur manière, l’amour à leur frère disparu avec la brutalité d’un couperet ? Quoi donc de plus normal ? André Fotso n’a-t-il pas mérité ce vibrant et dernier hommage ? Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aux grands hommes, la Nation reconnaissante.Comme si vous y étiez !
 
Annoncée en grande pompe, invités en posture debout, la pose de gerbe de fleur du couple présidentiel était à lui seul, un événement. On dirait une messe dans une messe. C’est un agencement de roses posé avec la plus grande délicatesse dans le chapiteau réservé à la dépouille. La gerbe qui n’avait pas d’autres couleurs en dehors du vert, rouge et jaune du berceau des ancêtres, ne quittera plus André Fotso. 
Cette phase dignement respectée, a planté à Monseigneur Sosthène Bayemi Matjei, évêque du Diocèse d’Obala, chef du clergé célébrant. Prenant la parole au pupitre, il a recadré en plaçant l’Eternel au début et à la fin de toute vie. Dans son homélie qui a duré près de 40 minutes, l’homme de Dieu s’est longuement étendu sur l’importance de raffermir sa foi. « Avoir la foi, c’est poser un acte libre, c’est de prendre une décision qui oriente son existence et reconnaitre que l’unique bien c’est Dieu. La foi c’est comme le sel de vie », a-t-il renseigné aux milliers de participants suspendus à ses lèvres. L’évêque a retracé les circonstances du décès d’André Fotso, mais a laissé comprendre qu’il est né de nouveau : « qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Toute personne qui croit en moi, ne mourra point », a-t-il renchérit. Aux chefs d’entreprises, il a déclaré que le matériel tire vers le bas et que seul Dieu tire vers le haut. Mais que les entreprises qu’il a laissées poussent comme les parures d’olivier.  A la famille éplorée, il leur a exhorté d’étendre ses racines comme celles des arbres du Liban. C’est sur cet évangile consolateur que le micro a été retourné au master of ceremony pour la phase des témoignages.

Des paroles qui faisaient mal
 
Fotso Victor, maire de Pete Bandjoun, par l’entremise d’une de ses adjointes, souhaitait la bienvenue aux participants. Qu’André Fotso constitue une grande perte pour sa municipalité. Le défunt s’apprêtait à venir investir dans la terre qui l’a vu naitre. Seulement, il aurait dû le faire un peu plus tôt. La mort a abrégé sa vision. Le maire a invité d’autre dignes fils Todjom à penser investir à Bandjoun car l’on ne sait ni le jour, ni l’heure à laquelle la mort agira. 
« Le Club », un mouvement de promotion de l’intelligentsia né en 1985 a reconnu André comme un grand bâtisseur, incompris par plusieurs, mais les faits d’armes de ses œuvres, parlent d’elles-mêmes. Les groupes du 5 et du 14 ont témoigné simplement par le rituel de la ronde autour de la dépouille. Le président du Groupe inter patronal du Cameroun a qualifié le décès de son prédécesseur comme une grande perte pour le pays. Selon lui, c’était un homme de conviction, de communication. Que la parole était le vecteur privilégié de son action. Il a magnifié ses œuvres, notamment la passerelle au niveau du site de Promote et surtout de la ferraille sur le chantier du deuxième pont du Wouri en construction à travers Cometal, l’une de ses entreprises. Pour un membre de sa famille, il aimait descendre de sa grosse voiture, s’arrêter chez une femme qui vendait le maïs et la brune ou le poisson braisé, discuter le prix et ensuite acheter. En le faisant, il essayait de comprendre les problèmes de la vendeuse, lui remettait une enveloppe er revenait 6 mois après savoir si son problème a été résolu. Arlette Ngoulla, épouse et ses enfants ont témoigné, c’était émouvant. Une délégation du Rdpc représentée par le ministre Nganou Njoumessi, où l’on pouvait voir le Dr Djeuhon Fréderic, Kuintche Albert, Ngouchingue Sylvestre, Pr Pettang Chrispin, est venue témoigner.
 
« Nous vous faisons officier national de l’ordre de la valeur à titre posthume », le représentant de Paul Biya s’est ainsi incliné devant le corps inerte du Président Fotso André. Le Préfet du Koung khi a délivré le message de condoléance de Biya Paul a mis définitivement fin à la cérémonie. Mais avant, le rituel de bénédiction a été exécuté par l’ensemble du clergé officiant.

André Fotso forever !

Une bonne partie de sa vie, il l’a consacrée à l’entreprenariat et au patronat camerounais. Il s’est brusquement éteint. A-t-il implémenté toutes ses visions, tous ses projets ? Il officiera désormais auprès du Seigneur. Dieu seul sait comment le transfuge de l’entreprise a transformé en bien tout ce qu’il touchait. 
Le 8 aout 2016, il devait allumer 58  bougies sur son gâteau d’anniversaire. Certainement, il préparait cette fête comme il le faisait chaque fois quand le jour où il était né approchait. Il ne lui manquait plus que 6 jours. Ce 2 aout 2016 à Paris, les lampions se sont éteints pour cet érudit de l’entreprenariat. Serait-il retourné tôt à la terre ? Peu importe, l’essentiel d’une vie n’est pas sa longueur, mais la beauté et les couleurs qu’on a su donner à son existence. De ses entrailles, André Fotso laisse plusieurs enfants et un petit fils, qui immortaliseront à coup sûr son existence. Dieu qui lui a certainement tout donné, lui a demandé de se rapprocher de lui. En référence à Jésus Christ, Bob Marley et d’autres légendes qui ont quitté la terre des hommes avant 40 ans, André Fotso s’en est allé un peu plus tard. Mieux vaut tard que jamais. Pour l’africain, les morts ne sont pas morts.

Tout est bien qui finit bien

Le bonus étant la retransmission en direct pour ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement et pour ceux qui n’étaient pas proches des officiels. L’on a noté et ce avec la plus grosse impression, un déploiement spectaculaire d’équipements d’audiovisuel maniés par près de 8 professionnels de l’image. Le tout assuré par le coaching payant d’Hilaire Sopie, réalisateur à Sopieprod Tv et qui a fait le déplacement de Paris pour la malheureuse circonstance. Tout était bien qui était heureusement bien fini. Plusieurs points de collation ont permis aux invités de refaire leurs forces et reprendre la route pour leurs lieux de résidences respectives.

 

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