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Nord: Le chômage touche 9% de la population

Nord: Le chômage touche 9% de la population

La création d’entreprises est au point mort dans la région.

Selon Hamadou Ayouba, directeur régional de l’agence Fonds national de l’emploi (Fne) pour le Nord, le taux de chômage dans cette région tourne aux alentours de 9 % contre 3,8% en moyenne pour le reste du pays. Dans la réalité, ce chiffre est bien plus élevé. «Qui travaille ici? Il y a de nombreux chômeurs déguisés, 80% de la population est sans travail», avance Sadou, un moto-taximan.

Plusieurs facteurs expliquent, selon des sources, cette situation. Le premier est la non qualification des chercheurs d’emploi. Le second tient de ce que, les jeunes sortis des, écoles de formation n’ont pas souvent le profil recherché par les employeurs. Le troisième, enfin, est le maigre tissu industriel local, incapable d’absorber une partie de la demande. «Il y a très peu d’entreprises qui ont ici la taille de celles qu’on retrouve à Douala ou à Yaoundé. Les grosses entreprises comme la Cicam, la Sodecoton, etc. ne recrutent plus massivement parce qu’elles même sont en difficulté», explique Emmanuel Mayo, chef d’entreprise à Garoua. Il est loin le temps ou la Savonnerie, les Brasseries, la Cicam, la Sodecoton, l’usine des pâtes alimentaires recrutaient à la pelle. Pis, la grande majorité des jeunes dans cette partie du pays ne sont ni à l’école, ni au travail ni en formation. Dépourvus de toutes qualifications, ils sont les plus touchés par le chômage.

Les demandeurs d’emplois affluent donc au Fonds national de l’emploi. «Entre avril et décembre 2012; nous avons accueilli et orienté 1.464 chercheurs d’emplois, effectué 1049 visites d’entreprises. 329 postes de travail étaient à pourvoir dans la région et 253 insertions ont été opérées. En 2013, nous avons accueilli et orienté 2,282 chercheurs d’emplois et effectué 1.392 visites d’entreprises. 1.628 postes étaient à pourvoir et 965 personnes ont été insérées. Au cours de la même année, nous avons organisé six sessions sur les techniques de recherche d’emploi; trois sessions d’orientation professionnelle et une semaine d’emplois jeunes», précise le directeur régional du Fne.

Malgré les difficultés, les responsables du Fne ne croisent pas les bras. Ils Multiplient des initiatives pour forcer le destin. La dernière en date est «Les journées portes ouvertes» organisées à la maison des jeunes de Garoua le 10 février 2014. «Au regard de l’affluence que nous avons observée depuis le Jour de l’ouverture de cette semaine de l’emploi, nous constatons que les jeunes ont répondu présent à notre appel, notamment ceux de Garoua. Reste à toucher ceux de l’arrière-pays. La prochaine semaine de l’emploi se déroulera hors de Garoua sans doute dans un autre chef-lieu de département. Il faut rappeler que le FNE ne reçoit pas tous les chômeurs. Ce sont ceux qui sont intéressés par nos services qui viennent», argumente Hamadou Avoube, directeur régional du Fonds national de l’emploi pour le Nord.

Si le Fne est à l’avant-garde de la lutte contre le chômage, il reste que ses moyens sont très limités et en inadéquation avec la demande. Le gouvernement n’a pas pu ou voulu combler le gap laissé par ses partenaires que furent la Banque africaine de développement qui finançait le volet formation, la Banque mondiale qui s’occupait du volet financement des projets, le Programme des Nations-Unies pour le développement qui appuyait l’Etat de Cameroun dans le volet social de l’ajustement structurel au début de cette aventure née avec la sollicitude du FMI par le Cameroun à la fin des années 80.

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