M. Issa Tchiroma Bakary : « Monsieur Henri Engoulou souffrait d’affections diverses »

M. Issa Tchiroma Bakary : « Monsieur Henri Engoulou souffrait d’affections diverses »

M. Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication du gouvernement Philémon Yang II, a délivré la communication gouvernementale relative au décès de M. Henri Engoulou, survenu ce jeudi 08 mai 2014, aux environs de 07 heures du matin à l’hôpital central de Yaoundé.

Pour le gouvernement camerounais, l’ancien ministre délégué auprès du ministre des Finances et chargé du budget, M. Henri Engoulou, détenu depuis quatre (4) ans, sans jugement à la prison centrale de Kondengui, et poursuivi en coaction, dans une affaire de détournements de fonds publics. Pour les autorités camerounaises, M. Henri Engoulou souffrait « d’affections diverses ».

Sans donner des précisions aux hommes et femmes de médias concernant le décès de l’ex ministre, M. Issa Tchiroma Bakary, est resté vague, dans une communication d’à peine cinq minutes. Voici ce que nous a dit le ministre de la Communication « Au cours de sa détention, Monsieur ENGOULOU, qui souffrait d’affections diverses, a bénéficié d’un suivi médical régulier à l’Hôpital Central de Yaoundé », et de poursuivre, «Chaque fois que cela s’est avéré nécessaire, Monsieur ENGOULOU a été admis en hospitalisation au sein de cette formation sanitaire, où des soins lui étaient prodigués par des équipes médicales.

Son état de santé s’étant aggravé, son médecin traitant a prescrit une hospitalisation, intervenue le 07 avril 2014 au Pavillon haut standing de l’Hôpital Central de Yaoundé. Il importe de noter que tout au long de sa maladie et avant sa dernière hospitalisation, le défunt se rendait régulièrement auprès de son médecin traitant, chaque fois que son état de santé l’a nécessité. Monsieur ENGOULOU a donc bénéficié de toutes les facilités d’usage, pour lui permettre de recevoir les soins appropriés, à la mesure des affections dont il souffrait. Il a malheureusement succombé des suites de ces affections, ce matin [hier 08 mai 2014 Ndlr], aux environs de 07 heures, à l’Hôpital Central de Yaoundé».

Interrogé par Rfi, Joël Didier Engo, porte-parole du Comité de Libération des prisonniers politiques (Cl2p), du Cameroun, affirme qu’Henri Engoulou qui était impliqué dans la même affaire que Me Lydienne Yen Eyoum et Polycarpe Abah Abah, est mort de fièvre typhoïde, dans le dénuement total, comme un citoyen lambda, et pire, cet ancien ministre, n’avait plus les moyens de payer ses avocats.

Ce que cache la sortie du ministre de la Communication

De mémoire, le gouvernement camerounais n’a jamais été aussi prompt à réagir. L’on peut penser que les autorités de Yaoundé, veulent anticiper sur les médias et couper court à toute interprétation sur la mort d’un individu qui est resté en prison pendant quatre ans, sans jugement et sans être fixé sur son sort. Une communication gouvernementale aux allures des méthodes de Ponce Pilate, qui s’est lavé les mains dans la mort de Jésus Christ. Quel crédit accordé à une communication gouvernementale initiée par le secrétaire général de la Présidence de la

République. Le régime de Yaoundé tente de camoufler une erreur judiciaire. Tout comme la mort de Catherine Abena, celle d’Henri Engoulou suscitera bien des interrogations.

camernews-Issa-Tchiroma

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