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Minader : les patates Chaudes qu’hérite Henri Eyebe Ayissi

Minader : les patates Chaudes qu’hérite Henri Eyebe Ayissi

Les dernières nominations de Lazare Essimi Menyé toujours contestées, plus de la moitié des cadres du ministère de l’Agriculture et du Développement rural sont des retraités, l’enveloppe budgétaire en chantier de ce département ministériel revue à la baisse pour le compte de l’exercice 2015-2016, et un nouvel organigramme de la maison envisagé par la très haute hiérarchie. L’agriculture de seconde génération a du plomb dans l’aile.

C ’est le 14 octobre 2015 que le tout nouveau ministre de l’Agriculture et du Développement rural – Henri Eyébé Ayissi, signait sa première sortie médiatique depuis qu’il trône à la tête de ce ministère. Au détour d’un point de presse, il aura été question pour le Minader qu’entourait pour la circonstance plusieurs de ses collègues membres du gouvernement, d’annoncer la volonté du Cameroun, celle de s’associer à la communauté internationale pour célébrer le 16 octobre, comme de tradition, la Journée mondiale de l’alimentation.

Au Cameroun, l’évènement a été renvoyé à une date ultérieure par le nouveau ministre au motif que la date retenue pour les festivités coïncidait malheureusement avec le deuil national  décrété par le chef de l’Etat suite aux décès des 76 musulmans camerounais victimes le 24 septembre 2015 de la bousculade meurtrière de Mina en plein rituel de pèlerinage à la Mecque.

Héritage compliqué

Depuis sa nomination comme ministre de l’Agriculture et du Développement rural, à la faveur du ré-aménagement de l’équipe gouvernementale décidé par Paul Biya en date du 2 octobre 2015, des esprits obtus font état d’une seule rencontre entre Eyébé Ayissi et ses principaux collaborateurs – histoire de sacrifier à un rituel. Faire l’état des lieux et s’acclimater en quelque sorte en prenant connaissance des dossiers urgents et brûlants. A la suite de ce bref contact avec quelques-uns de ses personnels, les langues ont repris du service. Elles se délient pour remettre au goût du jour la principale contestation transformée en litige et qui aurait pesé pour la sortie de Lazare Essimi Menyé du gouvernement. I l s’agit des nominations à problème effectué par l’ancien Minader et jamais approuvé par la primature.

Les victimes de la furie d’Essimi Menyé tiennent à relancer le débat pour revendiquer leurs postes. Une démarche qui met les responsables intérimairement installés par l’ex- Minader dans une posture d’inconfortabilité qui se passe de tout commentaire. La seconde épine sous la chaussure du nouveau Minader a trait à la gestion des carrières de ses collaborateurs. En effet, plus de 60% des cadres de la maison sont appelés à faire valoir leurs droits à la retraite. Dans cet environnement, il devient difficile de penser que l’atmosphère qui en découle peut garantir l’efficacité recherchée pour asseoir sur des bases solides une agriculture de seconde génération.

Le budget comme une autre paire de manche

Le premier ministre chef du gouvernement va sous peu défendre la loi des finances au parlement. En prélude à cet exercice, les départements ministériels sont invités chacun à exprimer leurs besoins en termes d’allocations budgétaires. Ce processus enclenché depuis des mois, conforté par la dynamique de budget-programme, et encadré par le cadre de dépenses à moyen terme fixé par la primature, attribue des fortunes diverses aux différents ministères face à leurs prétentions budgétaires. Les pré-conférences qui en découlent ont  démarré au ministère des Finances. Pour ce qui est du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, l’enveloppe allouée au fonctionnement et à l’investissement va connaître, révèle-t-on, « une cure d’amincissement ».

Le premier ministère a accordé une priorité dans le relèvement des fonds de contrepartie en termes d’apports du Cameroun dans le cadre de la mise en œuvre de certains grands projets. Après correction des propositions budgétaires formulées par les équipes du Minader, il est expressément indiqué sur ce document que le chef de département devra faire usag e des ressources qui lui sont allouées en tenant compte des nouvelles structures. Des structures non identifiées qui amènent à croire qu’un nouvel organigramme serait en perspectiv e au Minader. Une espèce d’austérité qui accueille Henri Eyébé Ayissi obligé de redimensionner les priorités dans un contexte marqué par le souci de modernisation de l’agriculture camerounaise.

Une modernisation qui passe forcément par l’élargissement des vergers cacao-café, la lutte contre les mirides, les oiseaux granivores, l’acquisition du matériel agricole, des engrais et semences de qualité. Bref, de tous les éléments qui accompagnent une agriculture de seconde génération. Gérer tous ces dossiers, c’est dire si Henri Eyébé Ayissi a du pain sur la planche. La Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts va servir de cadre ce 19 octobre 2015 à une rencontre entre Eyébé Ayissi et les responsables des structures placées sous la tutelle du Minader.

 

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