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Maurice Kamto étale l’incompétence du gouvernement Biya

Maurice Kamto étale l’incompétence du gouvernement Biya

Suite à l’augmentation du prix du carburant à la pompe et d’après les explications qui semblent être saugrenues selon le Président du MRC (Mouvement pour la Rénovation du Cameroun), voici ce que le Président Biya et son gouvernement devait faire avant toutes décisions « fatidiques ».

S’il y a nécessité d’affirmer que tout sacrifice doit être consenti par un peuple pour une suite favorable dans l’amélioration des conditions de vies futures, n’en demeure pas moins que celles prises par les autorités camerounaises présentes après une profonde réflexion et analyse faites par le Pr Maurice Kamto par ailleurs ancien Ministre donc collaborateur du Chef de l’Etat, des insuffisances notoires. Lors d’un point de presse, le Président du MRC a réussi a dévoilé au public et militants présents l’incompétence du régime Biya.

Sur l’argument évoqué de la hausse constante du prix du pétrole sur le marché mondial, le Professeur Maurice Kamto affirme que le Cameroun en tant que producteur engrange très probablement les bénéfices de cette hausse et devait par ailleurs compenser sans difficulté la spéculation pétrolière. Mais ce qui va susciter le « courroux » du MRC et son Président sera sans aucun doute l’argument évoqué du financement de projets structurants qui se butent à priori sur le manque de financements.

Maurice Kamto d’un ton calme, indiquera simplement que ces ressources pourraient être trouvées à partir d’autres rubriques dans le budget de l’Etat. D’après lui, le seul moyen de faire des économies pour l’Etat serait d’abord de réduire son train de vie « princier » du fonctionnement de la machine de l’Etat. En effet, d’après les statistiques avancés et études faites, plusieurs rubriques « budgétivores » telles que les lignes 227 qui prennent en compte l’acquisition, rénovation des machines et matériels à hauteur de 125 000 000 000 Fcfa (Cent Vingt-cinq milliards Fcfa) par an, 612 qui comporte les frais de carburant d’un montant de 32 660 546 000 Fcfa (Trente-deux millions six cent soixante millions cinq cent quarante-six mille Fcfa) par an, 614 qui est utilisé pour l’eau, électricité, gaz et autres sources d’énergie à hauteur de 25 208 253 000 Fcfa (Vingt-cinq milliards deux cent huit millions deux cent cinquante-trois mille Fcfa) par an, 617 qui concerne les frais de représentation, de mission, de réception et cérémonies qui bouffent dans le budget 60 318 019 000 Fcfa (Soixante milliards trois cent dix-huit millions dix-neuf mille Fcfa) par an, etc. la liste étant exhaustive. Au total recensé dans le budget 2014 la somme de 340 081 014 000 Fcfa (trois cent quarante milliards quatre-vingt et un millions quatorze mille Fcfa) de dépenses susceptibles d’être réduites afin de couvrir les dépenses dues supplémentaires de l’Etat.

Ensuite tel un lion qui n’a pas fini de dévorer sa proie, le Professeur Kamto va indiquer que les soi-disant mesures pour atténuer l’effet de ce réajustement sur l’économie nationale en faveur de la population ne sont que de l’utopie et voile encore le mensonge incessant dont a fait jusqu’ici preuve le régime d’Etoudi dans sa gouvernance. Il précisera que même si le maintien de 350 Fcfa sur le litre de carburant a été effectué, ce prix n’est qu’indicatif et ne reflète en rien la réalité du terrain car l’utilisation de cette ressource étant l’apanage des populations rurales en grande majorité, s’est toujours buté à la spéculation qui dans certaines localités se vend à 400 Fcfa, dans d’autres 500 voire 600 ou 700 en fonction de la distance qui sépare les villes de ces localités.

Aucune modification n’a donc été faite selon lui sur ce prix qui est stagnant et n’a aucunement modifié la réalité déjà difficile de la population. En ce qui concerne la réduction de l’impôt libératoire, de la taxe de stationnement et de la taxe à l’essieu, Maurice Kamto va démonter cet argumentaire presque argutie du gouvernement en faisant le calcul simple de rentabilité dans les caisses de l’Etat. En vérité a-t-il affirmé : « l’impôt libératoire rapporte environ 15 milliards Fcfa par an. En appliquant les 50% de réduction cela rapporte 7,5 milliards Fcfa. La taxe à l’essieu rapporte 4 milliards Fcfa par an avec 50% de réduction cela rapporte à l’Etat 2 milliards Fcfa et enfin la taxe sur le stationnement quant à elle ne rapporte que 700 millions Fcfa et en appliquant les 50% cela donne 350 millions Fcfa.  ». S’il était noté que ces différents impôts auraient été récemment octroyés aux mairies pour être implémenté dans leur budget, la mesure gouvernementale permet d’engranger désormais 9 milliards 850 millions Fcfa ; mettant à mal la réalisation des projets des mairies qui sont directement ressentis par les populations.

Dans la même lancée, le Professeur Kamto va s’attaquer à la mesure gouvernementale sur l’augmentation du salaire des fonctionnaires. S’il jugera celle-là salutaire et tardive devant la précarité ambiante qu’à jusqu’ici enduré les fonctionnaires depuis la baisse drastique effectuée sur leurs salaires dans les années 90, il estime tout de même que celle-ci concerne tout au moins 200 000 personnes à tout casser sur une population estimée officieusement à 25 millions d’âmes. Insuffisante mesure estime-t-il malgré un sursaut de revalorisation prochaine du SMIG annoncée. Selon Maurice Kamto, « l’écrasante majorité de ceux qui touchent le SMIG ne sont pas à la charge de l’Etat. ». Ces mesures qui pourraient prendre assez de temps avant d’être appliquées compte tenu du contexte actuel de milieu d’année donc non budgétisé, verra de fait la situation sociale des populations se dégrader avec l’inflation effectif du à cette augmentation incompréhensible jusqu’ici.

Enfin, proposition sera faite au gouvernement d’aller voir dans la structure interne du prix des carburants qui laisse apparaitre 6 TVA d’un montant cumulé de 71 Fcfa d’une part et de l’application d’une taxe spéciale sur les produits pétroliers d’un montant de 120 Fcfa qui est viré au fonds routier et dont la justification n’a jamais été faite jusqu’ici par le gouvernement ni à l’Assemblée ni au Senat désormais à plus forte raison au peuple camerounais. Ces deux rubriques cumulées à elles seules rapportent 191 Fcfa loin des 100, 85 Fcfa que se vante le gouvernement d’apporter comme soutien pour éviter la montée vertigineuse des prix à la pompe.

Quand l’inflation s’en mêle

Désormais au Cameroun, toutes les villes sont en ébullition sur l’inflation. Chacune dévoilant depuis l’annonce ses mutations sociales. Par exemple, des sources font état de l’augmentation conséquente du prix de transport par motos-taxi à l’Extrême nord, du prix revue à la hausse à hauteur de 1.000 pour les passagers se rendant à Douala et en provenance de Yabassi, idem une hausse de 500 Fcfa pour ceux se rendant de Yaoundé pour Okola, de 1 000 Fcfa supplémentaire pour ceux se rendant à Bamenda sortant de Yaoundé, de 400 Fcfa pour ceux de Monatélé quittant Yaoundé et les exemples se succédant à la pelle.

La grève de Février 2008, n’étant au regard de la situation qu’un infime reflet de celle qui est en perspective voit désormais une mobilisation conséquente des forces de défense camerounaises mobilisés dans les grandes villes afin de palier à la moindre grogne de la population. En dehors de cela, des informations font également état d’un déploiement surprise du côté du sud Cameroun, région dans laquelle une information militaire et secrète a fait état d’un fort contingent d’homme armés et d’une population dans les forêts du Sud limitrophe avec la Rca et les deux Congo.

Va-t-on vers la fin du système Biya ? Si la plupart des leaders politiques camerounais repoussent dans les tréfonds de leurs esprits une éventualité de guerre au Cameroun, l’enchainement des évènements porte à croire qu’ils font fausse route et devrait plutôt commencer à  se préparer pour l’apaisement et la transition.

 

 

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