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MÉDITATIONS DE PRISON : JOURNAL D’UN EX-BAGNARD

MÉDITATIONS DE PRISON : JOURNAL D’UN EX-BAGNARD

Titus Edzoa a rédigé ce récit-témoignage sur la barbarie politique alors qu’il était incarcéré au Sed.

Tout se résume à une expérience carcérale. Méditations de prison de Titus Edzoa est un témoignage d’une tragédie. Mais une tragédie toutefois amoindrie par la méditation qui réussi le pari de transformer la prison et transcende l’incarcération. « Echos de mes silences » a en effet eu une forte résonnance, bien au-delà du bagne où l’ex-secrétaire général à la présidence de la République a séjourné pendant 17 ans avant de recouvrer la liberté.

Les 10 premiers chapitres qui constituent la première partie évoquent le déclin de l’auteur avec comme point de chute l’année 1997, lorsqu’il entre en révolte, en dissidence contre le régime du président Paul Biya, dont il a été confident et médecin personnel, dit-on. Titus Edzoa raconte les manoeuvres déployées par ses amis d’hier pour prolonger une incarcération que rien, selon lui, ne justifiait. Il met un point d’honneur à mettre en accusation une justice instrumentalisée au Cameroun et ailleurs en Afrique : « Il est ahurissant que dans ces pays, par l’injustice caractérisée, tout citoyen soit en permanence un détenu en sursis qui s’ignore, contrairement à la propagande protectrice hypocritement brandie.

Par l’injustice, l’Afrique est seule responsable et coupable de ses propres crimes. » La deuxième grande partie de l’ouvrage est un exposé de sa stratégie de résistance à l’oppression de ses bourreaux, à la barbarie politique, au pouvoir des ténèbres. Une stratégie dont le principal pilier est l’ésotérisme, mais aussi le mysticisme authentique. Le bénéfice d’une initiation qu’il oppose à la bassesse de la sorcellerie et de l’occultisme, cette mare spirituelle dans laquelle il relègue ses bourreaux.

Vanité

Certains critiques de Méditations de prison ont évidemment reproché à Titus Edzoa une mémoire sélective, l’absence d’une critique de son implication personnelle dans le système qu’il décrie. Mais Odile Tobner, épouse de feu Mongo Beti, dans la préface de ce récit-témoignage, ne veut retenir, elle, que les qualités de l’oeuvre : la densité d’un langage d’une extrême simplicité qui n’exprime que l’essentiel, la modestie sincère de qui connaît la vanité du moi, la discrétion voire le murmure avec lequel on articule les plus grandes choses.

Médiations de prison, en tout 26 chapitres écrits par Titus Edzoa pendant son incarcération au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed) à Yaoundé, a été édité et publié en avril 2012 par Karthala avant d’être réédité par Les éditions du Schabel.

 

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