Maurice Kamto demande les auditions de Cavaye Yéguié et Eyebe Ayissi

C’est pour en savoir plus sur la véritable identité des membres de Boko Haram.

Les propos du président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djribril, sur la véritable identité des membres de la secte terroriste Boko Haram continuent de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Tout comme d’ailleurs ceux du ministre délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, Henri Eyebe Ayissi, lors d’un meeting à Obala, à l’occasion duquel les ressortissants du Grand-Nord avaient été accusés d’intelligence avec Boko Haram.

Cette thèse de la supposée rébellion nordiste a encore été mise en débat le 23 septembre dernier, au cours de la 2e édition du Café politique, organisée par les journalistes du Club politique de Yaoundé (Club po). Cette fois, c’est Maurice Kamto, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui a remis au goût du jour les accusations de ces  deuxhautes personnalités du pays. Et même s’il n’a pas cité leurs noms, l’observateur de la scène politique nationale pouvait aisément déduire à qui s’adressaient ces piques. «L’un des très hauts responsables d’une des institutions de notre pays avait déclaré que Boko Haram se trouve parmi nous. Un membre du gouvernement de ce pays avait, lui aussi, déclaré lors d’un meeting que la guerre contre Boko Haram est un complot ourdi. Je suis surpris que depuis lors, on ne les ait jamais interrogé parce que de tels propos sont d’une gravité certaine, au regard des personnalités qui les ont tenus.

Lorsqu’un président de l’Assemblée nationale d’un pays le dit, on peut imaginer qu’il a au moins les éléments, des données factuelles qui lui permettent de pouvoir faire cette déclaration. Et tout cela était suffisant, à mon sens, pour qu’on les interroge au moins. Pas les interpeller, parce que tout ceci plonge les Camerounais dans la perplexité», a déclaré l’ancien membre du gouvernement à la presse. Pour lui, «Nous sommes dans un contexte de crise et les théories de complots fleurissent toujours dans un contexte de crise».

Deuxième personnalité d’une formation politique à s’être frottée aux questions des membres du Club Po, Maurice Kamto et ses contradicteurs ont fait le tour des questions économiques, politiques, avec notamment la mise en place des institutions de la République, la corruption et surtout, l’actualité. C’est ainsi que l’invité a tenu à apporter une nuance au récent rapport d’Amnesty International mettant l’armée camerounaise au banc des accusés. «Amnesty International a ses sources. En la matière, il faut faire attention. N’oubliez pas que nous sommes dans une situation de conflit armé.

Il y a très probablement des dérapages, mais cela ne doit pas être présenté comme le comportement général de l’armée camerounaise. Je crois qu’elle a déjà fort à faire. Elle travaille dans des conditions difficiles, avec des moyens limités. Il est de notre devoir de continuer à apporter un soutien sans faille à notre armée. Ils savent qu’ils doivent se comporter comme une armée professionnelle et combative », a fait savoir le président du MRC.