Mayo-Moskota :Le village Yamgazawa incendié par Boko Haram

Les assaillants ont attaqué cette localité dans la nuit de dimanche à lundi dernier.

Dans la nuit du dimanche 25 octobre au mardi 26 octobre 2015, une bande armée des membres de la secte terroriste Boko Haram a mené une incursion dans le village Yamgazawa, aux environs de minuit. Selon les témoins, les assaillants ont mis le feu dans une dizaine de concessions dont celle du chef, chez qui ils ont emporté une moto, incendié des produits agricoles stockés dans des hangars et des denrées alimentaires sorties des maisons avant de repartir du côté du Nigeria.

Heureusement, on ne déplore aucune perte en vie humaine, ni même de blessé. «L’incursion a duré près d’une heure. Ils ont mis le village sens dessus dessous. Nous avons informé les militaires du poste le plus proche qui se trouve à Ashigachia, ils nous ont dit qu’ils venaient. Mais, jusqu’à 6 heures de ce matin (Ndlr : mardi 27 octobre 2015), on n’a remarqué aucune présence militaire. Heureusement que les assaillants n’ont touché à aucune personne, contrairement aux méthodes du passé», confie Moussa, agent communal de développement à la mairie de Mozogo. Ce dernier est l’un des premiers à se rendre sur le site.

Selon les témoignages concordants de nombreux riverains, cette autre attaque ressemble fort opportunément à un avertissement à quelques membres du comité de vigilance, connus pour la recherche du renseignement prévisionnel pour les forces de défense au front. «Le 1er octobre dernier, un dangereux membre de Boko Haram est venu du Nigeria proférer des menaces à l’encontre des membres du comité de vigilance et tous ceux qui seraient de connivence avec les soldats camerounais dont le poste le plus proche se trouve à Ashigachia», confie sous cape un membre du comité de vigilance de Mozogo qui vit aujourd’hui reclus et aux aguets depuis cette menace. C’est dans cette même localité qu’un membre influent du comité de vigilance a été découpé par Boko Haram en janvier dernier, connu pour être un indic des forces de défense.

Le village Yamgazawa, situé entre Ashigachia qui fait office de frontière et Mozogo, est devenu, depuis quelques mois, la plaque-tournante d’un immense trafic de vivres entre les populations et des membres de Boko Haram. Il se serait créé un véritable marché noir des produits et denrées alimentaires offerts régulièrement aux populations sous forme de don ou d’effort de guerre. Il se dit par exemple dans cette bourgade qu’un sac de riz se vend aux adeptes de Boko Haram à 30 000 Fcfa par l’intermédiaire des passeurs, lesquels sont pourtant bien connus des éléments de la brigade de gendarmerie de Mozogo. Ces derniers sont corrompus par les passeurs. Selon nos informations, des forces de l’ordre ont même installé un «péage» juste à l’entrée de ce village dont le montant varie en fonction du volume de marchandises transportées sur des vélos pour le marché noir.