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NOMINATIONS : INTERDIT DE DÉMISSIONNER

NOMINATIONS : INTERDIT DE DÉMISSIONNER

Louis Bapes Bapes interdit à ses collaborateurs d’accueillir dorénavant dans leurs services les personnels nommés qui refusent de rejoindre leurs postes.

En 2005, un professeur d’Anglais en service dans un lycée de Yaoundé IV, avait été nommé surveillant général dans un lycée rural du Noun, à l’Ouest. Son ancien proviseur, une dame assez introduite au ministère, lui en avait fait la promesse, pour dit-elle, « le punir ». Après qu’il a formellement déposé une démission, il fut renommé l’année d’après, au même poste, avec la mention « en poste ». Au finish, il ne regagnera pas le Noun.

Quelques années avant, des responsables syndicaux exerçant à Yaoundé, nommés censeurs en province, avaient refusé la fonction et furent maintenus comme enseignants dans leurs anciens postes. Pareille réaction n’est plus possible. « Mon attention a été attirée par la récurrence des démissions de certains responsables, notamment les Censeurs, les Surveillants Généraux et les Chefs de Travaux. Ces démissions qui mettent à mal la gestion pédagogique et administrative des établissements scolaires sont malheureusement, pour la plupart, encouragées et entretenues par quelques chefs d’établissements et responsables des délégations départementales et régionales ; avec prétexte d’offrir à ces démissionnaires un meilleur poste de travail ou la possibilité de rester à leur ancien lieu de service et ceci au mépris de la réglementation en vigueur », constate le Minesec dans une lettre circulaire du 22 juillet 2014, relative à la gestion des responsables démissionnaires.

Pour Louis Bapes Bapes, la démission est contraire aux dispositions du statut général de la fonction publique, qui prescrit « l’obligation d’obéissance » à ses agents. De même, « tout fonctionnaire … est tenu de servir partout où besoin est », selon le statut particulier des fonctionnaires des corps de l’éducation nationale. « La nomination à un poste de responsabilité est une marque de confiance de la hiérarchie à l’endroit du concerné.

Le responsable nommé est tenu de rejoindre son poste et d’y exercer ; toutefois, une fois à son nouveau poste, la possibilité lui est accordée de formuler des doléances par voie hiérarchique et attendre la suite y réservée. (…) En tout état de cause, un enseignant promu à un poste de responsabilité hors de son établissement ne doit en aucun cas être maintenu à son ancien poste ; et en cas de promotion interne, il devra prioritairement exercer ses nouvelles fonctions », prescrit-il.

Dans un ministère où le profil de carrière n’existe pas, les enseignants parlent d’une fuite en avant. «C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue. Constatez bien que les postes concernés [Censeurs, Surveillants généraux, Chefs de Travaux, ndlr] sont ceux qui n’ont pas de prébendes. Pourquoi doit-on demander à quelqu’un qui a fait 20 ans sur place, pendant que ses anciens élèves, bien médiocres, prennent des galons, d’aller continuer à faire le théâtre là où il ne veut pas, parfois à quelques mois de sa mise à la retraite ? », s’interroge un syndicaliste. « Qui a habitué les enseignants à choisir eux mêmes les postes où ils  veulent travailler ? Qui les nomme dans leurs villages d’origine ? », ajoute un autre.

Pour ce dernier, le mode de gestion actuel des lycées, marqué par le marchandage des postes, entretient la délinquance. Certains responsables nommés après cette note, n’ont pas toujours regagné leurs nouveaux postes.

 

 

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