Microfinance: La Centrale des risques entre en gestation

Cet instrument devrait bientôt voir le jour au Cameroun pour démasquer les emprunteurs insolvables.

 

Après de longues années d’indécision, les autorités camerounaises se seraient enfin décidées de créer une Centrale des risques des établissements de microfinance. Le projet n’est plus un simple vœu depuis qu’une entreprise, Albatres S.A en l’occurrence, a été désignée après un appel d’offres lancé par le Conseil national du crédit pour conduire la réalisation de cette centrale.

Pour les professionnels du secteur, c’est plutôt une bonne information. Car voilà quelques années qu’ils demandaient à hue et à dia la création d’une Centrale des risques au Cameroun. Leur voix a fini par être entendu à moins que le ministère des Finances (Minfi) se soit tout simplement décidé à mettre de l’ordre dans le secteur de la microfinance à coup de grandes réformes. Mais le fait est que l’idée d’une centrale des risques n’a jamais été une véritable préoccupation pour les autorités camerounaises. Comme pour les forcer la main, en 2012, l’expert en microfinance Célestin Nkou Nkou a crée une application sur une centrale des risques qu’il mettait gratuitement à l’essai. « J’ai envoyé de multiples courriers publicitaires et des demandes d’audiences qui sont restés lettre morte », fait savoir Célestin Nkou Nkou.

Il a aussi démarché la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), les établissements de microfinance et même la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) sans suite, malgré ses 150 correspondances. «Il me semblait que tout ce monde protégeait les clients mauvais payeurs malgré la pluie des impayés et l’insolvabilité généralisée», commente Célestin Nkou Nkou.

La Centrale des risques en effet a pour mission de sécuriser l’épargne en faisant le tri entre les bons et les mauvais payeurs. En clair, cet instrument va démasquer les emprunteurs insolvables en créant une importante base de données. «La Centrale des risques décourage aussi la cavalerie bancaire», confie Célestin Nkou Nkou. L’expert en microfinance croise les doigts, comme beaucoup d’autres experts pour que ce projet se matérialise enfin.