Maroua: l’éducation spirituelle en avant

L’imam Cheikh Mahamoudou Mal Bakary a davantage demandé aux fidèles de se rapprocher d’Allah.

Dès 6h, des milliers de fidèles musulmans ont pris d’assaut les lieux de prière. L’actualité de l’insécurité ambiante l’obligeant, des dispositifs particuliers ont été mis en place pour éviter des surprises désagréables. D’abord les ports de sacs ont été interdits. Pour accéder à la mosquée, les fouilles corporelles étaient systématiques sur un rayon d’au moins 800 mètres autour de l’édifice et ce, à plusieurs niveaux avant d’atteindre le point de chute.  Même le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, fidèle musulman et le lamido de Maroua, Sa majesté Bakari Bouba, chef spirituel et sa garde sont passés au scanner du détecteur des métaux. Des chiens détecteurs du Bataillon d’intervention rapide (BIR) et des hommes en alerte maximale, un hélicoptère qui ne cessait de planer dans le ciel pour veiller au grain, ont aussi été mis à contribution.

5 minutes. De 8h43 à 8h48, c’est le temps qu’aura duré la prière à l’occasion de la fête de la Tabaski à la grande mosquée de Maroua. S’agissant du rituel proprement dit,  l’imam Cheikh Mahamoudou Mal Bakary, par ailleurs, président du conseil des Ulémas et imams du Cameroun, a dit que certes c’est une habitude de se retrouver en ce lieu pour prier et immoler le mouton à l’occasion de la fête de la Tabaski, mais que cette rencontre devenue ordinaire par la force de l’habitude ne perd pas sa signification, à savoir l’acte de piété et de dévotion manifesté envers Allah. C’est pourquoi pour la circonstance, il a choisi le thème : « foi et société ». Un sujet qui lui a permis de s’appesantir sur les maux qui minent notre société aujourd’hui où la morale et la bonne éducation sont en perte de vitesse. D’où son exhortation aux fidèles à « plus d’engagement et à accorder une attention particulière à la qualité de l’éducation spirituelle, morale, civique et professionnelle surtout en faveur de la jeunesse, fer de lance de notre société, de notre avenir si on la veut porteuse d’espoir et de béatitude », a dit le religieux.

Le message transmis en présence de plusieurs autorités administratives, militaires, académiques et religieuses de la région n’est pas tombé dans les oreilles des sourds. En accompagnant les fidèles musulmans dans la prière, les non-musulmans eux aussi n’ont pas hésité à répondre à cet appel en disant d’un seul chœur « amen ». Le lamido de Maroua a boudé le cérémonial en sacrifiant un bélier.