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Nécrologie : Paul Biya «fuit» ses beaux-parents

Nécrologie : Paul Biya «fuit» ses beaux-parents

Pour éviter tout arbre à palabres, le «Nsili-awou» ou encore le regard apostropheur de ses beaux-parents qui se souviennent qu’il a laissé mourir en prison, Dieudonné Angoula, celui-là même qui avait reçu la dot du  son mariage avec Chantal Vigouroux, le président de la République et chef d’Etat du Cameroun, désaxe tous les pronostics et opte pour l’accaparement de la dépouille de sa belle-mère et son inhumation à son domicile.

Inédit ! Déroutant ! Dans la foulée du délire qui s’est emparé de l’opinion; mais aussi des émotions chaudes au sujet du lieu de l’inhumation de dame Mboutchouang, née Ndongo Mengolo Rosette Marie, personne ne voyait traverser dans ses esprits, l’idée de voir Paul Biya accepter, autoriser l’enterrement de sa belle-mère dans son Mvomeka’a natal.

Intronisé «Fon des Fons» (le chef des chefs) depuis des lustres par les anglophones, Paul Biya, jouit également de nombreux attributs de chefs et des titres de notabilité, acquis dans les régions de l’Est, de l’Ouest et du septentrion. «Le vœu ardent de « Nnom Ngii », en ce début d’année 2011, est que la chefferie traditionnelle retrouve toute sa crédibilité, et toute sa notoriété…» Ainsi parlait le chef d’Etat, Paul Biya, le 19 janvier 2011, lorsque recevant ses attributs de «Nnom Ngii », des mains de Martin Belinga Eboutou, Jacques Fame Ndongo, Jean Jacques Ndoudoumou…, des chefs traditionnels du Sud, en marge du comice agropastoral d’Ebolowa.

Du fait de son appartenance à des sociétés secrètes, il n’y a pas mieux que le «Nnom Ngii», Paul Biya, pour savoir qu’il est rare, sinon impossible et invraisemblable de voir la fille enterrer sa mère chez son époux, alors que la famille maternelle et la belle-famille de la défunte (dont l’époux est vivant), s’activent d’arrache-pied, à organiser et garantir des obsèques et belles funérailles à l’illustre disparue. Si l’on s’en tient à son double rôle de dépositaire du pouvoir traditionnel et de la culture, aux valeurs et considérations que l’on lui reconnaît en tant qu’autorité traditionnelle, l’on peut questionner la posture, les motivations qui ont poussé Paul Biya à bafouer les us et coutumes ancestrales, pour concéder a l’inhumation de dame Mboutchouang, née Ndongo Mengolo Rosette Marie à Mvomeka’a.

A Nanga-Eboko, les préparatifs étaient très avancés; voire prêts pour des obsèques de leur fille. A Bangou où la défunte est décédée aux fonctions de chef de l’exécutif municipal, tout le monde ne rêvait que l’organisation des « obsèques et funérailles dignes d’une reine », selon le chef supérieur de Bangou. Si le couple présidentiel n’y a pas donné droit, vraisemblablement que d’autres intérêts ont prévalu sur la tradition.

Larmes de crocodiles

En autorisant l’inhumation de sa belle-mère dans la petite bourgade de Nanga-Eboko, chef lieu du département de la Haute Sanaga, le couple présidentiel aurait déclenché  l’activisme, le clientélisme et le surenchère de certaine chefs de clans, et autres courtisans (qui pour la majorité sont en disgrâce) qui ne rêvent que de telles occasions, pour renaître de leurs cendres. On voyait déjà la bataille de position ou de la conduite des opérations entre Soumbou Angoula (le chef des Yezoum), le ministre de la Jeuness Pierre-Ismaël Bidoung Mpkwatt, le secrétaire général de la présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh, Hilarion Etong, le 1er vice président de l’Assemblée nationale, les Dg de l’Enam et celui de l’Armp, l’ex-ministre Bernard Messengue Avom… En bon Africain, Paul Biya sait qu’à l’inverse de son «Bunker » de Mvomeka’a, où l’entrée sera plus sélective et l’intimité préservée, accepter l’équation de la Haute-Sanaga, le placerait à la merci de certains plus proches collaborateurs en poste ou frappés de déchéance, qu’il ne veut plus voir.

Comment pourrait-il résister à affronter ces regards inquisiteurs, courtisans et en quête des postes dans la haute administration ou dans le gouvernement? Paul Biya (qui a plongé ses affidés dans l’embarras et le suspens à cause d’un remaniement gouvernemental qui se fait longuement attendre), a voulu s’élever avec indignation contre des courtisans. Pouvait-il résister à l’assaut des hypocrites, quelques incrédules dont la propension à verser des larmes de crocodiles, pour des intérêts non affichés (mais destinés et dirigés vers des postes qu’on convoite) serait plus perceptible ?

Outre cette bataille de fauves de la Haute-Sanaga qui se dessinait à l’horizon, le couple présidentiel, Paul Biya particulièrement, a voulu esquiver la rancune de ses beaux parents qui se souviennent et auraient pu l’interpeller sur le décès en prison de Dieudonné Angoula. Le régime Biya, on se souvient l’avait pratiquement broyé. Traumatisé à la maison d’arrêt de Kodengui dans des conditions inhumaines, l’ex-directeur des télécommunications et beau-père du président Paul Biya, détenu dans la prison de Kondengui depuis 1999, dans le cadre du « Mounchipougates», succombe samedi 12 décembre 2009, dans le dénuement et l’indifférence totale à l’hôpital central de Yaoundé des suites d’une méningite virulente dont il était pourtant vacciné.

Pour la petite histoire, des sources proches de la famille, révèlent que Dieudonné Angoula et Soumbou Angoula le chef des Yezoum, tous les deux des cousins, ont chacun joué un rôle déterminant dans la relation idyllique qui s’est nouée entre le chef de l’Etat Paul Biya et son épouse. Le premier a joué le rôle de parent à Chantal Biya, pour avoir reçu la demande en mariage de Paul Biya et parlé comme représentant de la belle-famille du président de la République. Le chef des Yezoum avait quant à lui, conduit et parlé au nom de la délégation conjointe de la famille du prince. Des années sont passées, le dira-t-on. Mais la sagesse africaine veut que dans chaque contrée, chaque village, qu’il existe des «fous» du village, qui tels des juifs… pardonnent, mais n’oublient jamais. L’option de Mvomeka’a fait éviter, le tribunal des Nanga-Eboko.

 

 

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