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Nécrologie: Le PDG de Total meurt dans un crash d'avion à Moscou

Nécrologie: Le PDG de Total meurt dans un crash d’avion à Moscou

Au moment où il manœuvrait pour décoller, son jet privé est entré en collision avec une déneigeuse dont le conducteur était ivre. Les quatre passagers sont morts sur le coup.

La communauté économique française et même mondiale, est en deuil. Depuis lundi soir, Christophe de Margerie, Pdg du groupe français Total, a trouvé accidentellement la mort à Moscou aux alentours de 23h57, dans la soirée du 20 octobre 2014. Son jet privé, un Falcon-50, est entré en collision avec un engin de déneigement qui était présent sur la piste, alors que l’appareil du milliardaire manœuvrait pour décoller de l’aéroport international de Vnoukovo, en partance pour Paris. Les trois membres d’équipage et le patron de Total,  qui venait de s’entretenir avec le Premier ministre russe Dmitri Medvedev à propos d’un projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel, sont morts sur le coup. Le conducteur de l’engin qui a causé ce crash s’en est sorti indemne. Les premières conclusions de l’enquête indiquent qu’il était ivre.

Depuis la confirmation par le Groupe Total de cette triste nouvelle, quelques temps seulement après le tragique accident, les réactions fusent. De nombreuses personnalités françaises ont rendu hommage à celui qui avait gravi les échelons de la plus grande entreprise de l’Hexagone, avant d’en devenir le directeur général en 2007, puis Pdg en 2010. Le chef de l’Etat français, François Hollande, a salué le « caractère indépendant » et la « personnalité originale » de Christophe de Margerie, patron d’une entreprise qu’il avait« hissée au rang des toutes premières » dans le monde. Vladimir Poutine, le président russe, déplore la mort« d’un vrai ami de Russie » qui avait contribué à réchauffer davantage les relations franco-russes.


40 ans au service de l’entreprise

C’est en réalité un coup dur pour la France de perdre cet homme très dynamique, malgré ses 63 ans et une longue carrière de 40 ans au sein de Total. C’est en effet en 1974 que, tout fraichement diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris (Escp), Christophe de Margerie entre à Total à la direction financière. D’après ce qu’il aimait raconter, il y entre « uniquement parce que c’était l’entreprise la plus proche de chez lui ». Petit à petit, il gravit les échelons. Et en 1995, il est nommé directeur général de Total au Moyen-Orient.

C’est par la suite qu’il entre au comité exécutif, pour être ensuite copté comme directeur général pour l’exploration et la production en 1999. C’est à ce moment là qu’il apparaît comme le dauphin de Thierry Desmarest. Finalement, le 13 février 2007, il est nommé directeur général du groupe Total par le conseil d’administration, Thierry Desmarest demeurant président dudit conseil  sans mandat exécutif jusqu’au 21 mai 2010, date à laquelle Christophe de Margerie le remplace à cette fonction et devient Pdg.


Total en Afrique et au Cameroun

L’entreprise qu’il laisse si brusquement fait partie des supermajors, c’est-à-dire des six plus grosses entreprises du secteur pétrolier à l’échelle mondiale, avec ExxonMobil, Shell, Chevron, BP et ConocoPhillips. Total est la première entreprise française en termes de chiffres d’affaires, la 5e en Europe et la 11e entreprise mondiale, selon les données de 2013. Au 31 décembre 2013, c’était la première capitalisation boursière de la zone euro. Ses activités couvrent l’ensemble de la chaine de production, de l’extraction du pétrole brut et du gaz naturel à la création d’énergie, le raffinage et l’exploitation commerciale.

Total exploite un réseau de près de 17 000 stations-service dans le monde, dont environ 50% sont détenues en propre, et principalement implantées en Europe et en Afrique. Ce continent, justement, représente gros pour l’entreprise. La répartition géographique en 2005 montrait que l’Afrique représentait 751 000 barils de réserve par jour, 2e juste derrière l’Europe qui en avait 770 000. En ce qui concerne les réserves, l’Afrique était première avec 3,394 millions de barils équivalent pétrole par jour, devant l’Europe (2,789 millions).

Pour le cas particulier du Cameroun, en plus des nombreuses stations-service, Total s’était associée à Pecten-Cameroon company pour investir 11 millions de dollars (environ 5,5 milliards Fcfa) dans l’exploitation du bloc Dissoni dans le Rio del Rey. Mais sa présence reste toujours collée à une affaire de corruption. Total avait été visé par une enquête préliminaire, ouverte le 8 janvier 2007 à Paris, sur des faits de « corruption d’agents publics étrangers » et « d’abus de biens sociaux ». La justice française enquêtait sur des mouvements de fonds suspects ayant transité, entre 2005 et 2006, par des banques françaises (dont Lcl et Bnp Paribas) au profit d’Adolphe Moudiki, alors directeur général de la Société nationale dse Hydrocarbures (Snh). Les fonds auraient été reversés via Tradex (dont l’Etat camerounais est actionnaire majoritaire), et de la société suisse de négoce de pétrole Addax.

 

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