Lutte contre Boko Haram : Les terroristes étirent le front

Lutte contre Boko Haram : Les terroristes étirent le front

Ils ont perpétré une attaque sans précédent à Bargaram jeudi et vendredi derniers.

Lors de l’émission « Honneur et fidélité » produite par les Forces armées camerounaise chez notre confrère Crtv, un intervenant a fait une brève narration des évènements de jeudi et vendredi derniers. Une fois encore, les terroristes de la secte Boko Haram, venus du Nigéria lourdement armés, ont perpétré une attaque sans précédent sur le poste avancé de l’armée camerounaise de Bargarm. « Ils ont été repoussés, mais nous avons enregistré des pertes », a-t-il déclaré. D’autres sources concordantes sont moins succinctes.

Elles racontent que jeudi 24 juillet, peu après 17h, des hommes armés ont surpris des militaires dans leur poste de cette localité située à une douzaine de kilomètres de Hilé Halifa dans le département du Logone et Chari. Selon elles, ces assaillants se sont vêtus d’uniformes de l’armée camerounaise et sont arrivés à bord de pick-up grimés comme ceux qu’utilisent nos forces de défense. C’est par ce subterfuge qu’ils ont pu approcher nos soldats. Ils leur ont tiré dessus, et en ont tué certains.

Ils ont ensuite pillé le poste. Ils auraient emporté deux voitures, des armes et des munitions. Alors que l’information de leur fuite s’était répandue, ils sont revenus plus nombreux. Ils étaient à bord de 30 ou 80 pick-up selon les sources. Ils ont alors commencé à s’installer dans la localité, hissant leur drapeau sous la menace de leurs armes. Mais, c’était sans compter avec les renforts partis de Kousséri, de Maroua et de Garoua. Ceux-ci ne savaient pas encore que les terroristes y étaient installés plus nombreux. Ils sont tombés dans un guetapens et après d’âpres combats, l’armée camerounaise a réussi à chasser les terroristes du sol camerounais.

Ils se sont repliés du côté nigérian d’où ils étaient venus la veille. Malheureusement, des militaires camerounais ont trouvé la mort lors de cet affrontement. La localité de Bargaram et toutes celles situées sur les rives du lac Tchad sont l’objet d’une résurgence des exactions des terroristes. Les autorités militaires savent de longues dates que cette zone est convoitée par les membres de Boko Haram. Ils ont multiplié des tentatives de séduction et d’intimidation à l’indifférence des populations. Des prédicateurs n’ont pas réussi à enrôler de nouvelles ouailles. En représailles, les islamistes ont enlevé, par exemple, le 14 juillet dernier, le fils d’un notable de la ville. Selon des chefs militaires, Boko Haram veut absolument s’emparer des confins du lac Tchad parce que c’est le principal point de passage de leurs armes en provenance du Tibesti.

« On sait où ils sont, dans les îles du lac Tchad, côté nigérian », affirmait déjà le général Hyppolite Ebaka en juin dernier. Vraisemblablement, le récent déploiement des forces de défense camerounaises, la déroute historique de Dabanga à la fin du mois de mai dernier et le resserrement des mesures de sécurité aux frontières tchadiennes agacent les terroristes qui se sentent obligés d’utiliser des méthodes jusqu’ici inédites au Cameroun. Jamais, en effet, ils n’avaient attaqué aussi nombreux. De plus, le stratagème d’utiliser des uniformes et des véhicules aux couleurs de notre armée est une première pour nos forces.

Des renforts supplémentaires

Selon des sources militaires, de nouveaux renforts en hommes et en matériels sont partis de Yaoundé : « Nous avons fait monter deux hélicoptères M1 7 de fabrication russe qui sont spécialisés dans le transport des troupes et le soutien du combat au sol ; d’autres chars Carat équipés de canons plus puissants sont eux aussi en route et nous nous sommes armés d’équipements qui nous permettent de combattre de nuit ».

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