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Ngomba Ngame (régisseur prison de Ngaoundéré): «Nous sommes en situation réelle de surpopulation carcérale criarde»

Ngomba Ngame (régisseur prison de Ngaoundéré): «Nous sommes en situation réelle de surpopulation carcérale criarde»

Conçue pour accueillir 500 prisonniers, la prison centrale de Ngaoundéré en regorge 1286. Une situation difficile à gérer pour les responsables du pénitencier et les détenus eux-mêmes. Confirmation dans l’entretien accordé à L’Œil du Sahel paru le 7 juillet 2017, par Jean Arnold Ngomba Ngame, le régisseur. Notre rédaction a sélectionné quelques moments forts.

Question : Combien de détenus compte en ce moment la prison centrale de Ngaoundéré ?

Ngomba Ngame : A ce jour, la prison centrale de Ngaoundéré compte 1286 détenus. Il y a ainsi, 551 personnes condamnées définitivement et 735 prévenus et appelants. Il faut noter que les prévenus qui sont en attente d’une décision de justice sont 6054 ; et les appelants sont 81.vous remarquez bien que la grande partie des détenus de la prison centrale de Ngaoundéré sont des prévenus, c’est-à-dire des personnes en attente de jugement. Ils sont 60% à peu près.

Question : Est-ce normal qu’on se retrouve avec un nombre aussi important de prévenus dans une prison ?

Ngomba Ngame : Ce n’est pas normal. Vous savez, les prévenus bénéficient de la présomption d’innocence. La conséquence, c’est que beaucoup auront d’abord purgé cette privative de liberté. Et quelquefois, ils sont remis en liberté parce que les faits ne sont pas établis. Donc, une prison devrait en principe avoir plus de condamnés que de prévenus. Précisons que la capacité technique de notre prison est de 500 détenus. Aujourd’hui, on se retrouve à 1286. Il arrive même souvent que nous allions à 13000 détenus. Donc il faut dire que nous sommes en situation réelle de surpopulation carcérale criarde. Dans certaines cellules, tout le monde n’a pas la possibilité de s’étendre sur le sol. La prison ne dispose pas de lits en étage comme on le voit ailleurs. C’est une situation qui est vraiment préoccupante. Donc en plus de la privation de liberté, les détenus souffrent du fait qu’ils ne peuvent pas toujours se coucher convenablement.

Question : Quelle est la situation en termes d’infrastructures ?

Ngomba Ngame : Les pouvoirs publics ont fait des efforts considérables ces derniers temps en étendant la prison, lui faisant gagner pratiquement 200 places. Car, il y a cinq ans, cette prison ne pouvait théoriquement recevoir que trois femmes. Il y a eu une extension. Et il y a deux ans, l’Etat a refait la toiture de la prison. Mais il faut dire que beaucoup reste à faire en termes de réparation des caniveaux, de réhabilitation de la tuyauterie et d’évacuation des déchets. Donc, des problèmes demeurent. Les pouvoirs publics font cependant beaucoup d’efforts pour améliorer les conditions des détenus.

Question : Combien de personnels gerze-vous

Ngomba Ngame : Nous avons 85 personnels, tous grades confondus. C’est relativement suffisant. En effet, c’est un ratio d’un personnel pour 15 détenus. C’est acceptable. L’Etat fait beaucoup d’efforts dans le cadre du recrutement des personnels. Le ratio est certes loin des normes admises sur le plan international qui se rapprochent d’à peu près un personnel pour trois à quatre détenus.

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