Muhammadu Buhari en visite au Cameroun les 29 et 30 juillet

La visite du président de la République fédérale du Nigéria a été confirmée lundi par les services de la présidence de la République du Cameroun. «A l’invitation de Paul Biya»

Muhammadu Buhari, le chef d’Etat nigérian, se rend en terre camerounaise mercredi 29, et jeudi 30 juillet,«à l’invitation de Paul Biya», a annoncé ce lundi le cabinet civil de la présidence de la République. Il s’agit d’une «visite d’amitié et de travail», indique la présidence camerounaise.

Attendue depuis quelques semaines, la visite du président de la République fédérale du Nigéria survient dans un contexte marqué par une résurgence de la menace Boko Haram sous forme d’attentats suicides, perpétrés ces dernières semaines dans la région de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigéria dans certaines de ses localités.

Le Cameroun, fait partie avec le Tchad et le Niger, des pays de la coalition formée pour lutter contre la secte Boko Haram. Le président nigérian, investi dans ses fonctions le 29 mai, s’est rendu au Niger et au Tchad les 03 et 04 juin derniers. Il avait annoncé qu’il se rendrait au Cameroun après la fin du jeûne de Ramadan.

Les questions sécuritaires devraient donc être au menu des échanges entre les deux chefs d’Etat, surtout qu’on a longtemps prêté au prédécesseur de M. Buhari, Goodluck Ebele Jonathan, des divergences avec le chef de l’Etat camerounais sur la manière de conduire la lutte contre le terrorisme. Avant d’entrer en guerre contre la secte, le Cameroun s’était régulièrement opposé au droit de poursuite sur son territoire; ce que le Nigéria a rendu au Cameroun par la suite en autorisant uniquement le Tchad à poursuivre des combattants de Boko Haram sur son territoire.

Lutte contre le terrorisme
Le Cameroun et le Nigeria partagent une longue frontière terrestre et maritime de 1500 Km qui s’étire entre l’Etat de Borno jusqu’à la région du Delta du Niger dans le Sud.

Les deux chefs d’Etat devraient également approfondir la question de l’opérationnalisation de la Force multinationale mixte de 8700 hommes devant être déployée contre Boko Haram. Au lieu de l’attente d’un vote du Conseil de sécurité des Nations Unies – qui tarde à se concrétiser – le président nigérian a proposé, le 11 juin dernier, que les pays de la Commission du bassin du lac Tchad prennent en main le financement de cette Force. On sait pour le moment que son quartier général sera basé au Tchad et qu’elle sera commandée par un général nigérian. LA République fédérale du Nigéria, par la voix de son président, a promis d’apporter 100 millions de dollars à cette force.

Lors de cette visite de travail, les questions économiques devraient être également abordées. Deuxième fournisseur du Cameroun, après la Chine, mais devant la France, le Nigéria a vu ses échanges connaitre un coup de frein avec l’entrée en guerre du pays que dirige Paul Biya, contre le groupe terroriste Boko Haram.

A Yaoundé, il est par ailleurs prévu une rencontre entre Muhammadu Buhari et la communauté nigériane, investie principalement dans les affaires (commerce de pièces détachées, vente de détail, etc.) Sur le plan humanitaire, le Cameroun abrite, à l’Extrême-Nord, plus de 44 000 réfugiés nigérians, qui ont fui les exactions de Boko Haram.

A propos de la secte, la visite de Muhammadu Buhari devrait permettre aux autorités camerounaises d’avoir une meilleure lisibilité des mesures prises par le Nigéria pour assurer l’intégrité de son territoire, au vu de l’intensification des actes du groupe terroriste dans le Nord-Est du Nigéria et dans les pays voisins (Cameroun, Tchad, Niger). Depuis fin mai 2015, Boko Haram a fait plus d’un demi-millier de morts au Nigéria, dans des assauts, explosions et attentats-suicides.