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Lutte Contre Boko Haram : les forces de défense et de sécurité à l’index

Lutte Contre Boko Haram : les forces de défense et de sécurité à l’index

Des allégations de torture, peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants pèsent sur elles.

En l’espace de trois mois, deux rapports mettent en cause les forces de défense et de sécurité camerounaises à l’Extrême-Nord. Après celui d’Amnesty international publié en septembre dernier, la Commission nationale des droits et de l’homme et des libertés (Cndhl) évoque à son tour, les allégations de torture, peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants sur les populations qui ont été portées à sa connaissance.

Ceci, «malgré le professionnalisme dont les forces de défense et de sécurité font preuve», peut-on lire dès la page 12 du premier chapitre dudit rapport. Les fins limiers de la Cndhl dressent en tout cas une liste de «perquisitions intempestives dans les domiciles privés sans mandat de justice ; arrestations et séquestrations arbitraires ; rançonnement des usagers sur la route (l’extorsion de sommes d’argent aux usagers de la voie publique par les forces de défense et de sécurité pour dispenser lesdits usagers des contrôles de routine ou de l’interdiction de circuler à certaines heures ou avec certains types de véhicules) ; trafic des stupéfiants et bien d’autres».

Mais les cas les plus préoccupants constatés par la Cndhl restent ces exactions attribuées à nos valeureuses forces de défense et de sécurité au front chaque jour pour lutter contre la secte terroriste Boko Haram. «Le 28 décembre 2014 en ouvrant les cellules, 25 personnes parmi 70 ont été retrouvées sans vie, mortes asphyxiées du fait de l’absence d’aération et de l’étroitesse des locaux», mentionne le rapport dans un encadré consacré aux cas d’arrestations et de séquestrations (voir ci-dessous). Depuis près d’un an déjà, l’on est sans nouvelle de «129 personnes essentiellement des jeunes, (qui) ont été interpellées par les forces de sécurité et conduites à Maroua». Autre cas inquiétant et rapporté dans ce document, des disparitions forcées et décès des détenus.

«Après les attaques de Boko Haram (les 19 et 26 décembre 2014) et les rafles subséquentes effectuées par l’armée (le 27 décembre 2014), 274 personnes manquent à l’appel des villages concernés. 70 d’entre eux, suspectés d’appartenir à Boko Haram, ont été conduits à la Légion de Gendarmerie de Maroua, tandis que 204 sont portés disparus», peut-on aussi y lire. Et ce n’est pas tout. Il est mentionné le cas du ratissage du village Mabass. «Lors d’un reportage spécial, les journalistes du quotidien Cameroon Tribune ont relevé qu’à Mabass et dans plusieurs villages, notamment non loin de Mokolo, l’absence d’hommes d’une certaine tranche d’âge (18 à 40 ans) était fort préoccupante. Les soldats leur ont expliqué que c’est en raison de leur enrôlement par les terroristes de Boko Haram. Cet état de choses explique l’organisation régulière des rafles dans ces villages». Face à ceci Camer.be, Chemuta Divine Banda, président de la Cndhl explique que «Les autorités ont exigé que les mesures de vigilance soient augmentées et ceci a eu un certain impact sur les libertés. Il y a les populations qui ont voulu se plaindre de cette situation, mais on leur a fait comprendre que c’était absolument nécessaire pour tout le monde de coopérer en situation de guerre ; qu’on peut ne pas jouir de toutes les libertés pendant une guerre».

Raison pour laquelle «La Cndhl exhorte les forces armées nationales au respect scrupuleux des droits de l’homme dans l’organisation des rafles». Des actions de sensibilisation des populations, des autorités locales et des forces armées nationales ont ainsi été menées dans la région de l’Extrême-Nord sur le respect des droits de l’homme en contexte de conflit armée et en situation de crise.

 

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