Maroua replongée dans l’émoi

L’attentat du quartier Pont vert a fait 21 morts et 85 blessés samedi soir.

Tristesse, lamentations, pleurs ont  subitement ébranlé  l’ambiance frénétique  qui caractérise le quartier du Pont vert à Maroua samedi dernier. Les habitants de ce quartier populeux et cosmopolite de Maroua en sont à s’interroger sur les mobiles de l’acte triste sort qui est venu attrister leur samedi soir généralement considéré comme jour de grand rassemblement. Alors que la ville n’a pas fini de pleurer et d’enterrer ses morts du double attentat-suicide du 22 juillet dernier, elle a été replongée samedi soir dans la stupeur. Une forte explosion a retenti vers 19h30mn dans une zone de forte concentration de débits de boisson. Selon des témoins, une jeune fille d’environ 14 ans et habillée d’un ensemble pagne s’est fait exploser non loin d’un vidéoclub, à côté des vendeurs des médicaments de la rue. La déflagration a frappé des personnes qui se trouvaient aux alentours sur un rayon de 50 m.

Sur le site, c’est un véritable carnage. Les images des corps déchiquetés par la puissance de l’explosion sont insoutenables. Des flaques de sang sont répandues au sol. Les corps et les blessés sont évacués à l’hôpital régional de Maroua. Les forces de défense et de sécurité quadrillent le quartier. Les habitants sont sommés de rentrer chez eux. Plusieurs personnes sont interpellées pour besoin d’enquête.

Les 21 corps dont celui du kamikaze sont déposés à la morgue de l’hôpital régional. Dans cette formation sanitaire, médecins et infirmiers s’affairent à sauver les 85 blessés. Ils sont  excédés par le nombre et les traumatismes des victimes. Ce triste bilan risque de s’aggraver, le diagnostic vital d’une demi-douzaine de blessés étant sérieusement engagé. Les secours s’organisent. Le ministère de la Santé publique a annoncé l’arrivée d’une importante cargaison de médicaments. L’OMS a mis à la disposition de l’hôpital régional un lot de médicaments. La coordinatrice du système des Nations unies a promis un appui médical. Médecins sans Frontières a offert une tente où sont accueillis la plupart des blessés. La Croix- Rouge dans ses différentes  composantes est à pied d’œuvre.

Hier matin, le gouverneur a effectué dès les premières heures de la matinée un tour sur le site de l’explosion. Midjiyawa Bakari a, par la suite rendu une visite aux blessés à l’hôpital régional. Il leur a transmis le message de réconfort et d’encouragement des pouvoirs publics. Au cours de la première réunion de crise, il a invité le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Maroua, les trois maires de la ville de Maroua et les âmes de bonne volonté à apporter une assistance aux blessés nécessiteux.