Moussa Haïssam ouvre la boîte de Pandore et dévoile…

Moussa Haïssam ouvre la boîte de Pandore et dévoile…

« Chacun a sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé… »

 

Le droit d’auteur connait une série d’évènement qui pousse à croire que tout est mis en œuvre par les forces rétrogrades pour faire trainer ce secteur dans la boue. Avec un contentieux qui aujourd’hui prouve pour le démontrer qu’une conspiration a été à la base des déboires de la CMC, la société mise en place a fermé boutique. On a alors passé sept ans pour rien et l’on n’a pas avancé d’un pas. Avec la dernière décision de la cours suprême, certains artistes et producteurs reprennent conscience et souhaitent un retour à la légalité. Pour mieux le comprendre, nous avons rencontré Moussa Haïssam producteur et éditeur de musique, ancien président du comité provisoire de gestion de la Socam après l’éviction d’Odile Ngaska. Une avalanche de révélations.

Monsieur Moussa Haïssam, après sept années de gestion du droit d’auteur au Cameroun avec la Socam, quels sont vos premiers constats ?
Avant toutes choses, je voudrais faire comprendre à tout le monde que le Cameroun est un Etat de droit. Et, le Président de la République, Son Excellence Paul Biya est un légaliste. Ceci étant dit, je voudrais souligner d’entrée de jeu que c’est un constat amer qui est à constater. Il a été question d’une manipulation qui, pendant sept années, a affaibli le secteur du fonctionnement du droit d’auteur au Cameroun. Primo, illégalement le ministre des arts et de la culture a mis un terme au fonctionnement de la CMC, secundo elle a mis en place une société de gestion collective dénommée Socam qui aujourd’hui est morte pour cause de gestion calamiteuse, tertio l’on a vu passer trois présidents de la commission permanente de gestion et de contrôle sous le règne de la Socam (CPMC) qui, au regard de leurs rangs n’ont pas pu redresser la barre, quarto le ministre a mis en place un comité de normalisation dont le mandat est arrivé à terme et dont on ne peut aujourd’hui évaluer le travail pour le simple fait que l’on veut apporter des amendements à la loi 2000 de feu le ministre Ferdinand Oyono alors que le Président de la République, lui-même, a qualifié ce travail de révolutionnaire. Et pour finir le contentieux CMC/Minacult nous fait comprendre, au regard des décisions de la cours suprême du Cameroun que nous avons passé sept années à combattre la CMC alors qu’elle avait raison sur toute la ligne.
Nous avons passé du temps à voir des gens qui ne nourrissaient que des intérêts égoïstes et égocentriques alors que sur le plan discographique, ils ne valent rien. Ceux sont ces gens qui, ayant l’onction du ministre Ama Tutu Muna, ont entrepris de tuer et par tous les moyens le fonctionnement et la gestion du droit d’auteur au Cameroun.

S’il faut faire aujourd’hui une rétrospection sur la naissance de la Socam dont vous avez été un témoin de premier rang, comment cela s’est passé et comment tous les acteurs du domaine de l’art musical ont réagi ?
Je suis producteur et éditeur depuis plus de trente années. Donc sociétaire. On nous a invité, dans une démarche légale et conforme aux statuts et au règlement intérieur à une assemblée générale de la Cameroun Music Corporation. Nous avons été surpris, cette journée, de constater que le Président du Conseil d’administration Mr Sam Mbende faisait l’objet de poursuite et de ce fait était arrêté par la police. Pendant ce temps, dans la salle du palais des congrès où se tenait les travaux, le Professeur Minkoa She dirigeait les travaux jusqu’au moment où Mr Sam Mbendè, accompagné de ses avocats et des huissiers entre dans la salle. Le Pr sentant surement qu’il évoluait dans l’illégalité, soutenu par un de ses acolytes en la personne de Blaise Kenné ont décidé de remplacer dans les textes le nom CMC par Socam. C’est la raison pour laquelle si vous parcourez les premiers statuts de la Socam, vous constaterez que c’était du CMC copier et mal copier. Et toute cette démarche a été accréditée par le Ministre elle-même qui donnait le ton en insistant sur le fait que tous les actes pris par elle comme ministre fessaient office de sauf-conduit. Dans cette lancée, c’est une avalanche de décisions contre la CMC qui ont été prise pour donner du crédit au fonctionnement de la Socam.

Vous êtes sans ignorer que le ministre à fait instruire des poursuites contre le Président du conseil d’administration de la CMC pour détournement de fond estimés à 100 millions de francs Cfa. Des fonds qui, selon certains documents étaient une avance des brasseries du Cameroun aux sociétés de gestion collective. Nous sommes ici en 2007. Qu’elle est votre part de vérité sur ce sujet ?
Avec beaucoup de recul et après avoir pris connaissance des éléments de preuves sur cette affaire, je comprends que nous avons été manipulés. Certaines personnes soutenaient mordicus que le Président Sam Mbendè avait effectivement détourné ces fonds et cette information a fait le tour des milieux des artistes qui, pour se donner une aura auprès du ministre, ont décidé de le diabolisé. Personnellement, je croyais que ces 100 millions sortaient de quelques parts et que sa destination ne nous avait pas été communiquée. Mais en regardant les dates, l’année et le mois, c’est là où je dis attention ! Sur ce point, la ministre s’est cassée la gueule. Par ce qu’en ce qui concerne ces 100 millions, je fessais parti de la commission ah-doc chargé de la répartition de décembre 2007. Dans cette commission, il y avait Messi Ambroise, Ange EbogoEmerent, FolyDirane et John Mina. Alors, nous avons travaillé, le Pr Magloire Ondoua, Président de la commission permanente de médiation et de contrôle est venu vérifier le listing des répartitions, il la validé et à viré de l’argent à Mr Jean Claude Laurent Directeur général de la CMC. C’est ce dernier qui a effectué la répartition. C’était la première répartition jamais effectuée au Cameroun. Elle était de 125 millions puisque dans nos caisses il y avait 25 millions. Je tiens à préciser ici que, tous les artistes ont émargé

Où est donc la responsabilité du PCA dans cette affaire ?
Je suis surpris aujourd’hui que l’on veut nous faire comprendre que ce sont ces 100 millions de francs Cfa qui ont fait l’objet d’un détournement. Il faut comprendre que c’est de la manipulation. Pour commencer le Président Sam Mbendè n’était pas au Cameroun et ensuite il ne s’ingérait pas dans la gestion quotidienne de la société puisqu’il y avait un Directeur général. Cette commission a travaillé et a bien travaillé. Il y avait même un certain Atango Atango qui était dans la commission de répartition de la CMC. Donc, la commission a présenté les travaux au comité ah-doc qui a contrôlé et soumis ce travail à l’appréciation du président de la CPMC qui a donné son quitus.

D’où vient-il aujourd’hui que madame la ministre se focalise sur cette affaire au point de vouloir mettre à l’actif du PCA de la CMC un détournement ?
En ce qui me concerne, je dirais que la ministre est mal entourée et mal conseillée. Raison pour laquelle elle est restée dans une logique qui ne fait pas prospérer le fonctionnement et la gestion du droit d’auteur. L’on ne comprend pas pourquoi elle a fait une fixation sur le PCA de la CMC au point de se permettre tous les travers qui discréditent la vision du chef de l’Etat concernant la gouvernance administrative et l’amélioration de la condition de vie des artistes avec la loi 2000 de feu le ministre Ferdinand Oynono. Pour ce dossier avec lequel on a diabolisé le président du conseil d’administration de la CMC, le président Sam Mbendè, j’affirme qu’il n’y a pas eu de détournement.

Après cinq années de gestion de la SOCAM par l’équipe du PCA Odile Ngaska, comment êtes-vous arrivé à la démettre de ses fonctions alors que son mandat courait encore ?
Il faut préciser que, lorsqu’il était question de la création de la Socam, je faisais partie de l’équipe de Roméo Dika qui a été battue par Odile Ngaska. Nous sommes en 2008. En 2011 il y avait une nouvelle élection ou j’ai donné un conseil à Roméo Dika de ne pas se présenter tout simplement par ce qu’en 2008 il a fait un AVC après les élections. Par la suite Elvis Kemayo est venu me voir pour me faire comprendre qu’il voulait être candidat à la présidence du conseil d’administration et qu’il sollicitait mon soutien. Je lui ai donné mon accord en précisant au préalable qu’au regard du contentieux qui existe entre la CMC et le ministère, la cours suprême avait donné raison à la société de gestion collective qui peut à tout moment revenir si la décision de la cours est exécutée. En regardant et en analysant le dossier à froid, beaucoup d’entre nous ont compris que tout était mis en œuvre pour nuire au président du conseil d’administration de la CMC.

Parlant donc de cette élection de 2011, il n’était pas possible pour Odile Ngaska de passer. Elle a eu le soutien d’un mécène nommé Raymond Tchengang pour battre ses adversaires alors qu’elle n’avait pas présenté le bilan de son premier mandat. Dans la tête de plusieurs d’entre nous, nous avons cru que Mme la ministre lui infligerait une sanction pour n’avoir pas respecté la procédure qui l’oblige à présenter chaque année un bilan de gestion au ministre. Pourquoi la ministre a laissé passer ? Là je ne peux rien vous dire. Elle a eu surement des raisons pour soutenir le maintien de cette même équipe. Et comme les artistes sont ce qu’ils sont, il faut souligner ici que l’argent était distribué dans la salle à l’effet de soutenir la candidature d’Odile Ngaska. Et, comme stratège, on retrouvait Roméo Dika dans le conseil alors que ce dernier était censé dirigé la campagne d’Elvis Kemayo. C’est ainsi que Elvis perd les élections et Odile reprend un autre mandat sans avoir présenté aux artistes le bilan du premier mandat.

Quelques mois plus tard, nous avons commencé par dénoncer la gestion d’Odile Ngaska au regard des éléments que nous apportait l’ancien Directeur administratif et financier en la personne de Fouda Ottou qui sortait des documents montrant des malversations de l’ordre de plus de 200 millions de francs Cfa. Ceci étant, je suis rentré au Gabon et entre temps, il y a eu un sérieux problème au sein du conseil d’administration entre la PCA, Roméo Dika et Raymond Tchengang. Ils ont décidé de virer Raymond Tchengang qui a dépensé plus de cent millions pour eux, de même que Ebeny Donald Wesley. Je suis appelé en urgence pour me faire dire que j’étais copté au sein du conseil pour remplacer Raymond Tchengang. C’est comme ça que je fais mon entrée au sein de ce conseil d’administration. Quand on fait appel à moi, je me dis : s’il y a un moyen de combattre un système, il est bon de le combattre de l’intérieur.

Mes premiers constats révèlent qu’il n’y a pas un service de comptabilité, pas de directeur financier, de même qu’un responsable de la documentation et des répartitions, le Directeur général englobait tous ces rôles. J’ai sollicité la restructuration et même, de revoir le fichier des membres de la Socam. Ce qui a été fait en novembre 2012 et nous avons débusqué plus de 500 faux artistes qui pourtant émargeaient dans les répartitions. Dans le fichier de nos clients, on m’a fait comprendre que seul la CRTV et les Brasseries du Cameroun reversaient leurs côte part. On ne nous a jamais dit que Nestlé, Guinness, Orange, MTN payaient.
Au moment où le nouveau président de la CPMC arrive, il convoque le conseil d’administration et la direction de la Socam à l’effet de voir clair dans le fonctionnement et la gestion des droits dans cette société. C’est là où nous découvrons tous, qu’au-delà des deux sociétés citées, MTN, Orange, Guinness, Nestlé et bien d’autres sociétés payaient normalement leurs droits. Alors que là nous n’avons aucune trace de ces fonds.

Dans un autre contrôle, le Président de la CPMC qui contrôlait à un moment les mouvements des comptes de la société va se rendre compte que l’argent destiné aux répartitions a disparu et sur plus de 100 millions, il ne restait que 500 milles francs Cfa. Une demande d’explication sera adressée au PCA par la ministre, et par la suite, la PCA reconnaitra les malversations en donnant des garantis que la Socam ne demandera plus cet argent le temps pour elle de procéder aux ajustements. Cette situation était tellement flagrante qu’il nous a été demandé par le président de la CPMC de nous désolidariser à défaut de pouvoir répondre de ces détournements. C’est ainsi que nous avons débouté le directeur général, de même que la PCA de leurs fonctions.

Quand vous arrivez il y a combien dans les caisses de la Socam ?
Sincèrement, il n’y avait pas plus de cinq cent milles. Lorsque les deux personnes citées plus haut sont démis, le conseil met en place un comité provisoire de gestion. C’est comme cela que je deviens le président du comité provisoire de gestion. Ce que je fais en premier, c’ests l’état des lieux avant de poser des actes de gestion. Ce que nous constatons c’est la catastrophe totale. Dix mois d’arriérés de salaire ; 12 mois de loyer impayés à Garoua ; 48 mois à Bafoussam ; 6 mois à Douala ; des charges fiscales et bien d’autres charges encore étaient non payées. Ou allait donc l’argent ? Et la fameuse répartition de plus de 200 millions annoncée en grande pompe avec des coûts de publicité, je vous fais savoir que c’était une grosse arnaque. Après audit l’on a compris que 89 millions étaient repartis. Et sur ces 89 millions, 18 millions avaient disparu. Ceux sont des faits réels. Tout un ensemble d’artifices était mis en place par divers responsables pour spolier les fonds des artistes et il ne fallait pas laisser prospérer cette pratique. Sur les sept comptes que possédait la Socam, nous n’avons trouvé que 240 milles francs Cfa. Pourtant, nous avons un déficit de plus cent millions de francs Cfa.

Avec cet état des lieux, comment êtes-vous arrivé à tenir six mois alors que les caisses n’étaient pas fournies ?
Lorsque nous avons déposé Mme Odile avec le concours du Président de la commission permanente Aba’a Oyono, nous avons demandé à ce dernier de nous financer par ce que à ce moment, les artistes attendaient une répartition. C’est dans cette lancée que la CPMC virera dans nos comptes la somme de 11 millions pour le fonctionnement. Cela se déclinait au règlement des commissions statutaires. Il faut dire que ces commissions  d’identification et de répartition n’avaient jamais siégées depuis que la Socam a commencé son travail. Ensuite nous avons demandé une petite somme pour permettre d’avancer quelques chose aux artistes. Nous avons donc reçu ces 11 millions et ensuite 40 millions pour repartir à près de 2000 membres. C’était juste pour donner de quoi calmer les artistes et le rapport de ces travaux a été déposé auprès du Ministre. Le ministre nous a promis près de 200 millions qui devaient nous permettre de faire une grosse répartition en Octobre 2013. Comme par extraordinaire, l’argent a été débloqué du trésor, mais la ministre nous a mis hors-jeu.

Qu’est ce qui fait que la Ministre ne puisse pas vous donnez de l’argent qu’elle a pourtant  promis pour la bonne marche de la société ?
C’est la question qu’il faut se poser aujourd’hui ! C’est là où nous avons compris que le ministère voulait nous utiliser pour se débarrasser du conseil et récupérer la société. Nous avons fait le boulot et j’ai risqué ma vie avec certains de mes collègues. C’était une espèce de hold-up qui a abouti sur le fait que c’est le ministère qui contrôlait finalement tout.

Vous estimez donc que si la Socam est morte, c’est aussi à cause du laxisme de Mme la ministre ?
Chacun a sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé. Primo il faut blâmer Mme Odile Ngaska dans cette affaire par ce qu’elle s’est ingérée dans la gestion au quotidien avec tout ce que a comporté comme dérives managériales. Secundo, il faut blâmer Mme la ministre qui n’a pas été rigoureuse dans le contrôle de gestion de l’entreprise. Elle a laissé faire et nous sommes arrivés à une situation dramatique. Nous même les artistes et producteurs sommes à blâmer pour n’avoir pas pu prendre en main notre devenir. Il faut reconnaître aujourd’hui que la ministre a frappé la CMC pour des motifs non fondés. Mais devant des dérapages flagrants, elle est restée muette des années durant sans lever le petit doigt en validant des incongruités comme la deuxième élection d’Odile Ngaska.
Aujourd’hui la Socam est morte !!!

Vous savez, on ne peut pas tricher tout le temps. Vous savez qu’on a retiré l’agrément à la CMC pour un motif qui ne tient pas. On a arrêté Sam Mbendè et on la accusé à tort pour un fait qu’il n’a pas commis. On nous a manipulé tous pour nous braquer contre cet homme. Aujourd’hui, tous ceux qui n’ont pas eu l’esprit de discernement dans cette affaire doivent lui demander pardon. J’ai aussi été victime de cette manipulation-là. Le même ministère qui a créé la Socam refuse aujourd’hui de renouveler l’agrément de cette société. C’est ce même ministère qui envoie aujourd’hui les artistes avec un camion du ministère pour aller récupérer le matériel informatique dans les anciens bureaux de la Socam et les stocker au ministère des arts et de la culture.

Peut-on considèrer cela comme une liquidation ?
Rien n’est liquidé, rien n’existe, mais tout est là. On assiste à un pillage organisé

Que pensez-vous du comité de normalisation mis en place par la ministre des arts et de la culture ?
Un comité de normalisation pour normaliser quoi ? Les textes ! Nous attendons de voir. L’on avait au préalable mis un comité de redressement. Qu’est ce qu’il y avait à redresser ? La Socam ? Elle n’est plus à redresser puisque son agrément n’est pas renouvelé.  Depuis que le droit d’auteur existe au Cameroun, on n’a jamais vu ce qui s’est passé avec la socam. C’était de la catastrophe. C’était la cours du roi Petto ou chacun pouvait faire ce qu’il veut et comme il le veut. Suivez mon regard. Et là ou j’ai peur aujourd’hui, c’est sur les répercutions internationales. Nous risquons des procès dans la mesure où la Socam a perçu de l’argent à travers le compte d’affectation spécial. Il faut comprendre que ce ne sont seulement pas que les œuvres musicales camerounaises qui sont jouée au Cameroun. A travers les versements de nos partenaires, l’argent des artistes étrangers n’a pas été sécurisé et c’est très grave.

La Socam n’avait pas des accords de réciprocité ?
Elle ne l’avait pas certes, et puisqu’elle percevait qu’a même ! Le ministère devait tout faire pour mettre cet argent dans un compte sécurisé.

Même les artistes Camerounais sont depuis quelques temps dans la clochardisation totale ?
Ce n’est pas à dire par ce que tout le monde peut le constater. C’est très grave dans le milieu des artistes. Au moment où il est question de faire quelques chose pour permettre aux artistes de se soigner, d’envoyer les enfants à l’école, de subvenir aux besoins élémentaires de survie, on a l’impression que le ministère trouve un malin plaisir à nous narguer. Qu’elle était l’opportunité pour ce ministre d’acheter un orchestre à hauteur de deux milliard de franc ? Pour qu’elle intérêt ? Quand on connait que le secteur de la gestion du droit d’auteur vole bas et même très bas ? Nous sommes aujourd’hui à dix-huit mois sans avoir encaissé le moindre coopec alors que nos musiques continuent à jouer. Comment arriverions-nous à renter dans nos fonds ?

Le cours suprême vient une fois de plus de débouter Mme la ministre dans le contentieux qui l’oppose à la CMC. Selon vous qu’est ce qu’il y a lieu de faire aujourd’hui ?
Le Président de la République est garant des institutions républicaines. Une décision de la plus haute cours de justice qui rétabli une fois encore la CMC dans ses droits devrait nous interpeller, nous les artistes et producteurs évoluant dans le domaine musical. Nous devons rentrer dans la légalité. La CMC appartient aux artistes et n’est pas la propriété d’un individu. Il ne faut pas qu’on se laisse manipuler. C’est notre affaire. Les fonctionnaires quant à eux on leurs salaires tous les mois alors que nous, nous végétons. Comment allons-nous survivre si à chaque fois des gens veulent nous monter les uns contre les autres ? Si la cours suprême sanctionne la ministre, c’est pour nous montrer la voie. Nous devons reprendre notre affaire et la faire prospérer. C’est une série d’avalanche qui s’abat sur la Socam. Elle est irrécupérable et vous avez vu tout ce qui s’est passé avec l’élection de Ndédi Eyango à la présidence du conseil d’administration. Nous avons perdu sept années pour rien, alors que nous aurions dû avancer. Au jour d’aujourd’hui, si la ministre avait laissé la CMC évolué normalement, la gestion du droit d’auteur au Cameroun aurait été une référence en Afrique. A quoi sert le comité de normalisation quand la société est dissoute ? Veut-on aujourd’hui pousser les artistes à la rébellion pendant cette période sensible ?

Dans le cadre des perspectives qu’est ce qui peut être fait ?
Je crois qu’il faut rappeler toutes les compétences, il faut appeler tout le monde pour qu’à travers cette décision, nous puissions revivre. La CMC, sur le plan international, fonctionne. Il nous revient aujourd’hui de taire toute nos querelles et d’avoir la même vision en le devenir du droit d’auteur au Cameroun. C’est nous qui sommes les acteurs de notre société et c’est à nous de donner l’impulsion pour que le ministère puisse nous rétablir dans nos droits en remettant l’agrément à la CMC. Nous sommes conscient du fait que Mme le ministre n’a pas été bien conseiller et aujourd’hui c’est nous qui souffrons. Jusqu’à quand ? L’heure est peut-être venue pour la ministre de fédérer toutes les forces vives de ce secteur et redonner le sourire aux artistes.

S’il vous était demandé de passer un message précis à tous les artistes Camerounais, que leurs diriez-vous ?
Je leur dirai simplement qu’il faut que nous revenions tous sur la légalité. Les faits sont là et ils sont têtus, on nous a menti. On nous a fait perdre sept années pour rien. Ceux sont nos droits qui sont mis en jeu. Nous devons agir et parler d’une seule et même voix. Agissions.

 

 

camernews-Moussa-Haissam

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