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Nana Sandjo Jean Paul, le nouveau D.G de Camair-co aux commandes.

Nana Sandjo Jean Paul, le nouveau D.G de Camair-co aux commandes.

Aussitôt nommé, M. Nana Sandjon Jean Paul, jusque-là maire de la commune de Bazou dans le département du Ndé, a été installé ce 25 juin 2014 à Douala dans ses nouvelles fonctions de Directeur Général de la Cameroon Airlines coorporation par le Ministre des transports.

Les choses sont allées aussi vite qu’un avion. Cinq jours seulement auront suffi pour que le nouveau DG de la compagnie nationale aérienne prenne ses fonctions. En effet, c’est ce 25 juin 2014 que la maison du parti RDPC de Bonanjo à Douala a servi de cadre à la cérémonie d’installation. Etaient présents, les hautes autorités du pays, le gouverneur de la région du Littoral, les chefs traditionnels venus de l’Ouest et du Littoral, des militants du parti RDPC, le personnel de Camair-co, les journalistes qui ont battus le rappel des troupes, témoignant ainsi l’importance de l’événement. Très courue, cette cérémonie n’avait cependant pas connu toute son allure festive. La raison ne se cherche plus, Camair-co se trouverait dans un état comateux gravement inquiétant, faisant penser à certains que l’entreprise agonise.

Robert Nkili, Ministre des transports dans son allocution qui était d’ailleurs l’unique articulation de la cérémonie, a délié sa langue pour rappeler le nuage qui a favorisé l’extinction de la moribonde Camair-co. Le ministre ne souhaiterait pas revenir de si tôt  et dans les mêmes lieux, installer un autre D.G, a-t-il prévenu en substance le nouveau promu. Le constat est clair, en 9 ans seulement, Nana Sandjo J ean Paul devient le 5ème DG de la compagnie aérienne nationale camerounaise, après le Français Gilbert Mitonneau, les Néerlandais Alex Van Elk et Matthijs Boertin, puis le Camerounais Frédéric MbottoEdimo. A en croire Frédéric Djeuhon,  un proche du nouveau DG, avec l’arrivée du sapeur pompier, il faut être optimiste : « Nana Sandjo Paul porte un grand espoir pour Camair-co. Avec son mérite personnel, sa parfaite analyse situationnelle de l’entreprise et son carnet d’adresse, il s’agira maintenant de renforcer ses moyens pour améliorer la flotte, acquérir de nouveaux équipements et ainsi fidéliser la clientèle. Je reste persuadé qu’il est rompu à la tâche», confiera-t-il.

L’homme de la situation ?

Le feuilleton de la promotion de ce spécialiste en aéronautique à la tête d’une entreprise considérée par une importante frange de l’opinion comme une baudruche vide, commence par un conseil d’administration extraordinaire tenu à Yaoundé le 20 juin 2014. Au terme de cette rencontre au sommet fortement attendu, compte tenu de la zone de turbulence que connaissait cette compagnie, ce natif du Ndé, jusque-là administrateur, a eu le grade du désormais premier pilote de Camair-co. Aura-t-il suffisamment de cran pour remettre sur la piste cette entreprise moribonde dont beaucoup pensent qu’elle a été mise au bord du gouffre par  Frédéric MbottoEdimo, arrivé à la tête de cette compagnie seulement le 11 septembre 2013 ? En attendant d’en avoir le cœur net sur ses capacités à relever les défis qui l’attendent, le ministre de tutelle a d’ores et déjà instruit le « nouveau patron des oiseaux » d’en finir avec les « dépenses de prestige ». Dans ce chapitre, il devra définir et appliquer de manière rigoureuse une politique qui vise à accroitre les ressources de la compagnie dont il a désormais la charge, tout en réduisant au maximum les sorties de capitaux (recrutement des personnels superflus et le loyer qui a couté jusqu’à 17 millions par mois avant l’arrivée de Frédéric Mbotto, etc.).

Certains analystes pensent que  le « new comer » serait déjà en train de frapper aux portes de Kondengui, dans la mesure où ses prédécesseurs n’ont pu éviter de créer des gaps financiers dans la gestion de l’entreprise. A titre d’illustration, M. Mbotto Edimo, le DG sortant, aurait trouvé un déficit de 16 milliards avant sa prise de fonction. Malgré son plan d’urgence de redressement, il en a ajouté 4 milliards. NSP trouve donc une corporation qui totalise 20 milliards de déficit. Quelle formule doit-il utiliser pour résoudre cette équation à plusieurs inconnus ? Il lui faudra d’abord arrêter le saignement de la plaie, recouvrer l’argent que ses prédécesseurs ont dilapidé ; ensuite, établir aussi son plan d’urgence qui vraisemblablement supprimerait des emplois.

Nana Sandjo Jean Paul était administrateur indépendant de la société avant la date de sa nomination le20 juin 2014. Il a été  un fournisseur de longue date de l’entreprise. Preuve qu’il maitrise parfaitement les difficultés financières dont Camair-co est sujette. Il est aussi bien conscient du caractère essentiellement éjectable de son fauteuil. Situation qui lui imposera des nuits blanches pour sauver ce qui reste à sauver. Le ministre des transports l’a rassuré de sa franche collaboration. Pour être plus efficace, il devra créer un climat favorable au décollage de ce que les Camerounais ont affectueusement appelé à une époque récente la « onzième province ». Pour y parvenir, le patron de Camair-co doit donner à sentir à chacun de ses collaborateurs qu’il compte dans la réussite des missions à eux dévolues, car les grands succès sont d’abord et avant tout des succès collectifs. D’où ce conseil de sage :« Votre intelligence sera la somme des intelligences de vos collègues », a reprécisé Robert Nkili avant d’ordonne rà NSJP d’aller partout au Cameroun dans le but de corriger les dysfonctionnements où Camair-co a des points focaux.

Pour finir, convient-il de noter que les camerounais ont encore tristement en mémoire, le voyage retardé des lions indomptables qui ont finalement foulé le sol brésilien grâce à un avion angolais. Sans être radicalement superstitieux, l’on pourrait croire que de tels tableaux infâmes auraient contribué  à la débâcle de nos valeureux soldats. Surtout qu’on se souvient de l’heureuse participation  du Cameroun au Mondial italien de 90 où les lions ont voyagé avec le « Dja » de Camair, ancêtre de Camair-co et les résultats avaient permis de propulser le pays de Roger Milla au-devant de la scène mondiale. Pendant la cérémonie d’hier, le ministre a annoncé l’acquisition des nouveaux aéronefs d’ici la fin 2014. Une nouvelle ère qui présagerait le meilleur dans le ciel de la compagnie aérienne nationale. En espérant que les mêmes causes produiront des effets différents, NSJP, le maçon, sera jugé au pied du mur.

 

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