Mariages précoces et forcés: Sensibilisation par l’image

Une exposition photos vient d’être organisée à Maroua dans le but de réduire à leur plus simple expression les violences sur le genre

 

Ils étaient bien nombreux. Les jeunes des deux sexes qui, du 22 au 28 mai 2017 se sont donné rendez-vous au Centre multifonctionnel régional de formation des jeunes de l’Extrême-Nord à Maroua. C’était à la faveur du vernissage des photos qui y a été organisé. Des photos prises de partout dans le monde et qui font un zoom sur les méfaits des mariages précoces et forcés. Il n’y avait pas que les photos ; il y avait aussi des documentaires qui ont été projetés à cette occasion et dans lesquels l’attention des populations était attirée sur le droit inaliénable de la jeune fille qui, hélas, continue à être bafoué dans la région de l’Extrême-Nord. Une fenêtre a par ailleurs été ouverte aux femmes qui se sont exprimées sur des violences qu’elles ont subies ; et à ce sujet, les témoignages poignants de Fadimatou Amadou, aujourd’hui  âgée de 28 ans, et celui de Fatimé Abbakachi, 41 ans ont fait écraser des larmes à plusieurs participants à cette rencontre. Elles ont été envoyées en mariage forcés respectivement à 14 et à 15 ans. Ni l’une, ni l’autre n’est prête à pardonner à ses parents qui les ont envoyées en mariage alors qu’elles étaient encore adolescentes.
Nini Pawa Jeannine, épouse Louleo, chef d’unité régionale du Centre multifonctionnel de formation des jeunes de l’Extrême-Nord a saisi l’occasion de ce vernissage pour présenter au gouverneur représenté à ces assises par Jérémie Nignaleba Fombagne, le chef de subdivision des affaires juridiques des services du gouverneur, les difficultés auxquelles fait face sa structure. Les besoins en termes d’amélioration des conditions et du cadre du travail, notamment la construction d’une clôture, l’électrification et l’équipement des locaux et la mise à disposition des matériels didactiques. Cette exposition a bénéficié de l’appui technique du bureau du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) représenté par Dr Jean Alain Mah, chef du sous-bureau de Maroua.