Me Nico Halle: « Le bilinguisme doit être adossé sur des valeurs »

Membre de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.

La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme vient de visiter diverses administrations. Comment s’est déroulée cette mission ?
Les membres de la Commission ont en effet été déployés, par le président, dans les ministères, à l’effet d’évaluer le niveau de bilinguisme dans ces différents départements ministériels. Nous avons visité environ 35 ministères. Parfois, nous avons rencontré le ministre, en présence de son staff. Nous avons eu des réunions, des échanges avec ces responsables. Vous savez, on ne peut pas évaluer sans échanger. Au final, cette mission a été fructueuse. Nous avons pu relever des problèmes, comme l’absence, dans certains cas, d’une cellule de traduction, et nous avons fait également des suggestions.

Quels freins au bilinguisme existent dans ces administrations, selon vous ?
Je viens de vous mentionner l’absence, dans certains cas, d’une cellule de traduction dans un ministère. Mais je pense surtout, et j’aimerais le souligner avec force, que le principal problème est celui du manque de certaines valeurs. Des valeurs morales et spirituelles sans lesquelles le bilinguisme, bien que constitutionnel, ne pourra rien faire. Je pense au patriotisme, au respect des institutions, au souci de la cohésion nationale, à l’amour du prochain, au respect des droits de l’Homme, à la paix, dont je suis un apôtre, à l’équité, etc. Je redis que sans ces valeurs, le bilinguisme ne peut rien apporter. Nous avons des gens qui sont bilingues, qui créent des problèmes çà et là dans notre pays… Le respect des valeurs que je viens d’énoncer est capital.

Cela dit, comment améliorer le niveau de bilinguisme dans nos administrations ?
Il y a déjà des efforts qui sont faits dans ce sens. Un certain engouement est perceptible, que nous encourageons. Vous avez des staffs qui sont engagés dans l’amélioration de leur niveau de bilinguisme. Vous savez, nous sommes au début et nous allons continuer. Dans certains ministères, les chefs de département ont pris des mesures concrètes. Par exemple, ils ont décidé que tel jour, tout le monde, tout le personnel parle anglais, et tel autre jour, tout le monde parle français au sein du ministère. Nous saluons tous ces efforts, et estimons qu’il va falloir continuer dans ce sens.