MAURICE KAMTO « ABORDER SANS PASSION LA QUESTION DU TRIBALISME AU CAMEROUN »

MAURICE KAMTO « ABORDER SANS PASSION LA QUESTION DU TRIBALISME AU CAMEROUN »

Dimanche dernier,le leader du Mrc a signé une déclaration sur les émeutes à caractère communautaire survenues à Sangmélima. Il y analyse les tenants et les aboutissants du tribalisme qui est une des graves menaces existentielles pour notre pays.

« Choquantes et inquiétantes », telles sont les qualificatifs usités par le challenger de Paul Biya au sujet des émeutes de Sangmélima. Il est dans cet état parce que ces manifestations avaient « un caractère ethno-communautaire. Elles ont, en effet, visées les communautés dites Bamoun, Bamiléké et du Septentrion », précise-t-il.

Il n’arrive pas par la suite à comprendre ce qui peut « justifier un tel déchaînement de violence haineuse contre des communautés ciblées ». Si chaque crime sur un individu devrait entraîner partout des représailles, poursuit-il, envers la communauté dont est originaire son auteur, notre pays serait à feu et à sang. Le vivre ensemble qui a été mise à l’épreuve à Sangmélima tout juste à la sortie du Grand dialogue national, et chacun peut vérifier qu’il s’agissait plus d’un slogan que d’une
construction. « Ce qui s’est passé à Sangmélima traduit le délitement de notre société.

Cette situation rappelle combien les Camerounais ne se font plus confiance, mais plus grave, qu’ils perdent le sentiment d’appartenance à une Nation et de partage d’une communauté de destin », a-t-il indiqué.

La complaisance des autorités et des élites

« Il est temps que nos populations comprennent que nous sommes filles et fils d’une même patrie, le Cameroun. Chaque Camerounais est et doit se sentir chez lui au Cameroun. Il est temps que les élites de toutes les régions le comprennent et se donnent pour mission sacrée de diffuser ce principe fondamental au lieu de se constituer en marionnette de la division », ordonne-t-il. Il a d’ailleurs déploré la passivité des forces de sécurité et l’inefficacité ou l’incapacité des autorités administratives.

La complaisance des autorités et des élites dans les émeutes de Sangmélima, Maurice Kamto le voit dans « le tribalisme d’Etat dont le Mrc a toujours mis en garde l’opinion national et international contre les dangers et les méfaits, est une grave menace pour la sécurité et la stabilité du Cameroun ».

Face à cette situation, le Mrc adresse à toutes les victimes de ces émeutes sa solidarité dans l’épreuve et demande à l’Etat de prendre ses responsabilités pour mettre un terme à cette situation, rétablir la paix sociale et apporter le secours adéquat aux victimes. « Il exhorte celle-ci et les communautés visées à ne céder ni aux provocations des émeutiers, ni au discours de certaines élites qui, au lieu de compatir et de rechercher l’apaisement, se livrent à une irresponsabilité déconcertante, à la stigmatisation. Il exige des enquêtes judiciaire et administrative sur ces émeutes avec, à la clé, des sanctions exemplaires », a-t-il indiqué, tout indigné.

Dans la même veine, le Mrc en appelle aux forces vives du pays pour trouver la forme d’organisation appropriée, en vue d’aborder sans passion, la question du tribalisme au Cameroun, qui constitue une des plus graves menaces existentielles pour notre pays. C’est une condition primordiale pour la reconstruction de la citoyenneté et l’avènement d’une République nouvelle, at-il conclu.