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LUTTE CONTRE BOKO HARAM : LE NIGÉRIA REBAT LES CARTES

LUTTE CONTRE BOKO HARAM : LE NIGÉRIA REBAT LES CARTES

Les forces tchadiennes ont été priées de se retirer du territoire nigérian, les insurgés se confinent dans leur sanctuaire des monts Mandara, la frontière camerounaise toujours sous leur menace.

Les forces tchadiennes qui ont combattu en territoire nigérian le mois dernier sont stationnées à Maltam, une localité du Logone et Chari. Les autorités d’Abuja, leur ont demandé de se retirer du territoire nigérian. Dès mercredi 11 mars dernier, les combattants Saos, ont commencé leur évacuation. Les officiels nigérians auraient argué que la route internationale de Maiduguri et les abords du lac Tchad sont désormais débarrassés des insurgés de Boko haram. Libérer cette route internationale et les abords du lac Tchad était l’objet d’un deal entre les autorités des deux pays. Désormais, Boko haram est une affaire Nigériano-nigériane veut exprimer Abuja.

Les nigérians très sourcilleux sur les questions de leur souveraineté avaient accepté sans doute sous la pression invisible de leurs soutiens occidentaux, de laisser les forces tchadiennes pénétrer sur leur territoire. Pour autant, les autorités nigérianes ne cachent pas leur défiance des armées de leurs voisins. Elles reprochent aux Camerounais, de leur avoir refusé le droit de poursuite sur leur territoire et en conséquence s’émeuvent peu de ce que les djihadistes pourraient faire subir à notre pays. Elles soupçonnent les Tchadiens, d’avoir facilité l’armement de Boko haram et d’être le bras armé de puissances étrangères qui voudraient opérer une partition de leur pays.

Le 04 février, après-midi, les forces d’IdrissDeby, pilotées depuis Ndjamena, avaient forcé l’entrée à Gambarou, pour la première intrusion d’une force étrangère en territoire nigérian.De leur aveu, elles n’y ont rencontré qu’une faible résistance. Les stratèges de Boko haram, visiblement, avaient décidés de plier bagages pour ne laisser que quelques combattants chargés de retarder l’avancée des Tchadiens. Les forces tchadiennes ont tellement célébré cette victoire que des officiels nigérians en ont ouvertement pris ombrage. Les troupes tchadiennes avec leurs journalistes embarqués lors des batailles ont sur-jouées le rôle de « sauveur ».

Elles s’attendaient que leur homologue nigérian leur décrive des objectifs. Les Nigérians qui avaient très peu goûté le triomphalisme des tchadiens àGambarou ont consenti à établir un plan de bataille commun aux deux armées. Elles devaient se rejoindre à Dikwa et cheminer ensemble vers Baga. Les Tchadiens, ont annoncé une première fois la prise de Dikwa le 17 février dernier. Le bilan officiel communiqué le soir du 18 février par Brahim Seïd Mahamat, chef d’état-major général des armées tchadiennes, fait état de 117 djihadistes tués contre deux morts et neuf blessés pour les Tchadiens.

De plus « quatre véhicules bourrés d’explosifs » et 142 motos ont été détruits. Après cet accès de gloire, les tchadiens reçoivent l’ordre de se replier surGambarou.Cependant que les forces nigérianes célèbrent triomphalement la reprise de Monugo. Elles l’ont faite seules. C’était la première étape prévue dans la marche des deux armées vers Baga. Les Tchadiens, ne seront pas associés à la reprise de Baga et vont être confinés à la défense de Gambarou dont les Nigérians se désintéressent encore aujourd’hui. Le Tchad, malgré des pressions diverses, dont un fort déploiement médiatique, ne sera plus associé à la manoeuvre. Il faut attendre le début du mois de mars dernier. Le 03mars, ils sont permis de livrer bataille à Dikwa.Ils reprennent la ville après une heure de combats. Les Djihadistes qu’ils croyaient bien nombreux à cet endroit n’étaient plus que quelques dizaines. Le 08 mars 2015, les Saos alliés aux forces armées nigériennes cette fois mènent une offensive sur Malam Fatori une localité à la frontière Nigéria-Niger.

Là encore la résistance est moindre. Le ministre d’Etat nigérien Mohamed Bazoum déclare le 14mars dernier, « La situation est totalement sous contrôle. Il n’y a plus de chance que Boko Haram prenne une ville, même sur le lit du lac Tchad. C’est un sentiment de quiétude totale qui prévaut avec l’idée que Boko Haram relève plutôt du passé », a-t-il conclu. Les autorités D’Abuja, par la voix d’unmilitaire avait lors des récits glorieux des batailles de MalamFatori que faisaient les Tchadiens et Nigériens avaient averti que, toutes les opérations menées contre Boko haram en territoire nigérian devaient rentrer dans le cadre défini par l’état major nigérian. Selon des observateurs, Boko haramet ses stratèges auraient décidés dès l’entrée en guerre du Tchad, de libérer des territoires qu’il avait conquis récemment plus au nord de l’Etat de Borno Est.

Les djihadistes, selon nos sources n’ont jamais su administrer ces vastes étendues. Ils auraient bien avant l’entrée des tchadiens en territoire Nigérian, décidés de se replier plus au sud, vers lesmontsMandara. Ils avaient quitté au mois de juillet dernier ce sanctuaire où ils se sont organisés pour leurs visées expansionnistes. Boko haram, aurait procédé tactiquement à ce repli, veillant à laisser certains de ses combattants en arrière pour couvrir cette retraite. Les armées alliées le savaient toutes. Les Tchadiens n’avaient pas l’autorisation de pourchasser les terroristes partout, tandis que les Nigérians qui ont toutes les cartes en main, ne se sont pas empressés de contrer cette retraite. Ils se sont contentés de reprendre des villes que Boko haram a faiblement défendues. Ils se heurtent toutefois à plus vive résistance àGwoza. Cette ville d’où Aboubakar Shekahu avait proclamé la création de son Khaifat. « Boko haram a planté partout des engins explosifs improvisés aux alentours de la ville. Les Nigérians essuient de lourde perte. Ils n’ont plus mené d’offensive depuis jeudi sur Gwoza. Ils se contentaient de frappes aériennes parce que, l’accès à la ville par des forces terrestres est pour l’instant impossible, il y a trop de pièges », confie un militaire camerounais.

 

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