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Mon Dieu, quel genre de pays ?

Mon Dieu, quel genre de pays ?

Avec tous ses immeubles impressionnants qui, un peu partout dans nos villes, sortent de terre comme des champignons, avec son parc automobile qui grossit de jour en jour et engloutit les moindres rues et les moindres parkings, le Cameroun d’aujourd’hui doit certainement taper à l’œil du touriste qui débarque pour la première fois chez nous.

Ajoutez à cela ces boutiques tellement achalandées qu’elles confient une bonne part de leurs marchandises à écouler à ces vendeurs ambulants qui prennent d’assaut carrefours et trottoirs.

Ajoutez à cela ces marchés de vivres qui ne désemplissent pas et dont les étagères rafistolées ne suffisent plus pour supporter la plupart des fruits que l’on récolte, en toutes saisons, sous les tropiques.

Ajoutez surtout à cela cette marée humaine, jeune, dynamique et prête, comme on dit ici, à « aller au choc »… Il n’y a pas le moindre doute là-dessus : de prime abord, le Cameroun laisse une très bonne impression. Mieux, notre pays frappe l’imagination de l’étranger. Mieux encore, il séduit et attire le visiteur de passage…

Mais alors, qu’est-ce que le Cameroun a fait au Bon Dieu pour que ses fils et ses filles « adorent » ainsi l’argent, au point de le placer audessus de tout ? Quel genre de pays est donc le Cameroun où les gens perdent totalement la tête, dès qu’il y a un peu d’argent à ramasser quelque part, même en passant sur les corps de leurs amis, camarades ou parents ? Ce n’est pas mauvais, en soi, de courir après l’argent et de chercher à le gagner par le mérite et le travail. Ce n’est pas, non plus, que des Camerounais n’ont pas suffisamment d’argent,puisqu’on compte d’authentiques millionnaires dans notre pays.

Seulement, qu’importent le grade ou la fonction, le Camerounais d’aujourd’hui est, quand il s’agit d’argent, dans le délire et la démesure : il ne cherche plus à être riche ; il cherche à être le plus riche ; mieux, il cherche à être le seul riche, après avoir confisqué tout ce qui revient et appartient aux autres. Ceux qu’on accuse de détourner les deniers publics ne vont plus du dos de la cuillère. Ils prennent « en gros ».

Désormais, pour la plupart de nos compatriotes, l’argent est au commencement et à la fin de tout. Par simple amusement, en pleine rue, jetez une pièce de 1OO F par terre. Vous allez voir, à la même seconde, des Camerounais dignes d’apparence seraient prêts à se briser des vertèbres cervicales, chacun cherchant à être le premier à la ramasser… A travers le pays, la course au milliard n’est pas près de se terminer et c’est tout le monde qui y participe.

C’est dans le football qu’on a assisté, pourrait-on dire, aux premières « échappées » spectaculaires. Le « fameux coup de cœur », pour soutenir nos footballeurs à la Coupe du Monde, en 1994, aux USA, reste et de meure l’un des secrets le mieux gardés de l’Histoire contemporaine de notre sport-roi. Dieu merci, personne n’est dupe ! Depuis cette date, en Afrique du Sud ou au Brésil, nous autres Camerounais avions continué de parler uniquement d’argent, pendant que les autres jouaient au football et marquaient des buts.

Dans ce même football, vous avez remarqué qu’il y a des bougres qui ne font pas la différence entre jeter une touche et tirer un penalty, mais qui veulent être président de la Fecafoot, parce qu’on leur a dit qu’il y a beaucoup d’argent dedans. A nos joueuses de football, de retour de leurs campagnes, on remet les primes méritées après mille tripatouillages. Mais, ça ne s’arrête pas au seul football.

Le 9 septembre dernier, des militaires qui revenaient de Centrafrique ont marché à Yaoundé. Raison donnée par radio trottoir : les « chefs » qui devaient leur donner des informations concernant leur argent gagné étaient subitement devenus évasifs et ne communiquaient plus. Attitude classique des gens qui mijotent un mauvais coup… De l’argent, toujours et encore de l’argent… Mon Dieu, quel peuple !… Quel genre de pays !..

 

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