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MARCHE CONTRE LE TERRORISME:

MARCHE CONTRE LE TERRORISME:Y A-T-IL UNE MAIN POLITIQUE QUI VOUDRAIT NOYER LA COMMÉMORATION DES ÉMEUTES DE LA FAIM PAR LA MARCHE PATRIOTIQUE ?

Le 28 février prochain, plusieurs camerounais sont appelés à sortir massivement à Yaoundé pour manifester pacifiquement contre les atrocités perpétrées par la secte islamiste Boko Haram et aussi en profiter pour réaffirmer leur soutien indéfectible aux forces armées camerounaises qui se battent  depuis plus d’un an pour empêcher les membres de la secte de Boko Haram  de contrôler la moindre parcelle de notre territoire.

Cette marche est initiée par  un collectif de quelques journalistes issus du milieu de la presse camerounaise à l’instar de Polycarpe Essomba, Guibai Gatama, Thierry Ngongang, Éric Benjamin Lamere, Raoul Simplice Minlo etc.

Depuis plus d’un mois, ces hommes de médias ont investi la toile pour vendre leur projet. Ils multiplient des réunions, prennent des contacts, bref préparent ce qu’ils appellent la « grande marche patriotique ». Mais cet évènement suscite dans l’opinion à la fois, curiosité et interrogations. Curiosité d’abord en raison du profil des organisateurs- des journalistes qui pouvaient sensibiliser à travers leur plume. Des interrogations ensuite pour s’assurer qu’il ne s’agirait pas d’une quelconque commande politique. Au-delà de l’ambition affichée par le Collectif « Unis pour le Cameroun », cette manifestation est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion.

La date de la grande marche patriotique de ce 28 février suscite des commentaires de la part de ceux qui estiment que le choix de la date n’est pas gratuit.

Le 28 février coïncide en effet selon les contestataires de cette date avec la date anniversaire des émeutes dites de la faim de février 2008.

Pour le Mouvement de février 2008, « il n’y a rien de plus triste pour un peuple que d’ignorer son histoire ; il n’y a rien plus criminel pour des dirigeants politiques que de falsifier l’histoire d’un peuple. Dans l’histoire d’une nation et d’un peuple, chaque chapitre doit être conservé pour l’édification des générations à venir ; et quelle que soit la motivation, l’acte d’occulter un fait historique avéré, par la fabrication d’un fait politique aléatoire, est un acte contraire au patriotisme. »

Plus loin, cette association qui en compagnie de plusieurs autres organisations de la société civile camerounaise, s’interroge  » Mais, combien n’a pas été notre choc et notre colère quant au choix de la date de cette marche et l’intention malsaine qu’un tel choix traduisait. En effet, le 28 février au Cameroun, depuis 2008, existe dans la mémoire collective, intellectuelle, politique et internationale comme étant la date de la commémoration des émeutes meurtrières de février 2008, avec la journée du 28 février 2008 comme étant la plus violente et la plus sanglante sur l’étendue du territoire Camerounais. C’est une date qui, non seulement appartient à l’ensemble du peuple, mais en plus ne doit souffrir d’aucun ombrage et d’aucune récupération politique et politicienne »

Selon Boris Bertolt dans l’une de ses sorties médiatiques sur camer.bre, La date du 28 février devrait être celle d’un « devoir de reconnaissance » qui doit « passer par la reconnaissance des violences perpétrées contre des personnes désarmées, la reconnaissance des morts qui manifestaient au nom des libertés publiques  contenues dans la constitution de 1996, la reconnaissance envers ces mères qui sont sorties ce 28 février parce qu’elles n’avaient plus de quoi bouillir leurs marmites, la reconnaissance en vers ces étudiants incarcérés pendant plusieurs mois parce qu’ils avaient simplement voulu exercer un droit qui leur ait enseigné à l’école, la reconnaissance de ces personnes décédées ce jour à Bamenda, Bafoussam, Douala, Yaoundé et autres, dont l’identité n’a jamais été communiqué. La République a également le devoir de les célébrer et de demander pardon s’il l’en faut. C’est comme cela qu’une nation se construit. Qu’un peuple s’unit et définit de manière commune et consensuelle ses ambitions. L’enjeu c’est de dire « PLUS JAMAIS CA ». Plus jamais on ne tirera sur des citoyens désarmés. Plus jamais des corps ne disparaîtront sans qu’on ne retrouve leurs traces dans le cadre d’une manifestation ; Plus jamais des unités spéciales de l’armée (BIR, GP et autres) ne seront mobilisées contre leurs « frères ». On ne fait pas la guerre contre son propre peuple »

Plus loin, ce journaliste chercheur affirme que « Certains camerounais, dans une posture cynique inquiétante ont cru bon de remettre en cause l’existence d’une « journée de martyrs » au Cameroun arguant qu’elle n’a jamais été institutionnalisée. Une posture d’une froideur déconcertante. C’est dans la mesure où les mobilisations sociales et politiques de ces dernières années pour commémorer cet évènement et qui ont parfois été brutalement réprimées ont été largement relayé dans les médias. » […]Plus grave. Comment vouloir qu’un pouvoir qui a ordonné à l’armée de tirer sur son peuple puisse lui-même reconnaître ces massacres ? C’était comme demander à Hitler de reconnaître la Shoah. On ne doit pas et on ne peut pas rester éternellement insensible aux souffrances d’autrui. Les tenants de cette posture (Organisateurs de la manifestation du 28 février prochain à Yaoundé) auraient-ils eu le même raisonnement si l’un des leurs avait perdu la vie ?

Face à ces multiples questions, il y’a lieu de s’interroger sur le choix de cette date du 28 Févrrier 2008. Y a-t-il une main politique qui voudrait noyer la commémoration des émeutes de la faim par la marche patriotique ? Telle est la question de la semaine

 

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