Montée des agressions a Maroua

Le meurtre de deux taximen a été enregistré dans la nuit du jeudi 25 à vendredi 26 juin 2015.

Depuis de début du jeûne de ramadan, la ville de Maroua fait face à une recrudescence sans précédent des actes de vol de motos et d’agressions diverses. Pour la seule semaine dernière, deux corps sans vie de conducteurs de motos taxi ont été retrouvés au petit matin du jeudi 25 juin 2015, d’abord au quartier Founangué et ensuite au quartier Makabaye. Selon un riverain, «la dépouille de Bouba Mahamat a été retrouvé gisant dans une mare de sang avec beaucoup de blessures. Il a visiblement livré une grande bagarre avec ses bourreaux avant de succomber.

Ses agresseurs ont arraché sa moto. C’est probablement vers 20 heures que cela se serait passé». A partir de cette heure où la circulation des motos est interdite jusqu’à 5 heures du matin, il est plus facile pour les malfrats d’agresser les passants sans se faire remarquer. Dans la même matinée du 25 juin, c’est un corps jusque-là non identifié qui a été retrouvé au quartier Makabaye. L’infortuné s’est fait également arracher sa moto de travail. Des découvertes qui viennent conforter de nombreuses plaintes qui s’amoncèlent dans les commissariats et postes de gendarmerie de la ville de Maroua. Les plus nombreuses parlent des cas d’agressions et de vol de motos ou encore de tentatives de vol de motos.

Les nouvelles cibles de ces malfrats sont les conducteurs de motos taxi et les étudiants. «J’ai failli y passer. Ils ont réussi à arracher mon lap top et mes téléphones sous la menace d’un long poignard alors qu’il était à peine 19 heures 45 minutes. Ils m’ont surpris dans l’obscurité avant de fondre dans la ville sur leur moto. Comme les motos sont rares à cette heure-là, je ne pouvais rien», explique Ulrich Azongo, un étudiant de l’Institut supérieur de Maroua de l’université de Maroua. «L’autre technique, c’est que le clandestin fait semblant de discuter le prix avec vous alors qu’il à l’œil rivé sur votre sac. Il profite alors pour arracher le sac et avant d’accélérer sa moto pour fuir. Ils font cela lorsque 20 heures approche et dans l’obscurité», confie une victime.

Avec l’interdiction de la circulation des motos entre 20 heures et 5 heures du matin, les malfrats profitent pour faire leur sale besogne, l’obscurité et le l’absence des passants aidant. A cela il faut ajouter l’obscurité ambiante qui règne dans la ville de Maroua depuis des lustres. Même les axes menant vers les différents campus de l’université de Maroua, dans toute la ville, ne sont pas toujours éclairés malgré les promesses annuellement renouvelées du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Maroua, Robert Bakary.