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Mme Ebanga interpelle Chantal Biya

Mme Ebanga interpelle Chantal Biya

Elle avait promis marcher même à pied jusqu’au palais des congrès de Yaoundé pour faire entendre raison à la hiérarchie du Rdpc. Aujourd’hui, elle se tourne vers la Première dame du Cameroun – Mme Chantal Biya, pour que la liste « viciée » de la section Ofrdpc soit annulée.

S on courage pour avoir dénoncé la liste des nouvelles dirigeantes de la section Ofrdpc du Dja et Lobo 2, a fait d’elle le chouchou de la classe politique de Zoétélé, la femme la plus populaire de la cité des Eléphants. « Maman Rdpc pour les uns », « La Femme des way » pour d’autres, Mme Ebanga née Nyangono Bilanda est sous les feux des projecteurs depuis qu’elle a décidé d’introduire une requête contre la liste déclarée élue au terme du renouvellement des organes dirigeants de la section Ofrdpc de sa section. Après la publication des résultats le 25 novembre 2015, elle déclarait dans nos colonnes : « j’irai jusqu’à Yaoundé, même à pied, s’il le faut, pour faire entendre ma voix », et voir extirper de la liste les noms des femmes qui y cumulent avec d’autres fonctions au sein de leurs sous-sections respectives. Mais depuis qu’elle crie sa frustration d’avoir été liquidée politiquement à l’autel de la filouterie, la Commission de section, la Commission départementale et même la Coordination régionale n’ont jamais daigné donner suite à sa requête.

Devant la meute de journalistes débarqués le 19 décembre 2015 à sa boutique au marché de Zoétélé, pour la compréhension de la suite accordée à sa plainte, elle ne cache pas sa détermination d’aller jusqu’au bout de son combat, et surtout dévoile sa nouvelle stratégie, celle d’interpeller la présidente d’honneur du Rdpc afin qu’elle ne laisse pas prospérer « la mascarade électorale » de Zoétélé. « Elle au moins répondra à ma requête qui, jusqu’ici, est restée lettre morte. J’espère qu’elle ne laissera pas une maman comme moi, qui milite depuis l’unc, qui a participé à des meetings avec le président national à Monatélé, à Bertoua, à Mfou quand mon mari était encore en fonction, être victime d’une telle injustice, et surtout laisser la section être dirigée par des personnes qui cumulent », clame-t-elle avec espoir.

Désillusion

Démissionnaire de son poste de secrétaire de la sous-section Ofrdpc de Zoétélé-ville, dit-elle à la demande de la tête de liste au renouvellement, son nom n’a pas figuré sur la liste commune rendue publique par la commission de section. A son grand désarroi, elle constatera que cette liste est truffée de femmes détentrices de postes de responsabilité dans les sous-sections, au mépris des dispositions réglementaires régissant le scrutin. « Je viens de constater sur la liste le cumul de 2 militantes qui occupent des places dans leurs sous-sections d’origine. Il s’agit de Avezo’o Amougou qui occupe un poste dans son comité de base à Ngolbang, Cécile Mbengono même chose. Or les dispositions du règlement interne de notre parti interdisent les cas de cumul » camer.be, écrit-elle dans sa requête datée du 14 novembre 2015. Effectivement, selon les fiches de candidature à la sous-section de Mekak Ngougoumou que Sans Détour a pu s’en procurer, Cécile Mbengono est déléguée aux conflits et aux organisations spécialisées, tandis que le nom de dame Avezo’o Amougou ressort comme déléguée à la Communication du comité de base Ofrdpc de Ngolbang-Ayanga dans une autre liste.

A ces deux noms cités dans la requête, s’ajoute celui de dame Meyabehe Zang qui fait office de trésorière de la section dans le bureau qui vient d’être votée, alors qu’elle occupe le poste de présidente de la cellule Ofrdpc d’Elang, dans la sous-section éponyme. Des incongruités relevées dans cette requête, qui avaient amené le président de la Commission communale à renvoyer le vote initialement prévu le 14 novembre au 22 novembre 2015. D’après nos recoupements, Mme Adeline Ekoto – la nouvelle présidente Ofrdpc déclarée élue, avait été convoquée le 19 novembre dernier pour s’expliquer auprès de la Commission, mais personne à Zoétélé ne comprend pas le mutisme qui a suivi cette requête. Aujourd’hui, Mme Ebanga se retrouve électron libre, sans poste de responsabilité au sein du parti de son coeur, du fait des « tripatouillages », et voit ses 22 ans de militantisme actif se refermer par une grosse désillusion, après les postes de présidente du comité de base Ofrdpc de Nkong, et secrétaire général de la sous-section Ofrdpc de Zoétélé-ville de 2007 à 2015.

Eléphants de prestige

« Dans le Dja et Lobo 2, le cas de la section Ofrdpc n’est pas isolé. D’après les récriminations qui fusent, le renouvellement à la tête de la section Rdpc, et davantage à celle de l’Ojrdpc, a été pareillement émaillé de multiples fraudes, allant des inscriptions frauduleuses au bourrage des urnes, en passant par de votes truqués, et notamment des personnes n’ayant jamais pris part au scrutin », à en croire les requêtes introduites auprès des instances supérieures du parti. Point d’orgue de ces dénonciations, l’élection de Papy Owoutou à la tête de la section Ojrdpc, présenté comme détenteur de plusieurs identités, dont l’une le crédite de l’âge de 38 ans, alors que les textes fixent l’âge limite pour figurer dans les bureaux Ojrdpc à 35 ans. Il n’est d’ailleurs pas seul dans cette situation, la liste étant truffée de « jeunes » de plus de 35 ans, voire de 40 ans. A Zoétélé, la meute des frustrés du renouvellement estiment que Papy Owoutou aura été l’homme orchestre des malversations ayant émaillé le scrutin, lui qui, dit-on, réussissait à mettre jusqu’aux membres  de la Commission de section,pilotée par Evina Obam Richard, dans les caravanes de sa campagne.

Des accointances jugées pernicieuses, qui selon les dénonciateurs, ont abouti à la disqualification de la liste de son principal challenger – Marc Firmin Essama, présenté pourtant comme un homme de probité, au contraire du vainqueur. Aujourd’hui, la situation des fraudes au renouvellement à Zoétélé alimente les commentaires, ankylosant une ambiance tendue par des batailles de positionnement entre le Rdpc originel et le Rdpc- D – Rdpc dynamique ou dynamite, selon le camp. Sorcier qui à Zoétélé pourrait prophétiser sur le dénouement de cette crise ouverte entre militants, dans une circonscription qui recèle après le chef de l’Etat, des éléphants de prestige au service de la nation, à l’instar du directeur du cabinet civil, et du ministre des Transports. Laisseront-ils eux aussi Zoétélé virer dans l’opposition, comme le redoutent de nombreux frustrés et observateurs ? Question de conscience.

 

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