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Musique:Retour à l’authenticité de Dede Bass

Musique:Retour à l’authenticité de Dede Bass

A l’occasion de la présentation de son album au public camerounais, l’artiste musicien Dede Bass a voulu faire le tour complet des problématiques qui minent le secteur de la musique qui devrait prendre dans les prochains jours un tournant décisif. Entre folklore, tradition et maux de la société, cet opus de 13 titres savamment concocté fait voyager les mélomanes en pleine culture Bafia.

« L’oiseau vole toute la journée et le soir lorsqu’il rentre pour se coucher il ne dort jamais affamé et ne se trompe jamais de nid » tel est la première phrase de Dede Bass pour expliquer aux nombreux journalistes présents, venus assister à la présentation de son tout premier album, l’importance de croire aux bonnes œuvres du Créateur. Lui étant une illustration parfaite, en 1990 avait réussi grâce à son talent, a accompagner dans leurs tournées le groupe Zekete Stars qui posera ses valises au Nigeria.
Ayant quitté le Cameroun pour la France afin de faire fortune, Dede Bass enregistrera d’abord plusieurs collaborations fructueuses avec des artistes camerounais de renom tel que Kotto Bass, Sam Fan Thomas, Lapiro de Mbanga et Nguéa Laroute.

Avec Kotto Bass, il aura le privilège de participer à la réalisation des chansons « Ok Mado » et « ça dépend de nous » et plus tard engagera un projet musical avec des jeunes artistes en herbe tels que Papa Zoe, Sergeo Polo et Eric Sefu. Cette dernière aventure moins fructueuse lui permettra d’écrire plusieurs chansons. Il s’envolera finalement en 1998 pour Paris avec sa réputation de doué. C’est comme cela qu’il est sollicité par Papa Wemba en 2000 pour un concert au Zenith de Paris à guichet fermé où il faisait partie du Groupe Copton Family qui l’avait adopté à son arrivée. De fil en aiguille, le jeune artiste Dede Bass va être associé à plusieurs travaux de studio d’artistes de renommée internationale tels que le General Defao, Werrason, Bozi Boziana, Koffi Olomidé, Adolphe Dominguez, etc. Mais coup de tonnerre !

En 2002, il abandonne la musique pour suivre une formation dans les métiers du bâtiment. Pendant dix années la maçonnerie, la plomberie, le carrelage, le plâtrage, la plomberie, etc. seront passé en revue. Tout de même en 2006, il sera convaincu par son ami Bobby James Nguimé qui a voulu qu’il participe dans la réalisation de son album. Il reprend sa guitare Bass et profite pour également participer à la réalisation de celui de Consty Adeva.

Aujourd’hui fier de trainer 27 ans d’expérience dans le monde musical, Dede Bass de son vrai nom Démosthène Bienvenu Dong à Kédi rentre aux sources avec la mise en exergue dans son album du Mbala ; un rythme type du Grand Mbam du Cameroun.

Très loin du concours national des jeunes artistes « Epis d’or » organisé par le Gouvernement qui avait comme représentant le feu Ministre Henri Bandolo et qui verra le désormais Dede Bass participé avec le collège Johnston éblouissant au passage le public venu au Palais des Congrès, l’actuel originaire de Mouken de par ses parents compte imprimer son empreinte dans l’évolution de la musique  africaine et camerounaise en particulier.

Réaction de l’artiste Dede Bass Vuvuzela Triple A

Quel est le message que vous voulez envoyer aux hommes de culture et mélomanes ?

Le message à l’endroit des artistes et hommes de culture je ne puis les envoyer parce que je ne suis pas un messager. Je suis artiste et me considère comme quelqu’un qui devrait avoir un message porteur. Un message qui donne de l’espoir à la jeunesse, me considère comme quelqu’un qui détient un témoin qui m’a été transmis par les générations précédentes. S’ils ont foiré en me passant le témoin qui est tout froid et que je passe mon temps à pleurnicher sur « ils auraient fait çi ou çà », le temps fait son temps et il n’attend pas le mien. Justement il fait le sien et c’est à moi de me rendre compte qu’il est là. Lorsque la génération future me demandera « Grand frère pourquoi tu nous donnes un témoin qui est tout froid et qu’est-ce que tu en as fait ? » Je ne leur répondrais pas « Mais les grands frères ils me l’ont donné comme cela ! »
Je voudrais avoir un message porteur à l’encontre des jeunes pour leur dire qu’il ne faut jamais attendre que l’on fasse des choses à ta place car comme dit le verset biblique « Aides-toi et le ciel t’aideras ». Ce n’est pas à force de pleurnicher que quelqu’un va venir sécher tes larmes. Pour faire sortir un sanglier, il faut remuer le maquis.
J’ai un message à l’endroit de la société et si les hommes de culture ou les artistes se reconnaissent dans celui-ci tant mieux. Moi je ne pense pas me résumer aux histoires de type de musique qui fait l’apologie de dessous de ceinture. Je suis auteur compositeur, si vous me posez des questions sur des chansons à moi je vous répondrais car j’explique des choses sur le train-train quotidien, la vie quotidienne, etc. Si les autres chantent ce qu’ils chantent je ne vais pas aller expliquer leurs chansons.

Dede Bass est un auteur compositeur arrangeur qui doit vivre du fruit de son travail. Que pensez-vous de la gestion du droit d’auteur au Cameroun ?

D’abord il faut définir ce que c’est que l’art. Pour ma part l’art est une création fantaisiste de l’imagination. La principale valeur de l’art réside dans la morale qui l’inculque qu’à l’artiste. Je pense que pour les valeurs morales, je les ai. Le Cameroun a une valeur morale parce qu’il est poli et de gentil. Je me souviens qu’à une époque lorsqu’un ami voulait aller donner une gifle à une personne d’horizon différente, nous lui répétions qu’on ne fait pas cela à un étranger.
Le Camerounais est un mélomane, il connait la musique. Il arrivera où plusieurs personnes en auront marre de cette musique à la con et dirons çà on n’en veut plus et n’en avons pas besoin.
Concernant le droit d’auteur, cela me fais rigoler car une conscience il faut qu’on en est. La conscience est le reflet du miroir. Tu ne peux pas te mettre devant le miroir et cligner l’œil sans t’en rendre compte à l’instant. Ils ont des consciences ceux qui s’occupent du droit d’auteur. Comment peut-on m’expliquer qu’un Monsieur qui a des enfants, toute une famille, tombe malade, est musicien et à des chansons qui jouent partout dans des radios, dans ds cabarets, bars dancings, etc. et n’a pas d’argent pour s’acheter des médicaments. On se moque de qui ? Est-ce que des gens ont une conscience ! Un musicien qui n’a pas un comprimé à boire alors qu’il a ses droits d’auteurs dorment dans des caisses ! Pendant que des gens se bagarrent, se tiraillent les chemises et se lancent des tomates pour aller gérer cet argent-là, pendant ce temps l’autre il clapse. Pour l’instant je reste à distance de tout cela car je n’aime pas qu’on vienne me chercher des poux sur la tête.

Concernant la piraterie qui a pignon sur rue au Cameroun. Etes-vous sûr de rentrer dans votre investissement ?

Oui c’est une question déjà posé à laquelle je réponds simplement que j’ai laissé la musique pendant dix ans. Le tout n’est pas de conjuguer les verbes !
Pendant dix ans, j’ai suivi des formations comme carreleurs, maçons, peintres, etc. C’est pas de l’ironie non plus de l’arrogance en disant aux jeunes qui ont perdu espoir qu’il ne faudrait pas perdre espoir car tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir.
J’ai quand même le droit de parler de mon parcours ! Si pendant dix ans il arrive qu’on ne me donne pas mes droits d’auteurs je ne vais pleurnicher sur mon sort car je pourrais aller faire du carrelage ou de la peinture, etc. Il ne faut jamais baisser les bras et aller jusqu’au bout et s’il arrivait de me dire que les mélomanes vont forcément acheter pour que je vive encore qu’il faut que mon album soit bien fait, il est bien fait parce que j’ai pris du temps et mis du temps pour sa réalisation.

 

 

 

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