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NUIT DE RÉVEILLON SURCHAUFFÉE À YAOUNDÉ

NUIT DE RÉVEILLON SURCHAUFFÉE À YAOUNDÉ

La goutte de sueur perle du creux de la nuque au bas du dos. Coincé dans un embouteillage extrême entre le carrefour Mvog-Mbi et la poste centrale à Yaoundé ce 24 décembre, le chauffeur du taxi que le reporter de CT a emprunté a beaucoup de mal à garder son calme. Sa voiture, chauffée par le soleil intolérant, prend des allures d’un four crématoire. De quoi alimenter sa colère et celle des autres automobilistes.

On n’est pas loin de péter les plombs comme Disiz la peste dans son célèbre morceau. Il faut près d’une heure pour enfin se défaire de ce carcan, pour en retomber dans un autre, puis un autre… Ce scénario avec en vedette principale les bouchons est le même dans toute la ville.

Quand cette torture s’arrête et que vous descendez enfin du véhicule, vous tombez dans une autre jungle, celle des humains. Marchés, jardins publics, foires, restaurants. Ces lieux très fréquentés ne désemplissent pas. A Ya-Fe, les vacanciers sont au rendez-vous. Le Boulevard du 20 mai, apprivoisé pour cette foire, est noir de monde. C’est que la ferveur de Noël s’est emparée de la capitale. Au Marché du Mfoundi, les ménagères et autres acheteurs se marchent quasiment sur les pieds.

Ça marchande, ça achète, ça s’engueule à un rythme effréné. Au milieu de ce champ de bataille, le petit Abderrahmane se frotte les mains. Avec sa brouette, il se faufile entre les allées déjà bien encombrées de ce marché. « C’est la fête pour moi aussi », lance-t-il, avant de disparaître entre les étals, sacoche pleine de pièces autour de la taille, à la poursuite d’une cliente.

Plus la journée avance, plus les embouteillages se dissipent, et plus les gens retrouvent leurs esprits. De préférence autour d’un verre dans un bar bruyant ou dans un coin tranquille. Le choix numéro 2, celui de la “zénitude”, est fait par la famille Ebongue. Retrouvés dans un snack, ils se relaxent avant d’aborder les préparatifs culinaires de Noël à la maison. Le couple Manuel et Esther, ainsi que leurs trois enfants sirotent qui une grenadine, qui une bière bien fraîche, pour se remettre de la semaine infernale de courses. « Ce n’est pas du tout évident.

C’est à croire que la ville double de populations pendant les fêtes », s’insurge Manuel Ebongue. Et Madame de répliquer : « Pourquoi les gens attendent toujours la dernière minute pour leurs achats ? ». Bonne question, en effet. Les jardins publics sont tout aussi bondés. A Sainte-Anastasie, certains ont même sorti la dernière valise. Ou plutôt l’avant-dernière (il vaut mieux saper à Noël, le jour-J). Au parc Charles Atangana, peu de places pour poser son derrière. Le cœur de Yaoundé bat en synchronisation pour la Nativité.

 

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