Maître Nyem: «Il faut professionnaliser les métiers de l’informel au Cameroun»

La vice-présidente Sonia Biyiti Essam et la conseillère juridique Maître Nyem parlent des missions de la commission économique née au sein d’une sous-section du RDPC de France

Parlez-nous de cette fameuse commission économique.

Sonia Biyiti Essam
C’est la continuité d’une cellule économique née dans notre sous-section de Seine et Marne, à l’initiative de notre président Monsieur Roger Ze Mbarga. Nous sommes au terme d’une année de constats sur les problèmes économiques et plus spécifiquement sur les créations d’entreprises au Cameroun. Il nous est apparu à cet effet certains points d’ombre qui freinent notre économie.

Notre commission est là pour proposer des solutions aux constats que nous avons faits. Ce qui me passionne énormément car, il s’agit de promouvoir le Cameroun, de faire avancer notre pays en essayant d’améliorer le vécu pour rendre le pays plus attractif.

Quels sont les constats négatifs et vos propositions positives?
Il y a des choses à améliorer pour atténuer votre expression de constat négatif. J’ai une formation de base de comptable, donc économique et financière. Il y a malheureusement au Cameroun une surliquidité bancaire, oui, nos banques qui sont des banques de dépôt ont trop de liquidité et ne savent pas quoi en faire. En même temps elles n’inspirent pas toujours confiance car l’économie informelle règne. Parmi les projets que nous faisons dans notre commission, nous proposons une amélioration en dissociant les activités des banques de dépôt et des banques d’investissement. Il s’agit aussi de voir différentes filières tournant autour des banques, comme les métiers de la bourse, catalyseurs dans les activités économiques d’un pays. Les courtiers, les analystes financiers sont des filières qui existent et fleurissent dans la diaspora mais qui ne sont pas mis en avance au pays.

 

Pourquoi a-t-on toujours l’impression qu’en parlant de projets économiques au Cameroun qu’il ne s’agisse toujours de cadres diplômés?

Maître Nyem
Sachez que la promotion du Cameroun passe par les petites mains aussi et je peux me permettre un parallèle avec la France où l’artisanat est la première entreprise. L’embauche vient en grande partie de ces secteurs et non des grandes entreprises. Nous, commission économique, avons fait un état de lieu de la situation économique du pays. Il faut professionnaliser les secteurs économiques, c’est à dire qu’au lieu par exemple d’aller toujours chercher la petite cousine au village pour venir garder les enfants en ville, nous voulons former des assistantes maternelles, des cuisinières… .

L’émergence et le dynamisme économique passent par là. Nous avons besoins de cadres certes, mais d’assistantes maternelles de cuisinières qualifiées. Il est important de professionnaliser les métiers de l’informel.

Votre initiative est belle et admirable. Mais ne craignez-vous pas qu’on la juge sectaire, partisane, car émanant du parti politique au pouvoir le RDPC?
Nous levons tout de suite l’équivoque en disant que l’émergence concerne tous les camerounais. Elle a certes été initiée par les institutions en place, mais il faut que chaque citoyen se sente concerné, sachant que c’est ensemble que nous mettrons la main à la pâte pour arriver à un résultat. Notre commission économique travaille avec et pour tous les camerounais.

Vous voulez savoir comment nous comptons franchir les barrières juridiques de la faisabilité? Si certains croient que c’est un rêve, rêvons, rêvons! Toutes les réalisations commencent par un rêve, mais je ne suis pas là pour la déco, je suis juriste. Il faut bien évidemment une stabilité juridique et fiscale. Mon rôle consiste aussi à créer la dimension contractuelle dans le domaine économique. C’est très important car le contrat c’est rencontre de deux volontés. Nos sociétés fonctionnent en général par la parole donnée. Cette parole, on va la mettre sur écrit avec des instruments juridiques.