Niger: Moussa Tchangari est accusé de collaboration avec Boko Haram

Journaliste et secrétaire général de l’association Alternative Espaces Citoyens Moussa Tchangari a été mis aux arrêts depuis lundi dernier. Les autorités, le ministre de l’intérieur en tête, l’accusent de « collaboration » avec les islamistes de Boko Haram.

Moussa Tchangari, journaliste et secrétaire général de l’association Alternative Espaces Citoyens a été arrêté lundi dernier pour sa supposée collaboration avec les islamistes de Boko Haram. En attendant que les charges contre lui soient établies définitivement, l’homme est accusé de faire la propagande de la secte islamiste nigériane.

Hassoumi Massaoudou, ministre nigérien de l’intérieur affirmait mercredi à l’Agence France Presse que « depuis un certain temps ce monsieur collabore avec Boko Haram et il mène une propagande active pour propager de fausses nouvelles en lien avec Boko Haram. Toute sa propagande vise à montrer que ce sont les Forces de défense et de sécurité nigériennes qui sont criminels et non Boko Haram ».

Ces déclarations si fortes n’ont pas été suivies de preuves des actes qui sont reprochés à l’homme, une tâche que le ministre laisse peut-être le soin aux juges. Mais pour la petite histoire le ministre selon certaines presses en l’occurrence nigerdiaspora.net, dans son post du 26 avril dernier, n’apprécie pas que l’on pense autrement que lui et a remis parfois en question les jugements de la justice nigérienne lorsqu’ils ne suffisaient pas à le contenter.

Mais le journaliste, dans le cadre des activités de l’ONG qu’il dirige a toujours dénoncé la situation humanitaire dans le sud-est du Niger, des dénonciations qui ne sont probablement pas dans l’intérêt des autorités et qui auraient pu mener à son arrestation.

De toute façon les réactions ont commencé à pleuvoir. Gaëtan Mootoo, chercheur au sein d’Amnesty International, déclarait le 20 mai dernier que la lutte contre Boko Haram ne doit pas servir de prétexte pour procéder à des arrestations « qui ne sont fondées sur aucune base légale solide ». Le juge en tout cas devra se prononcer sur l’ « association de malfaiteurs en relation avec l’entreprise terroriste Boko Haram », le motif retenu jusque là contre Moussa Tchangari.