Médias: la paix à la Une

Hormis quelques égarements, la presse camerounaise soutient en général les efforts de promotion de l’unité nationale.

Du transistor à piles posé à même le sol dans cette cour située à Ekounou à Yaoundé, s’échappent les propos en ewondo du présentateur de la chaîne « Crtv Centre ». L’émission est suivie par un couple de personnes âgées, des riverains de ce quartier de la capitale. L’attention qu’ils mettent à écouter l’actualité du pays dans cette langue locale est impressionnante. D’après leur jeune voisin, ils ne savent pas comment capter les fréquences, mais s’arrêtent toujours sur la FM 101.9 juste en entendant l’ewondo. Cette communion entre ces deux personnes et leur langue maternelle, des millions de Camerounais la vivent chaque jour grâce à des centaines de radios communautaires ouvertes à travers les différentes régions du pays. Ceci pour que les populations puissent être informées sur la culture, le sport, la politique, l’économie, dans la langue de leur cœur.
La promotion de la culture et l’acceptation de cette diversité de langues, de traditions, sans omettre les croyances, font la particularité du Cameroun. Une particularité encouragée par le gouvernement, et que la presse accompagne avec responsabilité. Les rédactions sont en général organisées avec des antennes dans chaque région, pour une couverture nationale du quotidien des citoyens. Qu’il s’agisse de la presse écrite, de la télévision, de la radio et à présent de la presse cybernétique, les représentations régionales des médias sont visibles sur l’ensemble du territoire pour donner une vision de paix et d’unité nationale.
Quand dans certains pays, les conflits opposant chrétiens et musulmans font rage, la tolérance interreligieuse est un mode de vie par excellence au Cameroun. Les plages horaires des différents médias audiovisuels ne se privent pas de montrer leur soutien à la liberté de religion. Des cultes de diverses obédiences religieuses sont diffusés sans ambigüité ni contradiction. Les téléspectateurs peuvent tout aussi bien assister à une messe dite dans une Eglise catholique le dimanche matin, et s’imprégner du monde musulman avec « Connaissance de l’Islam » le vendredi soir. Pour illustrer cette liberté de religion totale prônée par la presse camerounaise, une édition du journal télévisé de Canal 2 en avril dernier a  consacré pus de trois minutes à un reportage sur l’Association des Témoins de Jéhovah du Cameroun, postant des milliers de lettres avec pour destination la Russie, dans le but de soutenir leurs coreligionnaires de ce pays, menacés d’interdiction. Les médias s’avèrent alors de solides alliés pour encourager cette tolérance interreligieuse, un des gages de la paix de la nation.