Matériel de surveillance: Le commerce se porte bien au Cameroun

Caméras de surveillance, détecteurs de métaux… s’arrachent quasiment dans le contexte sécuritaire actuel.

Dans ce magasin reputé discret à Yaoundé, quelques clients sont en repérage ce jeudi 30 juillet 2015. Ils sont à la recherche d’un équipement performant de surveillance, à un prix abordable, qui pour le domicile familial, qui pour l’entreprise. C’est que nous vivons plus que jamais dans un monde dangereux. « Toute personne est un potentiel suspect. Je ne peux plus laisser les gens aller et venir n’importe comment dans mes structures»
déclare Martin Nsoumb, cadre dans une entreprise. « J’ai sollicité l’expertise d’une entreprise spécialisée dans la vidéosurveillance afin de pouvoir installer des caméras et contrôler les accès dans nos bureaux et d’améliorer notre sécurité. Jusqu’à récemment, même les vendeurs ambulants entraient dans nos locaux » confie un jeune opérateur économique présent dans le magasin.
Par les temps qui courent, c’est clair que tout le monde est sur ses gardes. Du coup, le commerce des équipements et

matériels de protection connaît de meilleurs jours. Jusqu’alors recherchés par les nantis et les entreprises, ces instruments sont sollicités depuis peu par une clientèle plus variée. Selon le responsable d’un autre magasin sis à la montée Ane rouge, la demande est sans cesse croissante. Ici, les prix varient en fonction de l’accessoire choisi. Une caméra simple de bonne résolution coûte à partir de 35 000 F. Tandis qu’un kit de quatre caméras accompagné de DVR, un appareil qui permet d’enregistrer les images, utilisé pour les petites surfaces coûte 350 000 F. Le détecteur de métaux revient à 200 000 F. « Tout dépend du système qu’on veut mettre en place et de l’espace du site, parce que l’installation dépend de l’environnement. Grâce à la campagne de promotion que nous avons lancée, nos affaires repartent du bon pied. Les commandes arrivent chaque jour», explique Michèle Odou, responsable commerciale d’une de ces entreprises.
Les prix, apparemment prohibitifs pour certains de ces équipements, ne font pas reculer les demandeurs. Administrations, banques, supermarchés, boutiques de luxe, églises, particuliers… Les acquéreurs se recrutent dans différentes couches de la société. A titre d’exemple, la demande est si élevée dans la ville de Maroua, victime de trois attentats-kamikazes, que ces équipements se vendent comme de petits pains. « On n’en trouve plus dans les magasins spécialisés de la ville. Nous sommes obligés de solliciter des amis à Douala ou Yaoundé pour être équipés », avoue une source autorisée installée à Maroua. Déjà, d’aucuns y ont trouvé un filon rentable, expédiant ces outils à des amis qui les revendent sur place.