Lutte contre la fraude douanière: la main tendue aux entrepreneurs du Nord

Une plateforme de collaboration scellée à Garoua pour combattre le commerce illicite de marchandises.

Les échanges commerciaux entre la région du Nord et les trois pays avec lesquels elle partage une frontière (Nigéria, Tchad, Rca), engendrent parfois bien des dangers pour les opérateurs économiques nationaux, et par ricochet les recettes de l’Etat. Entrée sur le marché de produits prohibés, dumping, prolifération de contrefaçons, le tout sans passer par la case douane, donc en privant l’Etat de revenus substantiels. L’opération Halcomi (halte au commerce illicite) mise en place par la Direction générale des douanes pour endiguer ce phénomène, a ainsi commencé à se déployer dans plusieurs régions du pays. Pour lui donner plus d’ampleur et d’efficacité, une mission spéciale de la direction générale des douanes était vendredi dernier à Garoua. Conduite par l’inspecteur principal de douane Georges Dinga, cette délégation a rencontré des opérateurs économiques et transitaires de la région, afin de mettre en place une plateforme de collaboration.

Car si la mission de protection économique incombe aux services de douane, la lutte contre la fraude ne produira des résultats probants qu’avec le plein appui des partenaires que sont les transitaires et commerçants. Ce qui suppose un dialogue franc et permanent entre les deux entités. A cet égard, la rencontre de Garoua a permis de crever bien des abcès. Les représentants des commerçants ont ainsi pu faire part de leurs griefs contre les douaniers, dont les abus et tracasseries poussent certains à emprunter les chemins de traverse. Les échanges qui s’en sont suivis ont ainsi permis de se mettre sur la même longueur d’ondes, d’aplanir les divergences et de lever les incompréhensions. Au final, les opérateurs économiques de la région disposent désormais d’un accès aux hauts responsables de l’administration douanière, pour signaler les cas d’abus dont ils seraient victimes. La mission Dinga s’est engagée à leur apporter tout l’appui et les facilités nécessaires pour évoluer dans un environnement plus souple. En contrepartie, outre l’obligation de déclaration de toutes les marchandises entrant, le respect de la réglementation en matière de produits prohibés d’importation, les opérateurs devront aider la douane à débusquer les commerçants et importateurs véreux.