Musiques et danses patrimoniales: instruments et tenues s’exposent

Ils sont les grandes vedettes d’une exposition au Musée national, village du festival.

Acôté du brouhaha produit par les différents groupes de danse à l’occasion du Festival de musiques et danses patrimoniales (Fesmudap), règne une ambiance studieuse dans la cour du Musée national à Yaoundé. Sous des tentes, le petit Armand Zambo écoute studieusement Jasmin Soungouang, artiste, explique l’origine d’un instrument particulier le Ye-ndem. Il s’agit d’une guitare et d’une Sanza en combinées en un élément. Après des explications sur la genèse et sur le matériel de fabrication du Ye-ndem, Armand Z. et ses trois compagnons ont eu le privilège d’apprendre à jouer de l’instrument. Près de là, c’est l’atelier Balafon – tambour. Ici, le nombre d’apprentis  est plus important. Environ une dizaine d’enfants dont la tranche d’âge varie de 3 à 15 ans, s’imprègnent des secrets de fabrication et des astuces de jeu de ces instruments. Même ambiance du côté de l’atelier d’apprentissage de la flûte.
Le second stand était réservé à l’exposition des tenues de danse traditionnelle. Ici, tous les groupes ethniques étaient représentés, des grassfields, en passant par celles des Fang-beti-bulu, les soudano-sahéliens et les sawa. Une similitude a pu être observée sur les tenues Centre-Sud et Est. Toutes faites à base  de raphia et  ornées de cauris, et de plumes multicolores. La région de l’Ouest a aussi étalé sa diversité culturelle à travers cinq tenues enfilées pour exécuter des danses traditionnelles. Notamment, la tenue réservée à la danse Nsorro, intervenant dans la préparation de la guerre ou alors au retour d’une guerre.
Il s’agit d’un boubou vert en coton parsemé de coques d’escargot, de statues miniatures, entre autres. Accompagné d’accessoires comme les colliers, sacs en peaux d’animaux et des longs colliers et un fusil. Plusieurs autres tenues de l’Ouest étaient également en vitrine. Les tenues de danse traditionelle des autres régions étaient en bonne place avec un long Kaba pour le Littoral, pour le Nord des morceaux d’étoffes en coton cousus sous forme de jupe et culotte.
 

Ils ont dit

 

Genesis Ayuba: « Heureux de danser sur notre terre d’accueil »

Danseur du groupe des réfugiés

« Nous sommes refugiés au Cameroun depuis que les troubles ont commencé dans nos pays d’origine. Moi je viens du Nigeria. Nous sommes  très honorés d’avoir été invités par les autorités camerounaises pour participer à ce festival. Nous sommes heureux de chanter et de danser ici sur cette terre d’accueil. Notre danse n’a pas un message particulier, juste un geste de gratitude et d’espoir. »

 

Mrs Chioma Keke: “We Are Happy To Partake In This Festival”

President Nigerian Iyanya Dance group

“We are here to participate in this Cameroonian Cultural week. We are happy to be part of this wonderful ceremony today because we have joined our Cameroonians brother to celebrate in cultural heritage. In Nigeria we have many dance groups such as the Iyanga dance, Ekombi dance, Ogele dance, the Ekpe dance amongst others. Today we presented the Iyanga dance which is a nyanga dance to demonstrate our cultural heritage of Nigeria. We decided to dance the nyanga dance to display our national colours that is why all the women are dressed in the national colours.”

 

Baka Baka, l’homme de la forêt: « Ce festival nous rend visibles »

Chef du groupe « Baka-Baka » (Est)

« Nous avons plusieurs danses, entre autres la « réjouissance » qui exprime la reconnaissance du bien ou du mal.  En tant que représentant du groupe Baka-Baka, nous sommes très émus de représenter notre savoir-faire à ce festival. Au travers de cette plateforme, le ministère des Arts et de la Culture nous permet d’être visibles. Les Camerounais sont désormais conscients de notre savoir-faire. »

 

Vincent de Paul Tassona: « Une opportunité pour promouvoir notre culture »

Promoteur des danses traditionnelles « Gbayas » (Adamaoua)

«Nous présentons la danse des jumeaux « Na ’a-da » principalement, qui signifie la mère des jumeaux en français. Lorsqu’une femme fait des jumeaux dans la communauté « Gbaya », il y a des rites qui sont faits avant de présenter l’enfant à la population. Ces rites qui sont effectués par des vieilles dames initiées. D’où cette danse, accompagnée de  cette hutte que nous avons construite à proximité. Nous avons ainsi saisi cette opportunité pour promouvoir notre culture. »