Maïs : quand les semences préoccupent

De nombreux planteurs n’en ont pas reçu pour la campagne d’août en raison de souci de qualité.

« La bonne semence est devenue rare ». Julbert Konango, délégué régional de la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Elevage et des Forêts pour le Littoral, déplore une situation constatée il y a quelques mois. De fait, de nombreux planteurs de maïs à travers le pays n’ont pas entamé la campagne d’août (la première de l’année se déroule en mars) de la meilleure des manières. La faute à des « semences de mauvaise qualité, qui avaient perdu le pouvoir de germination ». Tout serait parti de défaillances de quelques semenciers (ou producteurs de semences) en contrat avec le Minader pour alimenter l’unité de traitement et de conditionnement des semences d’Obala.

Les semailles préparatoires à la première saison 2015 n’ont pas donné les résultats escomptés. Notre source relève alors que pour atteindre les quotas promis au Minader, quelques semenciers ont acheté des productions de petits planteurs qu’ils ont ajoutées aux leurs. Il y a donc eu mélange : maïs de bouche (destiné à la consommation) et semences (non encore traitées ni conditionnées). Résultat, un produit au rendement décevant.

A la délégation régionale du Minader pour le Littoral, on ne nie pas qu’il y ait eu du souci question semences, même si le tableau présenté est quelque peu différent. Jean-Marie Bell Nyemb, le délégué régional, explique : « Nous avons reçu 40 tonnes de semences en mars 2015, venant de l’unité de conditionnement de Muyuka, dans le Sud-Ouest. Elles étaient de bonne qualité. Avant de les distribuer nous avons procédé à un test dans notre laboratoire ici, à l’issue duquel nous avons relevé un taux de germination de 97% ». Jusque là, tout va bien. Au cours du mois de mai suivant, la délégation apprend qu’il reste encore 30 tonnes de semences dans le Sud-Ouest. Et se les fait livrer.

Seulement, « les agriculteurs n’en avaient plus besoin ». La cargaison est donc stockée, en vue de la campagne d’août. Le moment venu, suivant le protocole, des tests sont à nouveau effectués. Les semences se sont dégradées, hélas ! Le taux de germination est tombé « à moins de 10% ». Pas question de les distribuer. C’est finalement un éleveur qui en héritera. Il se pose donc au moins un problème : comment trouver assez de matériau végétal pour la première campagne de 2016 ? Le délégué du Minader se veut rassurant : « Il n’y a pas de pénurie en vue, mais l’offre en semences a diminué ». Solution ? « Le Minader est en train de passer des marchés pour la création de champs semenciers », explique Jean-Marie Bell Nyemb.

Pour avoir suffisamment de maïs, il est question, en quelque sorte, de mettre les bouchées doubles.