NSELANG: Au cœur d’un voyage surréaliste

Théophile Betek Ashu est tenté d’être dans le livre des exploits. Ce diplômé en lettre moderne bilingue de l’école normale supérieure (ENS) de Maroua, est enseignant nouvellement affecté au lycée de Nselang. Il vivait à Manfé dans son Nord ouest natal, deux semaines déjà que l’école a débuté, il doit rejoindre son poste d’affectation.

Il n’attend pas les frais de relève, surtout qu’il n’a même pas encore de salaire. Conscient que le plus dur va commencer pour lui avec son nouveau poste d’affectation, il engage à rejoindre son poste sur sa moto. Il prend alors soin de bien mettre son paquetage sur sa moto qu’il protège soigneusement à l’aide d’un plastique, et se ravitaille en vivre de route.  Dit-il, il sort de sa maison à Manfé à 5 heures du matin le vendredi, rallie Bamenda pour se reposer à Yaoundé. Théo, continue jusqu’à tard à Ebolowa, compte tenu de l’état de la route, il ne rejoint Nselang que samedi vers 10 heures. La surprise est grande pour ses collègues enseignants, ceux-ci lui réserve un accueil digne d’un « champion ». Il dit avoir pris des informations sur le degré d’enclavement de son lycée, et a opté d’y arriver avec son engin qui pourra lui permettre d’assurer ses déplacements internes. Théophile Betek Ashu est le tout premier enseignant d’anglais de ce lycée depuis sa création en 2005, déclare son proviseur Jean Maurice Noah. Pour les années antérieures, c’est juste les moyens de sauvetage qui y étaient utilisés pour que les enseignements soient dispensés. En attendant que son intégration soit effective, il devra s’habituer à la vie communautaire de l’équipe enseignante. Ceux-ci bénéficient de la générosité de l’élite pour le logement, comme cette villa de feue Isabelle Bassong qui a été mise à la disposition des enseignants depuis la création de ce lycée. De même le conseil de gestion de l’établissement octroie une petite bourse aux enseignants sans salaire pour leur permettre de survivre en attendant.  Dieu seul sait que la prise en solde n’est pas la chose la plus rapide dans ce système trop lourd. L’idée ingénieuse du proviseur était de s’orienter dans l’autofinancement de cette école. A cet effet, il en a créé en partenariat avec la Sodecao une cacaoyère de 02 hectares déjà en production et dont les ventes permettre de résoudre les problèmes comme ceux là. Ce qui permet de freiner l’exode des enseignants, qui viennent juste prendre service et se fondent dans la nature. Comment peut on avoir la tête à l’ouvrage lorsqu’on n’a pas où dormir, de quoi se nourrir et se soigner. Le patriotisme de Théo lui fait entrer dans le livre d’or, ils ne sont plus nombreux ceux des citoyens qui peuvent penser et faire comme lui. Un exemple à suivre n’est ce pas.