Mesures sécuritaires: Pourquoi l’interdiction des véhicules aux vitres teintées n’y figure pas ?

Parmi les proscriptions faites par les autorités du pays, cet aspect a été marginalisé malgré la présence massive dans les villes d’engins possédant ce type de dispositif.

C’est quasiment un effet de mode en ce moment. Beaucoup d’automobilistes se font poser des films sur les vitres de leurs véhicules. Du véhicule haut de gamme au véhicule bas de gamme, les automobilistes aiment de plus en plus à circuler dans un engin aux vitres teintées. Pour eux, il s’agit de se satisfaire des effets esthétiques, mais aussi, de se protéger – le conducteur et les passagers -, des regards indiscrets. Une posture, qui rend difficile toute identification, tant pour le citoyen lambda que pour les forces de l’ordre. Surtout en ce temps de surveillance du territoire nationale contre la menace terroriste. Or, des récentes mesures sécuritaires prises à la suite des attentats suicides perpétrés par la secte Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord du pays, l’interdiction de la circulation des véhicules aux vitres foncées n’a pas été mentionnée. Pourtant dans la région du Centre par exemple, durant ces sept derniers jours des interdictions ont été formulées à profusion. Celles-ci concernent, les débits de boisson, les cabarets, les vendeurs à la sauvette, les zones dites sensibles, à forte concentration humaine et bâtiments publics, et la façon de se vêtir. Du fait du niveau d’état d’alerte du pays, de nombreux observateurs ont du mal à comprendre pourquoi les vitres teintées ont échappé à nos autorités. Dès lors qu’un automobiliste possédant un tel dispositif, réduit le champ de visibilité de l’extérieur vers l’intérieur. Ce qui peut donc être un moyen pour les personnes recherchées de circuler sans être interpelées.

Pourtant, il existe une réglementation en la matière. Le décret N°79/341 du 3 septembre 1979 en son article 75, indique clairement que les vitres de tout véhicule doivent être en substance transparente. Au vu de cette disposition, circuler avec un véhicule aux vitres fumées constitue une infraction de 3ème catégorie. « Avec la menace terroriste qui pèse sur le Cameroun et l’insécurité que cette situation pourrait générer dans nos villes, la traque de de ces véhicules devrait être envisagée. Leur usage étant indiqué comme une violation de la loi », souligne sous cape un officier principal de police, en service à la direction de la police judiciaire. De l’avis des professionnels d’auto, si cette loi venait à être réactivée, son observance ne poserait aucun problème pour les automobilistes de bonne foi. « Les automobilistes qui ont déjà des vitres fumées sur leur voiture, devront tout simplement les enlever chez leur mécanicien. Car il s’agit d’un plastique adhésif qui a été posé sur la vitre transparente », explique un garagiste.