Mondial 2014 : Les Retombées De La Discorde

L’argent du Mondial brésilien incite certains présidents de clubs à vouloir boycotter l’organisation de la prochaine Coupe du Cameroun.

Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, les présidents des clubs sont passés à la caisse du côté de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Il s’agissait en fait pour ces derniers de retirer le fruit des retombées de la participation du Cameroun à la dernière Coupe du monde Fifa Brésil 2014. Dans les coulisses, l’on évoque une somme totale de « quatre milliards » de Fcfa. La journée de vendredi, a permis à Joseph Owona, le président du Comité de normalisation de la Fécafoot de redistribuer une somme de 515 millions de Fcfa. Une allocation d’une prime de 210 millions de Fcfa a été faite aux joueurs et encadreurs de la sélection nationale fanion au titre de leur participation au Mondial brésilien.

Les clubs qui prennent part aux championnats de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc) se partagent une cagnotte de 315 millions Fcfa. Cette répartition se fait comme suit : 103 millions 575 000 Fcfa pour la Ligue 1, 62 millions 600 000 Fcfa pour la L2, 10 millions 500 000 Fcfa aux clubs du championnat de première division de football féminin, et 138 millions 280 700 Fcfa pour les clubs des championnats régional, départemental de 2ème division (D2) de football féminin et du football des jeunes. Dans cette répartition, des clubs ayant pris au moins part aux 32èmes de finale des éditions 2013 et 2014 de la Coupe du Cameroun ont eu droit à une rondelette somme de 200 millions de Fcfa.

Du coup, certains présidents ne considèrent pas cette somme comme « une manne ». « Je rappelle que cet argent n’a rien à avoir avec les retombées de la Coupe du monde 2014. Il ne faut pas qu’on confonde les choses » indique Emile Onambele Zibi, le président de l’Association des clubs de l’élite du Cameroun (Acec) par ailleurs président du Tkc. Les clubs avouent donc se contenter de « ce pain bénit ». Car, « dans la vie, lorsque vous n’avez rien, vous acceptez tout ce qu’on vous donne. Les clubs n’avaient presque rien. Nous allons nous contenter de ce qu’on nous a donnés. Maintenant, est-ce ce que nous avions demandé ? » S’interroge le président du Tkc. « Là, c’est un autre volet parce que, nous avions demandé 400 millions de Fcfa pour la Coupe du Cameroun, mais aujourd’hui personne n’a prononcé cette somme. C’est pourtant sur du papier et ça n’avait rien à avoir avec les retombées de la Coupe du monde 2014. »

Les clubs avaient posé cette condition exigible si la Fécafoot voulait qu’ils effectuent les préliminaires de cette phase. La raison étant, selon Emile Onambele Zibi, « qu’il y avait des arriérés. On devait donner 100 millions de Fcfa aux clubs par année. Et comme cela fait quatre années, cela fait 400 millions de Fcfa ». Conséquence, « nous disons donc que nous allons tout revoir à zéro, parce que pour jouer la Coupe du Cameroun cette année, il faudra de l’argent » brandit-il. Etant donné que « nous avons joué à crédit pendant deux années. C’est pourquoi, lors d’une de nos réunions, nous avions dit que nous n’allons pas jouer cette Coupe du Cameroun si la Fédération ne nous payait pas la totalité de notre argent ». Les clubs risquent-ils de jouer une fois « à crédit » cette année et attendre qu’ils soient payés après une probable qualification du Cameroun en phase finale du Mondial 2018 ? Nous n’en sommes pas encore là.

Pour le moment, certains présidents ne voient pas cela sous cet angle. « Ce n’est pas une manne, c’est un dû, mais c’est toujours bien d’avoir de l’argent, quelque soit le moment où cette somme arrive ça permet de résoudre des problèmes. Je crois que les clubs vont souffler pendant un certain moment. Je suis fatigué avec des querelles. Il faut d’abord prendre ». Il ne s’agit donc pas pour Achille Mbanga, le président de Achille de Sa’a par ailleurs, président de l’Association des clubs de 2ème division (Acd2) de « contredire le super grand professeur. On prend ce qu’il nous donne quelque soit le montant. Ce qui faisait problème, ce sont les aérés de 2013 et 2014, aujourd’hui, il est question que tous les clubs prennent part aux préliminaires de la Coupe du Cameroun. Là, on n’en a plus de sponsors ».

Pour Emmanuel Mbankolo président de Cps de Bertoua, un club de la régionale cette somme, « permettra de payer quelques primes d’entrainements et acheter quelques ballons. Mais, le plus embêtant c’est de se rendre compte que dans un environnement professionnel, les joueurs professionnels reçoivent beaucoup plus en termes de retombées que ceux amateurs ».