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Lutte contre Boko Haram – Lieutenant Colonel Didier Badjeck: «Nous traduisons l’engagement pris à Paris par le chef de l’Etat»

Lutte contre Boko Haram – Lieutenant Colonel Didier Badjeck: «Nous traduisons l’engagement pris à Paris par le chef de l’Etat»

Lieutenant colonel Didier Badjeck, chef de la division de la Communication au ministère de la Défense.

Au sortir du dernier Sommet de Paris sur la sécurité au Nigeria, le président de la République a déclaré la guerre contre la secte Boko Haram. Qu’est-ce qui est fait dans ce sens au niveau des forces de défense ? Ce qu’il convient d’abord de rappeler c’est que le chef de l’Etat est le chef des Armées. C’est lui qui nous guide et donne l’orientation. Il a pris une décision à un niveau stratégico-politique avec ses pairs. Ceci est pour nous une instruction et nous la traduisons au niveau stratégico-militaire. A partir de ce moment, nous menons la réflexion et des actions au niveau opératif. Vous savez que nous sommes dans le domaine militaire, c’est pourquoi je vais me réserver de dire ce que nous avons déployé sur le plan quantitatif et qualitatif sur le terrain en raison de la nature, de l’attitude et du volume (NVA) d’une force qui peut la rendre vulnérable. Vous savez aujourd’hui que Boko Haram a des moyens importants, c’est la raison pour laquelle nous n’allons pas rentrer dans le détail de notre déploiement sur le terrain. Il est simplement question de traduire avec nos éléments, l’ordre donné par le chef des Armées. Mais avant d’en arriver là, il y a eu une anticipation qu’il ne faut pas ignorer. Il y a environ un mois, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense a procédé à l’installation des commandants des 31e et 32e Brigades d’infanterie motorisées (Brim) respectivement à Ngaoundéré et à Maroua. Nous avions déjà pris la mesure de la chose, le président de la République ayant déjà compris qu’il était nécessaire de renforcer le dispositif dans cette partie du pays qui commençait à devenir crisogène. C’est dans cette même veine que la 11e Brim a été déployée pour faire face à la menace venant du côté de la région de l’Est. La guerre déclarée n’est pas une guerre conventionnelle. Les moyens déployés répondent-ils à la menace que représente Boko Haram ? C’est la grande difficulté. La menace asymétrique est extrêmement sournoise. Au niveau conventionnel, nous avons à reconnaître les voies de communication, protéger certains endroits sensibles, protéger les symboles de l’Etat, les personnes et les biens. Ce qui nous fixe sur des points précis. Dans le cas actuel, vous avez des adversaires qui n’ont pas de base, vous ne savez pas d’où ils viennent. Il leur suffit d’un simple renseignement sur nos positions et ils attaquent en fonction des éléments de notre présence. Cette menace est difficile à juguler. Nous nous préparons néanmoins en travaillant de manière constructive. Il est important ici que la collaboration soit efficace entre les forces de défense et la population. Parce que ces éléments de Boko Haram vivent parmi nous. Il est très difficile de faire la différence entre un élément de ce mouvement et un compatriote vivant dans cette partie du pays. Nous devons donc être très réactifs et flexibles sur le terrain. La plate-forme a permis de prendre un engagement pour mutualiser les forces. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’on aura une force de coalition, ce qui est difficile à mettre sur pied. Or, la menace n’attend pas. Chaque pays doit augmenter ses capacités et il est mis sur pied une coordination. Ce déploiement des forces de défense est-il fait de manière concertée avec les pays voisins ? Nous avons une mission régalienne : celle de défendre notre territoire. A partir de ce moment, dès que nous constatons la menace, quelle qu’elle soit, nous devons mettre des moyens pour la juguler, indépendamment de ce qui peut se faire au niveau des pays voisins. Aujourd’hui, la menace s’intensifie. Les mécanismes de déploiement de Boko Haram sont pratiquement militaires. Nous n’attendons donc pas une mobilisation de nos voisins. Mais il faut souligner qu’au lendemain de la visite du président tchadien Idriss Deby Itno à Yaoundé, la semaine dernière, il y a eu une séance de travail entre le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense et son homologue tchadien et les experts des deux pays, afin de voir dans quelle mesure notre mutualisation peut être la plus efficace possible. Il y aura une bonne coordination dans ce sens. Quid du matériel déployé ? Le dernier défilé du 20 mai au Boulevard éponyme à Yaoundé, a fait voir une montée en puissance de nos forces de défense qui ont une plus grande flexibilité. Même au niveau aérien, nous avons accru nos capacités. Le déploiement de ce matériel a eu lieu à Yaoundé et ailleurs, sans empêcher notre présence sur le terrain. Les hommes ont été formés pour utiliser les équipements qui ont été déployés. Tout ceci est la résultante des efforts entrepris par le chef de l’Etat depuis son discours de Ngaoundéré en 2000 lors du quarantenaire des forces armées. Il a eu une vision très claire qui a abouti à la réforme de 2001 qui permet de répondre aux préoccupations de l’heure. Cette opération va durer combien de temps ? Ce que les Camerounais doivent savoir aujourd’hui, c’est que le chef des Armées a donné un ordre qui est mis en application sur le terrain. Nous sommes en guerre et nos forces sont préparées à cela. Des moyens conséquents sont mis en place. Il peut avoir des risques nous y sommes préparés. Les Camerounais doivent juste être solidaires parce que nous restons dans un concept de défense populaire. Les forces de défense sont le reflet de l’intégration du Cameroun. La Nation doit leur apporter son soutien. A travers cette guerre, tout le monde doit prendre conscience des vertus de la paix.

 

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