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Musique: Jean-Pierre Essome annonce la sortie de deux singles «Elokotoko» et «Djomba Bobé»

Musique: Jean-Pierre Essome annonce la sortie de deux singles «Elokotoko» et «Djomba Bobé»

Il est resté un peu dans le style qu’on lui connait, mais a fait un petit voyage du côté de l’Ouest-Cameroun, où il lui a été révélé le secret du rythme Ben-skin qui ajoute une couleur assez particulière à ses chansons pour un résultat tonifiant en termes d’ambiance.

Il faut dire que le titre «Elokotoko» qui sort à la fin de ce mois de mars et dont le vidéogramme a été tourné le weekend dernier ainsi que le titre «Djomba Bobé», incendieront les dancefloors d’ici quelques semaines. L’artiste a fait le choix de faire danser et ses cibles ne sont autres que les clubs, où se ruent les férus des soirées récréatives. Le premier évoque le quotidien des camerounais et bute sur un message d’amour et de paix, seuls gages pour un devenir positif et le second relate les péripéties d’un amoureux avide de la présence de sa bien aimée, victime alors d’un «amour sans pitié qui fait des dégâts».

Deux titres très enlevés qui viennent à la suite de «Les Maris infidèles» en featuring avec la chanteuse française Sophia Miller (qui intervient dans les chœurs de Michel Jonas). Jean-Pierre Essome va ainsi véritablement se lancer sur une série de singles, pour pallier à la conjoncture qui sévi dans le milieu: “Actuellement, nous faisons des singles parce que le marché ne nous renvoi rien, quand vous mettez les cd dehors, ils sont piratés. Quand vous diffusez les clips à la télé et que les droits d’auteurs arrivent, la ministre Ama Tutu Muna s’arrange à mettre les personnes qui vont tout phagocyter. Tenez par exemple, Odile Ngaska qui était de passage à la SOCAM, il se dit qu’elle a détourné plus de 750 millions de francs, pendant que les artistes mourraient de faim», nous expliquera-t-il.

Sinon, Jean-Pierre Essome n’a jamais véritablement quitté la scène. Sollicité de temps à autre, c’est avec plaisir qu’il communie avec ses fans dès que l’occasion se présente: «Je me produis toujours en spectacle, déjà parce que je suis musicien et aussi parce qu’il faut bien que je vive en faisant danser mes milliers de fans ». Mais le coup de gueule n’est jamais trop loin: «Je dois continuer à exister car je ne suis pas désespéré et je sais qu’Ama Tutu Muna finira par partir. Vous savez, depuis que je chante, j’ai vu passer beaucoup de ministres, seulement, qu’est-ce que l’histoire retiendra d’elle? Là est la question», ajoutera-t-il.

L’homme se réjouit de ce qu’à l’extérieur, ses œuvres soient toujours bien accueillies: «J’ai la chance d’écrire des œuvres qui soient appréciées à l’extérieur et si vous consultez ma page facebook, vous vous rendrez compte que j’y suis régulièrement invité pour des séries de spectacles». Mais son souhait reste que les artistes soient reconnus dans le terroir: «Vous savez, dans le cœur de tous les artistes, c’est d’abord le pays qui compte. le Cameroun représente 50% de nos revenus et quand vous les perdez comme ça à cause de tout ce qui se vit actuellement, c’est vraiment navrant».

Pour Jean-Pierre Essomè, ces artistes qui ont malheureusement perdu cette dimension internationale, se retrouvent orphelins à 100% des retombées de leurs œuvres. Sa stratégie, faire des collaborations avec des étrangers à l’instar de celle avec Sophia Miller, aux fins de pénétrer d’autres marchés.

A la question de savoir à combien se vendent ses œuvres aujourd’hui, J-P Essomè étend sa désillusion: «Je ne sais même plus si elles se vendent. Les producteurs étant quasi inexistants, j’ai dû produire mon dernier album à mes frais propres et j’ai confié la distribution à Culture Mboa et à l’instant où je vous parle, je n’ai jamais eu de suite de la part de Ruben Binam».

L’auteur de «Tchakala» dit également ne savoir que faire pour la distribution de ses nouveaux singles. Une fois encore, il tire sur le ministère des arts et de la culture: «Et ils sont nombreux, ces artistes qui vivent la même situation, ils ne savent plus quoi faire de leurs œuvres, or il y a un ministère en charge de la culture qui fonctionne et paie des salaires à des fonctionnaires pendant que la culture se meurt». Il ajoutera que: «Tout ce que la ministre pense à faire c’est d’acheter du matériel de sonorisation à plus de 2 milliards de nos francs, c’est pour que qui se produise avec? Tout récemment, nous avons appris qu’elle venait d’ouvrir un hôpital. Dites-moi un peu, que fera encore le ministre de la santé dans ce cas? C’est vraiment lamentable! », a-t-il conclu.

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