NSELANG:Un village au grand potentiel

Situé à 63 kilomètres d’Ebolowa, Nselang fait parti des villages d’exception.

Les véhicules qui y vont sont rares, rendant ainsi le coût du transport élevé. Il faut débourser 3000 FCFA et accepter porter également un passager. Ici on ne parle pas de siège, puisqu’aucun passager n’a droit à un lui seul, mais on parle de voyage tout simplement. Ces populations laborieuses travaillent le cacao, le palmier à huile comme cultures pérennes, mais aussi les autres vivriers comme le manioc, macabo, bananier plantain etc…Son développement pourrait davantage s’accélérer s’il était relié à Ebolowa par tout au moins une route praticable, compte tenu de la grande volonté des paysans. En temps de pluie, c’est encore très difficile pour les populations. Mais Nselang est arrosé par tous les réseaux téléphoniques ce qui n’est pas un fait fortuit,  c’est le village du patron des postes et télécommunication. Il dispose d’un télécentre communautaire polyvalente qui lui permet d’être couvert par les ondes radios. Les églises ici, toutes les obédiences se côtoient sans gêne. Son lycée est là, ses écoles primaires et maternelles,  son hôpital également et tous les autres services disponibles  peuvent déjà attirer  l’arrivée d’une unité administrative.

Nselang n’a pas d’électricité,  selon un natif  les poteaux électriques qui y sont plantés le long du village y sont là depuis plusieurs années. Le village est ravitaillé en eau potable par des forages avec pompes à motricité humaine qui y sont installés. La conséquence est le manque d’une  maintenance directe, mettant certains dans un état de non utilisation prolongée. Nselang reste un village carrefour selon Pierre Moneyang natif du coin, c’est en 1916 en ce lieu que le colon allemand fixait les populations. Une façon de bloquer les vagues migratoires qui venaient du côté de Sangmélima. La tribu principale ici ce sont les Essé, qu’on retrouve à Ebolowa au village Akak- Essatolo, Nkoétyé, chez les Eton ils sont appelés Esselé et chez les bassa Ndogsen. Dans le projet de chemin de fer Kribi- Bangui, une gare était prévue à Nselang, notre interlocuteur affirme qu’il y a encore des jalons dans la forêt de Nselang, et aussi pour les besoins d’évangélisation. Depuis lors, le village Nselang figure dans la carte du Cameroun, sans en être une unité administrative. Pour lui, Nselang devrait être érigé en unité administrative, mais pour des luttes d’influence c’est plutôt Biwong-bulu qui est le chef lieu de l’arrondissement. Nselang occupe une position géographique favorable à son développement, le représentant du chef traditionnel Marcel Monetjag rassure que dans son village devenu cosmopolite, les populations vivent en paix et dans la fraternité. Pour lui, la route faite défaut pour l’accélération du développement de Nselang.